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 I'll never forget — Dorian

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MessageSujet: I'll never forget — Dorian 08.11.15 20:36

DORIAN & BONNIE
AUTOUR DU 21 AVRIL 5-PC
Forêt — camp sédentaire des Outlaws


“ I'll never forget “

Cinq jours. Cinq longs jours à marcher, les dents et les poings serrés. Cinq jours à ruminer haine et peine, cocktail explosif. Deux fois plus de temps qu’il n’aurait fallu en temps normal au convoi de Bonnie pour revenir au camp sédentaire. Cinq jours sans compter celui qu’ils ont passés à se terrer en silence dans les ruines d’une station service.

La colère que ressasse Bonnie depuis le début de leur trajet de retour a pris la forme de deux visages. Elle se repasse les images du convoi en train de brûler sans arrêt et ne dort pas. Du convoi de départ il ne reste que la moitié des effectifs. Quatre résistants chargés de la protection du convoi ont survécu, dont Bonnie, alors qu’ils étaient plus d’une dizaine au départ. Au-delà de simples collègues, ceux qui sont morts étaient ses amis, des personnes en qui elle avait confiance. Les protégés ? Il n’en reste également plus que la moitié et les quatre résistants se retrouvent avec une petite dizaine de personne à surveiller. Chaque fois qu’elle y pense, Bonnie sent exploser une boule de feu au creux de son ventre et alors elle serre les dents pour ne pas aller vomir contre un arbre. Le poids de la culpabilité sur ses épaules se vaut surement avec celui qui pèse sur celles de ses derniers coéquipiers.

Il lui a pourtant fallu reprendre les rennes très vite. Garder un sang-froid qu’il lui semble sentir s’effriter au fur et à mesure qu’elle reconnaît le terrain autour du camp sédentaire. Noah doit les attendre, il ne doit pas s’inquiéter outre-mesure : les détours et retards sont fréquents pour les convois. Mieux vaut jouer la carte de la sécurité. La fausse rousse serre les poings à s’en blanchir les phalanges, mais ne flanche pas. Pas une seule fois elle ne cille, elle se l’interdit. Les seuls mots qu’elle décroche sont pour donner des ordres simples, clairs et mesurés. Tout un chacun est sur le pied de guerre, les survivants apeurés et détruits par la perte de leurs proches en sont d’autant plus dociles et obéissants. Quand Bonnie décide d’arrêter le camp pour dormir, chacun se plie à une sorte d’engrenage implicite pour organiser l’arrêt : on fait du feu, monte les tentes précaires pour ceux qui ont eu le temps de récupérer leurs paquetages, on change les pansements des blessés, chasse de quoi manger… La peur renforce l’instinct de survie.

Cinq jours, donc, que Bonnie marche, sur le qui-vive, prête à imploser et pourtant encore capable de se contrôler. Une bombe humaine qui a appris, avec le temps, à renforcer sa soupape de sécurité. Pourtant, cette fois, elle le sent. Ça ne va pas durer. Chaque fois que son esprit ravive l’image des flammes, celle d’Alexander et Carter debout et tannant leurs hommes, chaque fois que ses oreilles perçoivent les cris et son odorat reconstituer la fragrance particulière de la chair brûlée, ses muscles se contractent et elle se sent vaciller. Proche de la rupture, c’est sur ces images enflammées que Bonnie approche le camp sédentaire.

Sa vigilance est accrue à deux cent pour cent, elle ne lâchera pas le morceau et quand elle arrive à s’endormir quelques heures, épuisée, son esprit lui ne lâche pas les images horribles de son convoi écrasé par l’homme qu’elle n’arrive pas à oublier et celle qui encore aujourd’hui profite de sa présence. Ils l’ont oubliée. Elle, ne pourra plus jamais se défaire de cette image.

« Trent, va la soutenir à l’arrière. La rousse balance son pouce en direction de sa collègue hors-la-loi qui galère à relever un des hommes épuisé du convoi. On y est presque, on se s’arrête pas, restez groupés. »

Cette fois elle s’adresse à leurs protégés. Immobiles le temps de boire à même le sol le peu d’eau que leur offre la forêt, les survivants du convoi brûlé se remettent en direction du camp sédentaire.

Lorsqu’elle aperçoit les constructions précaires du camp, la chef de convoi ne pense qu’à une chose. S’exiler. Elle veut en finir avec ce trajet, s’éloigner, aller hurler quelque part toute la haine qui vibre à l’intérieur de son être. Cette sensation particulière qui la force à pousser sur ses muscles endoloris. Une main fraîche s’empare de la sienne et Bonnie tourne la tête vers une jeune femme. Petite protégée qui lui a sauvé la vie, la jeune métis marche avec à ses côtés le chien de Bonnie.

« Reste avec les autres, et garde-la. »

Bonnie dessine un mouvement du visage vers son chien et Jamie, sa jeune amie, acquiesce en repartant vers l’arrière, le regard triste. Si Jamie n’avait pas été là, Bonnie n’aurait pu continuer à guider le convoi. Si elle ne l’avait pas réveillée alors que son regard était fixé sur le couple destructeur, elle aussi aurait périt sous les flammes ou sous les lames que Carter manie visiblement avec une certaine dextérité.

Lorsqu’ils sont visibles des résistants chargés de protéger le camp sédentaire, un sifflement s’élève pour annoncer leur arrivée. Bonnie l’entend, cet appel habituel : celui de l’allégresse. Les outlaws s’arrêtent pour sourire, pour accueillir ces personnes qu’ils attendaient depuis toutes ces semaines, mais bien vite les sourires s’effacent. Le sang, la crasse, les mines graves et la qualité du convoi vu à la baisse n’échappe pas aux regards.

Bonnie passe ses collègues sans un mot, les poings toujours serrés, le pas sec. Ses protégés rejoignent les gens qu’ils connaissent, les nouveaux venus se font récupérer par les hors-la-loi solidaires. La rousse se sent incapable de s’arrêter, de se retourner pour les voir, avec leurs larmes et leurs bras qui s’entourent. Incapable. Elle se concentre sur sa trajectoire, là, plus loin que l’infirmerie se trouve la grande tente de Noah. Là, elle le trouvera, et elle en a besoin. Noah et Joana. Elle a besoin de ces piliers pour ne pas s’effondrer voilà pourquoi son regard reste dur et son rythme saccadé. Voilà pourquoi elle ne se retourne pas.
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MessageSujet: Re: I'll never forget — Dorian 24.11.15 10:58

►I'll never forget ◄
Bonnie & Dorian


21 Avril — 5PC • Camp sédentaire des Outlaws

Il se gratte nerveusement le bras, là où se trouve cette série de chiffre maudit. Dorian se sent stressé, voir un peu angoissé et il ne comprend pas pourquoi. Outre le fait qu’il soit constamment bloqué dans cette matrice de chasse à l’homme, tout se passe bien. Le camp sédentaire est sécurisé et mené d’une main de fer, celle de Noah et il se demande même s’il ne réussit pas petit à petit à séduire Joana grâce à cette gueule d’ange et ce petit sourire en coin qu’il sait servir au bon moment. D’ailleurs elle passe non loin de sa tente ouverte, le gratifie d’un petit geste de la main, d’un sourire et continue son chemin. Il secoue légèrement la tête avant de se concentrer sur ce qu’il est entrain d’écrire sur un vieux morceau de papier retrouvé. Au bout de 5 ans, les feuilles vierges et en plus ou moins bon état se font rares et ça, ça l’ennui profondément. Mais pas plus que ce foutu bic qui n’a déjà presque plus d’encre. Il doit lui en rester un en réserve mais qui se trouve lui-même déjà bien entamé. Ce genre d’objet est encore plus rare que ces foutus feuilles.

Assit à même le sol et s’aidant d’une planche comme appui pour y poser sa feuille, Dorian continue d’écrire ce qu’il sait, ce dont il se souvient concernant la médecine. Et pas seulement avant la Catharsis mais aussi après, tous ces moments à pouvoir apprendre auprès de ceux qui ne se souviennent pas n’ont pas été vain puisque sans technologie et sans instrument, il a bien fallut aux médecins improvisés de trouver d’autres alternatives pour soigner les blessés. Il prend note et ce, le plus soigneusement possible et comme à chaque fois il ira donner le tout à Noah et à Joana. Cette dernière s’est engagée à faire la même chose de son côté afin de pouvoir réunir le maximum de connaissance possible comme tous les médecins ici présents. Ecrire lui fait du bien, surtout pour quelque chose qu’il connait et maitrise. Ecrire lui permet d’oublier certains aspects de sa vie qui lui manque. Outre le fait qu’il se damnerait les reins pour un café bien serré – un vrai – ou une douche chaude, il essaie d’oublier celle qui le hante chaque jour. En vain. Entre espoir et raison, Dorian ne cesse de virevolté comme un putain de papier de bonbon dans le vent. Morte ou pas ? Espérer ou non ? Il n’en savait rien. Cinq ans c’est long, très long. Suffisamment long pour essayer de tourner la page, de passer à autre chose et de vivre sa vie. Chose qu’il a tenté de faire avec quelques histoires sans lendemain. Mais cinq ans n’est visiblement pas assez long pour oublier ce qu’ils ont vécus et ce qu’il éprouve pour elle.

Il termine son paragraphe concernant les plaies profondes et range le stylo usé dans une petite boite en métal sur la table de chevet improvisée. Tout est rudimentaire mais il a appris à s’y faire. C’est pas comme s’il n’avait pas le choix.

— Dorian, tu peux venir à l’infirmerie ? Y a une gamine qui n’arrête pas de dégobiller partout.

Il se relève en jaugeant rapidement son vis-à-vis, tout en s’époussetant son jean troué. Le type qui se trouve à l’entrée de sa tente est petit, maigrichon et aux attraits de musaraigne. Ce qui lui vaut d’ailleurs le surnom de « Musar ». Il doit avoir 22 ans plus ou moins avec peu de caractère. Mais gentil, quoi qu’un peu vicieux parfois.

— C’est parce que tu as dû lui parler de trop près.

Il souffle dans sa main et renifle.
Un peu naïf aussi. Et il s’en rend compte.

— Tsss. T’es con.
— Elle vomit juste ? Il enfile sa première basket sale suivit de la deuxième, tout en dansant d’un pied sur l’autre.
— Ouais et elle a un peu mal au ventre.  

Dorian acquiesce et suit « Musar » - d’ailleurs il ne se souvient plus de son vrai prénom – jusqu’à la tente des infirmiers. Ces derniers temps, tout semble calme à ce niveau… Alors pourquoi est-ce qu’il a toujours cette sensation désagréable qui lui colle à la peau ? Il se gratte de nouveau l’endroit de son tatouage, par-dessus son vieux pull, et s’approche de l’unique patiente du jour : Serena. Elle n’a que 19 ans mais en parait actuellement 25. Teint cireux, bassine en plastique entre les mains, elle lève à peine le regard vers le jeune médecin qui s’approche d’elle.

— Hey. Il vient s’assoir à côté d’elle sur ce lit de fortune et tourne le visage de la jeune femme vers lui en palpant sa gorge. Qu’est-ce qu’il t’arrive alors ?
— J’arrête pas de vomir depuis que je me suis levée.
— Seulement depuis ce matin ?
— Non ça  fait deux trois jours que c’est comme ça. Je pensais avoir mal digérer quelque chose.

Il lui intime gentiment et d’un sourire de s’allonger, l’autorisant à garder sa bassine avec elle le temps qu’il l’ausculte. Dorian peut être un vrai fourbe, un homme vicieux et parfois manipulateur selon ses besoins mais nous ne pourrons pas lui enlever cette façon doucereuse et apaisante de s’occuper de ses patients. Il lui demande de soulever légèrement son tee-shirt afin de palper son ventre et n’y décèle rien d’anormal. Il pose sa main sur son front et là encore, pas de fièvre.

— Qu’est-ce que tu as mangé dernièrement ?
— Des fruits et un peu de viande. Mais tout était frais.
— Et ça te fais ça chaque matin ?
— Oui. Surtout quand je sens l’odeur de la viande cuite.

Un déclic se fait quelque part et Dorian se demande s’il doit sourire ou afficher une moue contrariée.

— De quand date tes dernières règles ?
— … Quoi ?

Il la regarde, le plus sérieusement du monde et Serena semble chercher loin, très loin dans sa mémoire. Jusqu’à ce qu’elle écarquille brutalement les yeux, se relevant avec violence.

— Non !

Si.
Les questions se succèdent, en douceur, et l’évidence est plus que flagrante. La nouvelle d’une grossesse n’est plus une bénédiction mais presque le contraire. Les conditions dans lesquelles ils vivent sont plus que médiocre malgré tous les efforts déployés par les équipes respectives. Le taux de mortalité en couche est aussi proche que celle du moyen-âge. Accouché devient un risque majeur de décès et la gamine le comprend rapidement. Et inutile de compter sur les moyens de contraception qui sont quasi-introuvable aujourd’hui.
Il prend le temps de lui expliquer tout ce qui pourrait soulager les nausées par exemple, mais aussi le déroulement de sa grossesse et qu’il veillerait personnellement à ce qu’elle soit correctement suivit pour que tout se passe au mieux. Il ne sait pas si elle en est plus rassurée mais Dorian fait en sorte que ça soit le cas.

Il s’apprête à quitter Serena qui attend désormais l’heureux – ou pas – Papa mais un sifflement bien distinct l’arrête sur place.

Le convoi est revenu.
Dorian n’y attends personne mais il est malgré tout soulagé. D’ailleurs, il imagine déjà Bonnie revenir avec sa gueule de conquérante, au regard martyr de celle qui a perdu l’amour de sa vie et qui ne s’en remet pas. Parfois il est d’humeur à compatir parce qu’il vit lui-même la même souffrance, cette même rancœur de ne pouvoir être auprès de Carter. Mais certains jours, il n’en a pas envie. Parce que contrairement à lui, Bonnie sait Alexander vivant. Dorian lui, ne sait foutrement rien concernant Carter. Et il donnerait n’importe quoi pour qu’elle soit là pour lui foutre un bon coup de pieds au cul si c’était la seule condition pour qu’elle revienne un jour.

Il sort de la tente des infirmiers, demi-sourire en coin.
Sourire qui s’efface aussitôt.

Il s’attendait à voir revenir une vague de personne. Peut-être pas deux cents, mais une bonne vingtaine. Et ce n’est qu’une petite moitié qui revient, mine défaite, bras en écharpe, boitant pour certains, pleurant pour d’autre. Ce foutu pressentiment qui ne le quittait pas n’avait pas tort. C’est la merde.
Il se passe une main dans les cheveux et claque sa langue contre son palais et s’apprête à rejoindre les survivants pour voir s’il n’y a pas besoin d’aide bien que le nombre d’infirmier semble être suffisant pour les prendre en charge.
Dorian s’arrête net dans sa route lorsqu’il perçoit Bonnie au loin, poings crispés, marche déterminée et surtout au visage furieux, presque explosif.

— Bonnie !

Il l’interpelle et s’approche, sans un sourire. Il ne l’aime pas particulièrement et il aime encore moins ce grand abrutit d’Alexander mais s’il devait vivre avec sa petite copine aux tendances bipolaires, alors Dorian se devait de faire quelques efforts pour le bien de tous. Il prenait même un malin plaisir à être là où elle ne voulait pas. Cependant, cette fois c’est avec sérieux et respect qu’il l’alpague. Elle était la tête du convoi avec quatre autres types et il la connait suffisamment pour savoir qu’elle va se prendre toute la responsabilité de cet échec sur ses frêles épaules.

Il la jauge d’un rapide coup d’œil, capte une belle entaille  dans le creux du cou et revient à son regard bleu mais image parfaite des Enfers qu’ils l’attendent.

— Il faut que je te soigne ça, ça va s’infecter.

Ils sont partie depuis plusieurs jours et autant dire que la qualité de vie est parfaite pour les infections mortelles.

— Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Où sont les autres ?

La question n’est pas stupide en soit. Parce que deux choix s’offrent à eux lorsqu’ils ne reviennent pas ici : La mort ou la capture. Et franchement à choisir, il préfère la première option.
Il a la boule au ventre, un stress léger mais présent et les pleurs d’un homme au loin lui déchirent les entrailles. La mort fait partie de leur quotidien mais comme lorsqu’il était toubib à l’hôpital, il ne s’y fera jamais. Tout comme il ne se fera jamais à l’odeur.
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MessageSujet: Re: I'll never forget — Dorian 28.11.15 12:46

« Bonnie ! »

Cette voix. Elle déteste cette foutue voix, elle l’a suffisamment entendue et entendre son nom dans la bouche de cet abruti ne lui convient guère. Ça l’énerverait, d’habitude. En temps normal, elle ne lui donnerait pas de réponse pour la simple raison qu’ignorer Dorian est une source d’amusement pour elle, d’agacement pour lui. Ils ne s’aiment pas, c’est un fait, et là où ils peuvent piquer, ils le font. En temps de paix (si on omet le fait qu’ils soient constamment en guerre), elle finirait par lui faire une remarque désobligeante, sur le ton de l’humour mais suffisamment amère pour lui faire comprendre ce qu’elle pense. Joana se marrerait surement, car même si elle apprécie l’infirmier, elle reste sa meilleure amie. Noah qui entend toujours tout se permettrait peut-être d’esquisser un léger sourire en coin. A peine de quoi être vu, mais Bonnie le verrait et irait surement discuter avec lui, pour s’échapper de la future emprise du colossal égo de Dorian et se reposer dans les paroles d’un homme qu’elle considère comme un père.

Mais non, aujourd’hui, si elle ne répond pas, il ne s’agit pas de le faire enrager. La voix de l’infirmier lui paraît étouffée sous l’acouphène terrible qui lui reste en fond sonore. Si elle l’ignore, c’est parce qu’elle n’est pas vraiment elle-même. Muée par la rage et la culpabilité elle veut simplement remplir son objectif et rendre son triste rapport à son supérieur hiérarchique. Bonnie est modelée par la haine. Elle se raccroche à des faits pour ne pas s’écrouler sur le sol. Elle doit marcher, parler, s’en aller. Trois phases. Trois actes qui vont être interrompus par la présence de Dorian qui s’approche.

« Il faut que je te soigne ça, ça va s’infecter. »

Elle ne lui jette même pas un regard, se contente d’accélérer le pas. Elle ne veut pas l’entendre, ne veut pas le sentir dans son espace vital. Bonnie se dit que si elle croise son regard, elle va défaillir. Le peu de sang-froid qui lui reste va s’évanouir à la seconde où son visage changera d’angle. Et elle ne se pardonnera pas devant Dorian. Le grand, le beau et l’intelligent héros du convoi. Il aurait du y aller à sa place, peut-être qu’il aurait réussi lui à maintenir leurs protégés en vie. Cette pensée lui donne un coup de poignard en plein cœur.

Et puis de quoi il parle ? L’entaille là, qu’elle a au creux du cou ? Peu lui importe. Elle s’en contrefout. Ça n’est rien de grave comparée à ce qu’elle vient de vivre. À ce que tous, ici, viennent de vivre ou ont vécu sept nuits plus tôt. Elle continue donc d’avancer, coute que coute, même si chaque pas lui semble être fait sur un chemin de braises.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Où sont les autres ?
— LA FERME ! »

La réaction ne se fait pas attendre. Elle qui se devait de ne pas tourner le regard, qui se devait de marcher et ne rien faire d’autre. Sa détermination explosée à cause d’un simple et léger éclat. Une question, une phrase, juste le son de sa voix une fois de trop. C’est ce qui lui suffit à cet instant pour faire exploser son sang-froid. Comme une bombe à retardement, il lui suffit d’un rien pour s’enclencher. Bonnie qui marchait le corps tendu vers la tente de Noah s’arrête d’un geste net. Elle ne voit pas vraiment l’homme qui est devant elle, un filtre rouge parfois un peu noir s’est opposé à une vision claire de la situation. La rage qui s’est infiltrée dans ses veines ressort par tous les pores de sa peau. Son visage est tordu comme convulsivement dans une expression de fureur. Ses yeux brûlent comme le convoi a brûlé, son corps est bouillant et crispé.

« Va soigner les autres ! FAIS TON PUTAIN DE BOULOT ! Casse-toi ! »

Ses deux mains tendues et dures comme de la roche repousse d’un geste violent le corps de Dorian, qui n’est plus vraiment Dorian pour Bonnie à cet instant précis où chacun des harnais de sécurité qu’elle s’était évertuée à tenir en place sur le trajet du retour, se brisent un à un et claquent sur sa peau blanche.
Ses mots volent et elle ne perçoit pas que les mouvements se sont arrêtés pas loin d’eux. Le ton de sa voix résonne au creux de la forêt et pourrait faire frémir les plus entrainés d’entre eux.

« T’es CONTENT ? J’ai failli ? T’en veux plus, tu veux savoir comment j’ai échoué ? Tu veux savoir que t’aurais fais mieux ? »

Bien sur que ses mots dépassent sa pensée mais à cet instant plus rien d’autre que la colère ne semble régir l’habituelle poupée de porcelaine. Dorian n’est rien pour elle qu’un macho fourbe et crâneur mais il n’aurait jamais voulu ça, et son moi habituel le sait. Hors aujourd’hui il n’y a rien d’habituel et plus rien d’elle-même.

« Tu vas jubiler quand tu vas savoir que j’ai PERDU face à ta très chère grande PÉTASSE ! Ouais, ils étaient là. TOUS LES DEUX ! »

Une deuxième fois ses paumes s’abattent sur les épaules de Dorian et ses yeux s’emplissent de larmes à cette évocation. Ses cris se répandent en écho au creux de leur campement. Une part d’elle-même, trop fière, s’insurge et la force à s’éloigner d’un geste sec pour reprendre son chemin. C’est un robot qui reprend sa route de manière saccadée, plus rien n’existe derrière le visage enfiévré de Bonnie.
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MessageSujet: Re: I'll never forget — Dorian 07.12.15 12:03

— LA FERME !

Il est coupé net dans son élan d’inquiétude pour cette femme qu’il n’apprécie pas. Leur haine est commune et partagée et c’est sûrement la seule chose qu’ils ont en communs tous les deux. La rage que Bonnie lui envoie à la gueule l’arrête dans ses gestes et ferme d’un coup sec son visage à toutes expressivités. Il ne parle pas, il n’en a pas envie parce qu’il sent qu’une seule lettre franchissant sa bouche sera la cause de l’explosion de la bombe qui se trouve en face d’elle.
Il ne comprend pas mais bizarrement, il sent que l’explication de cette haine ne va pas tarder.

— Va soigner les autres ! FAIS TON PUTAIN DE BOULOT ! Casse-toi !

Elle le pousse, il ne bouge pas. Pas maintenant. Il se contente d’accueillir la brutalité du geste et de reculer d’un pas, sans partir, sans tourner les talons.
Et surtout, sans la lâcher du regard. Sans baisser les yeux.

Il sait à quel point elle tient à mener à bien ses missions, que Bonnie est une véritable nazi du bon déroulement des ordres et ce, pour la survie de chacun. C’est con parce que c’est une qualité que Dorian ne peut nier de la jeune femme mais le nombre incalculable de défauts suffisent à engloutir cette parcelle. Il n’est pas objectif, il le sait et en est conscient mais il s’en tape comme de l’an 40. Parfois Dorian se dit qu’ils auraient même pu bien s’entendre à boire une bière dans un bar mais ça n’arrivera jamais. Parce que plus de bar, plus de bière et surtout un tas de raisons de se détester.
Tous les regards sont braqués sur eux, à croire qu’elle aime attirer l’intention comme elle le faisait avant sur un coin de scène poussiéreux.

— T’es CONTENT ? J’ai failli ? T’en veux plus, tu veux savoir comment j’ai échoué ? Tu veux savoir que t’aurais fais mieux ?
— Putain mais c’est quoi ton délire. Tu crois que c’est le moment d’étaler un combat d’égocentrisme ?

Parce que non, le moment n’était pas opportun. Parce qu’il avait vraiment autre chose à foutre que de savoir si oui ou non, il aurait fait mieux à sa place. Dorian sait ce qu’il vaut, ce qu’il fait et que ses décisions ne sont jamais prises au hasard mais il est aussi conscient que la Milice est un putain de noyau pourrie et surentrainé comparé à eux. Oui, la Milice. Qui d’autres aurait pu mettre à sac le convoi et tué la moitié de ses occupants ? Même un animal sauvage aurait difficilement pu faire pire.
La colère froide commence doucement à s’insinuer dans ses veines et il la sent comme on sentirait un courant d’eau glacé glisser sur ses épaules. Bonnie commence à le faire chier et s’il avait su qu’elle reviendrait aussi chiante, il aurait passé son chemin, laissant sa meilleure amie Joana prendre soin de la soigner. Pourquoi est-ce qu’il s’était inquiété déjà ? Il ne s’en souvient même plus, la colère de la jeune femme devenant plus imposante que jamais.

— Tu vas jubiler quand tu vas savoir que j’ai PERDU face à ta très chère grande PÉTASSE ! Ouais, ils étaient là. TOUS LES DEUX !

Il se laisse pousser une deuxième fois pour la simple et bonne raison qu’il vient d’être sonné par ce que Bonnie lui crache à la gueule. Il retient deux choses dans cette phrase : « Ta très chère grande pétasse » et « Ils étaient là. Tous les deux ». Certains resteraient là, abasourdie et pantelant face à cette nouvelle qui est inattendue. Parce qu’il la croyait morte depuis tout ce temps. Ou pas. Il n’en savait trop rien puisque plus les jours passaient, plus l’espoir s’amenuisait et qu’il commençait à se faire à l’idée qu’il n’avait pas d’autre choix que de faire avec.
Et tout venait de voler en éclat. Un quelque chose de déjà fragile à la base, qui lui bouffait les entrailles jusqu’à ce qu’il la dompte et apprenne à vivre avec l’évidence. Oui, il aurait pu ne pas bouger pour digérer la nouvelle.

Son corps réagit avec lui parce que Dorian est aussi impétueux qu’il peut être intelligent. Et Bonnie n’a pas le temps de faire dix mètres qu’il agit déjà.

— Elle était là ? Putain Bonnie, est-ce que t'es sûre que c'était elle !

Il a l’impression de ne pas avoir compris ce qu’on vient de lui cracher et qu’on est entrain de se foutre de sa gueule. Carter faire partie de la milice ? Il a déjà vu Alexander au port de tête fier et droit, prêt à buter le prochain Outlaws qu’il croise si ce sont les ordres. Mais pas Carter.
Pourtant au fond, c’est pas si surprenant vu son foutu caractère.

La jeune femme continue sa route d’un pas rageur mais désormais, elle n’est plus la seule à être hors d’elle. Dorian sent chacun de ses nerfs explosés un à un face à une toute nouvelle évidence qu’il n’avait pas prévu dans l’équation de sa routine.

— J’te parle bordel !

Il lui attrape le poignet aussi fermement qu’il le peut et la force à faire volte-face. Rien à foutre de la délicatesse et de la bienséance, il veut une foutu réponse. Il veut le voir dans son regard gorgé de haine que Carter était face à elle, prête à tout démolir.
C’est lisible, ça lui explose au visage. Une évidence aussi grosse que la Cité et aussi vive que les joues de Bonnie qui menace de le tuer sur le pilori.
Sa très chère pétasse.
Et son très cher merdeux.

— M’regarde pas comme ça ! Ma très chère pétasse n’était visiblement pas toute seule à venir foutre la merde ! Non puisque ce grand con était là aussi ! Il shoote dans une motte de terre avec rage. PUTAIN !

Dorien se passe les deux mains dans ses cheveux un peu trop long. La colère le ronge autant que la frustration.
Il s’est trouvé à quelques mètres de Carter, tous les jours, sans la voir. Sans la croiser. Il était dans la même cité qu’elle, respirait le même foutu air sans savoir qu’elle était là. Qu’est-ce que ça aurait changé ? Il l’aurait ramené avec elle. Peu importe les méthodes qu’il aurait dû employer pour ça, il l’aurait fait. Il en est certain. Sans se rendre compte sur le moment que ça n’était sûrement pas possible.
Non en réalité ce qui le bouffe là, maintenant, c’est que Carter soit responsable de tout ça. De toute cette merde que le convoi à ramener. De cette odeur de mort qui règne, des pleurs des proches qu’il entend encore au loin.
Responsable. Autant que ce putain de connard.

Dorian à du mal à digérer cette vérité, trop de chose se mélange là-dessous pour qu’il réussisse à être lucide et serein.
Elle est responsable de tout ça.
Elle était là, avec lui.
Il donnera sa main à couper qu’elle se le tape encore aujourd’hui.

— T’as essayé quelque chose ? De les assommer ? J’en sais rien, de faire quelque chose pour les ramener !


Il agite les bras, en oublie même les accusations de Bonnie un peu plus tôt qui ont perdu toutes leurs valeurs. Il n’y a aucune logique dans ce qu’il dit parce que lui-même commence à perdre le fil de sa patience et de sa lucidité. Parce qu’il n’était peut-être pas à la place de Bonnie mais il se retrouve autant concerné qu’elle désormais. Pourquoi il faut que sur les milliers de Miliciens formés ce soit eux qui aient été choisi pour ça ? Pour les pulvériser ?

— Laisse tomber. Oublie c’que j’ai dit.

Le ton est froid, nerveux, tendu.
Il marche de long en large, main sur les hanches, mordant un morceau de peau dure sur le bord de son pouce avant de se passer pour la énième fois une main dans les cheveux.
Illogique et stupide.
Comment est-ce qu’elle aurait pu ? Ils étaient sûrement près à lui foutre une flèche en plein cœur.
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MessageSujet: Re: I'll never forget — Dorian 25.01.16 9:56

La haine qu’elle ressasse est un couteau en mouvement dans son corps. Voilà, c’est dit, elle était là et maintenant, Bonnie s’en va. Elle ne veut plus avoir à faire à cette tête de con, d’ignorant, de connard. Dorian, ce type qu’elle ne peut pas blairer et qui est toujours dans ses pattes, même encore maintenant ou elle a simplement envie de fondre en larme, comme une enfant de cinq ans, dans les bras de son père. Elle l’entend la derrière elle, mais ne veut pas répondre à ses conneries. Elle ne veut pas lui refaire face et pourtant, c’est visiblement plus fort que Dorian, il revient comme à son habitude et lui attrape le poignet avec force pour l’obliger à faire volte-face.

« J’te parle bordel ! »

Ses yeux brouillés de larmes le fusillent du regard alors qu’elle dégage son poignet d’un geste violent. Tout son être n’est que violence, elle serait prête à l’étrangler pour qu’il ferme sa grande gueule.

« M’regarde pas comme ça ! Ma très chère pétasse n’était visiblement pas toute seule à venir foutre la merde ! Non puisque ce grand con était là aussi ! PUTAIN ! »

Aucune réaction. Juste ses yeux qui s’arrondissent. La colère se fait brutalement supplanter par l’effroi et la surprise, sensations glaciales. Elle le regarde, d’un air maintenant à la fois dégoûté et méprisant. La sensation de couteau dans le cœur se prolonge. Elle n’en croit pas ses oreilles. Est-ce qu’il est en train de lui rappeler qu’Alexander lui aussi était là, comme une petite vengeance personnelle ? Comme si elle ne le savait pas, comme si elle ne l’avait pas vu de ses propres yeux ? Ça lui fait du bien de savoir que Carter n’était pas seule à ce moment où elle ordonnait à ses hommes surentrainés d’achever le moindre survivant. Ça lui fait mal et au-delà la surprise passée, Bonnie perçoit avec aisance la force de sa haine vivace remonter jusque ses joues, la pointe de ses cheveux, mais cette fois-ci lui laissant la vision libre, claire. Il s’illusionne. Et pour se sauver de sa peine il préfère replanter un pieu dans le cœur de Bonnie. C’est ce qu’il sait faire de mieux.

Les dents serrées, les poings avec, Bonnie garde le regard planté sur lui. Est-il rongé par la jalousie ? Par la colère ? La peine ? La rousse aimerait bien le savoir quelque part. Ça le bouffe, elle le voit, et une petite voix malsaine lui insuffle que c’est tant pis pour lui. Mais Bonnie ne jouera pas le même petit jeu vicieux que Dorian.

« T’as essayé quelque chose ? De les assommer ? J’en sais rien, de faire quelque chose pour les ramener !
— Tu te fous de ma gueule ?
— Laisse tomber. Oublie c’que j’ai dit.
— Dis-moi que t’es en train de te foutre de ma gueule, Dorian. »

Il marche de long en large, en travers, dans tous les sens, nerveux. Bonnie n’en a strictement rien à battre de sa douleur actuelle, estomaquée. Sa main la démange, elle a envie de lui coller une gifle monumentale pour le soigner de sa connerie. Comment peut-il oser lui demander ça ?

« Mais dans quel monde tu vis Dorian ? T’as du mal à avaler que Carter soit aussi sanguinaire qu’Alexander, alors d’abord tu te venges et maintenant tu oses me demander si j’ai pas été la raisonner ? Pour faire quoi, te la ramener ? Tu crois que tu vas lui faire se rappeler son ancienne vie ? Tu crois que j’en avais le temps alors qu’ils me visaient tous les deux, qu’ils visaient cette gamine ? »

Son bras se tend vers Jaime, un peu plus loin, celle-ci est, comme tous les autres, tournée vers eux. Son regard est inquiet. Relever son visage de leur petite bulle de haine ramène Bonnie à la réalité. Les yeux de sa jeune amie lui rappellent qu’ils ne sont pas seuls. La rousse fait deux pas pour se rapprocher de Dorian et baisse le ton.

« T’es complètement fou, Dorian. Elle n’a plus rien à voir avec la Carter d’avant. Lui non plus. Va falloir t’y faire. Mais la prochaine fois que tu me demandes si j’ai fais le nécessaire pour les ramener, je te tue. »

Elle tremble comme une feuille maintenant qu’elle a explosé, contre Dorian, contre le monde, contre Alexander et Carter, contre elle-même.

« Maintenant excuse-moi je dois aller faire mon rapport. »

Son regard est noir de haine envers lui. Qu’il mijote dans sa peine comme elle a pu le faire pendant ces sept derniers jours et nuits. Elle doit prendre ses responsabilités. D’un geste rageur elle fait demi-tour, s’essuie l’eau sur ses joues et reprend sa route pour passer les quelques mètres qui la séparent de la tente de Noah.

— FIN POUR BONNIE —
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MessageSujet: Re: I'll never forget — Dorian 28.01.16 9:41

— Dis-moi que t’es en train de te foutre de ma gueule, Dorian.

Pour la première fois depuis qu’il l’avait retrouvé, il aurait aimé lui dire que oui, qu’il blaguait même si ça lui aurait sûrement valu une grosse droite en pleine face. Mais non, il ne se foutait pas de sa gueule, même s’il avait conscience que tout ce qu’il venait de dire n’avait absolument aucun sens. Suffisait de voir les dégâts ramener, les personnes manquantes, entendre les pleurs au loin. Tout ce carnage. Quelle connerie. Carter et Alexander ensemble, prêts à tout démolir pour le Saint Monsieur.
Jamais il n’a autant regretté leur vie d’avant qu’en ce jour. Il n’arrive pas à assimiler l’idée d’une Carter, arme à la main, prête à égorger le premier Outlaw qu’elle croise. Dorian sait qu’elle a un foutu caractère de merdre quand elle veut mais jamais elle n’aurait tué de sang-froid. Alors à quel moment la remise à zéro de leur cerveau a balayé la nature humaine en plus des souvenirs ? Un bourrage de crâne. Ils le savent tous. Noah, Bonnie, lui-même. Ils en ont été victimes et témoins puisqu’eux-mêmes ont détesté leur propre camp le temps de quelques mois ou de quelques années.

Il marche de long en large avec une douleur sourdre entre les côtes mais aussi une colère noire. Diriger contre tous les éléments de cet Univers qui prenait son pied à s’acharner.

— Mais dans quel monde tu vis Dorian ? T’as du mal à avaler que Carter soit aussi sanguinaire qu’Alexander, alors d’abord tu te venges et maintenant tu oses me demander si j’ai pas été la raisonner ? Pour faire quoi, te la ramener ? Tu crois que tu vas lui faire se rappeler son ancienne vie ? Tu crois que j’en avais le temps alors qu’ils me visaient tous les deux, qu’ils visaient cette gamine ?
— TA GUEULE ! Merde, tu crois que ça m'fait rien tout ça? Que t'es toute seule à en chier?

Il la pointe d'un doigt rageur, serrant les dents avec violence.
Oui ferme là. J’ai pas envie d’entendre ton discours à la con gorgée de toute cette vérité.
Il sait, il est loin d’être con. Il est même intelligent et ça aussi, il le sait. Pragmatique quoi qu’un peu tête brûlée, il est doté d’une logique accrue comparé à d’autre. Mais là, c’est la colère et la douleur qui parlent et rendent les choses différentes pour une poignée de seconde. Bonnie lui sort par les yeux, plus que jamais. Dorian et elle partagent la même douleur mais sont infoutu de pouvoir se soutenir et de passer au-dessus de leur haine respective.

— T’es complètement fou, Dorian. Elle n’a plus rien à voir avec la Carter d’avant. Lui non plus. Va falloir t’y faire. Mais la prochaine fois que tu me demandes si j’ai fais le nécessaire pour les ramener, je te tue.

Il la regarde, lâche un rire sarcastique, presque comme une provocation.
Vas-y. Tue moi. Plante-moi un couteau entre les deux yeux pour voir.
La haine se mue en un quelque chose qui lui bouffe littéralement les entrailles. La déception. C’est ça, cette putain de déception mêlé à un espoir avorté.

— Maintenant excuse-moi je dois aller faire mon rapport.
— Avant de me demander de me faire à cette idée, accepte-la déjà toi-même.

Il se fou de savoir si oui ou non, ses propos lui feront du mal. Elle-même n’en a rien à foutre quand elle lui a claquée dans la gueule que Carter était vivante mais finalement morte, puisqu’elle n’était plus semblable à celle qu’il connaissait. Ils sont tous les deux gorgées d’une haine fulminante aiguisée par une fatigue et un stress à peine supportable.

Il lui tourne le dos. Qu’elle aille faire son rapport en bon petit chef, il s’en branle.

— Maintenant excuse-moi, je dois aller essayer de sauver les vies que t’as ramenés.

Parce que si Bonnie a subit son propre fardeau en les voyant se faire massacrer, Dorian devra lui, faire face à la fatalité de la mort et de sa putain de faucheuse contre laquelle il se bat dans des conditions précaires. Mettre les mains dans les corps ensanglantés, écorchés ou éclatés. Voir des gamins mourir entre ses doigts sans qu’il n’y puisse rien.
Et tout ça prenant le dessus sur un sentiment d’impuissance qui est à la limite de l’insupportable. Il aimerait se contenter de l’idée d’une Carter en vie, respirant le même air que lui et encore présente sur cette planète. Mais il en est incapable, encore moins lorsqu’il voit ce jeune homme d’à peine une vingtaine d’année, bourré de fièvre, une jambe en moins qui commence déjà à pourrir. Et qui ne survivra sûrement pas à un autre lendemain.
Et ce, par la faute de Carter.

— FIN —
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I'll never forget — Dorian

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