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 Daniel 069

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Messages : 149
Age du personnage : 32 ans
Fonction/Occupation : Chasseur
Avatar : Bradley Cooper

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MessageSujet: Daniel 069 26.11.15 11:11


Daniel 069

I'm untouchable darkness, a dirty black river to get you through this. In the mouth of madness, down in the darkness



Âge :  32 ans
Occupation/ fonction :  chasseur
Affectation automatique :  non
Orientation sexuelle :  indéterminée
Qualités : discretefficaceouvert d'espritfoncièrement bon
Défauts : sauvagesanguinpas très second degrémanipulable
Groupe :  Lambda
Avatar :  Bradley Cooper

Particularités
Daniel possède de très bonnes prédispositions physiques, tout en ayant oublié d'où il les tient. Il sait nager, monter aux arbres, porter de lourdes charges sans se faire mal... mais il sait surtout se battre à mains nues, à l'arme blanche et avec toutes sortes d'armes à feu. Avant la Catharsis, il était bon tireur que ce soit au pistolet comme au fusil de précision, et s'il n'a plus tenu d'arme à feu depuis, il a gardé les réflexes. Au niveau sportif, il était ceinture noire au judo et au krav-maga, en plus des modes de combat de l'armée, et il a eu l'occasion de parfaire ses techniques. Il sait tuer, se défendre. En pleine nature, il a les réflexes du pisteur, discret comme une ombre, acharné, ce qui fait de lui un chasseur hors pair. Il entretient ça avec un mode de vie sain et équilibré.

A contratio, il a oublié comment lire, écrire, parler, compter, bref, toutes les fonctions du langage et de la logique mathématique. C'est très tard qu'il a réappris tout ça, lors de son arrivée à la Cité, et s'il avait encore les clefs pour réapprendre à parler, il n'a jamais réapprendre à lire, écrire ou compter, ni même dessiner – faut dire qu'il bouffait les crayons, au début. Il a une bonne logique, forgée principalement sur l'expérience et l'habitude, mais ne comprend pas le métaphysique, l'ironie, le second degré et la plupart des blagues qu'on lui fait, s'il n'y a pas un indice dans le comportement de l'autre pour déchiffrer ce qu'on lui raconte. Quant au contact humain, il n'a rien contre, mais il n'a aucun tact, une vraie quiche. Il a oublié toutes les conventions sociales après la Catharsis... et il reste encore du boulot.


Caractère

Daniel est un mélange étrange entre ce qu'il a été avant la Catharsis et ce qu'il est devenu pendant les deux années qui ont suivi – mix entre un père amoureux, un militaire doué et une bête sauvage focalisée sur la survie.

Il possède un tempéramment relativement calme, réflexif, posant un regard relativement impassible sur le monde. On dirait qu'il est à des années lumière du monde qui l'entoure. Dans ses tâches quotidiennes, il est réglé comme un coucou suisse, rigoureux et droit dans ses pompes, il n'a aucun problème à obéir à un ordre venant de quelqu'un qu'il respecte. Niveau mode de vie sain, on touche vraiment quelque chose. C'est son côté ancien officier dont la femme était accro au bio qui ressort. Il est très peu loquace mais il a tendance à exprimer ce qu'il ressent au travers d'une palette de grognements modulés selon l'humeur.

Il faut dire qu'après avoir vécu dans la nature, seul la plupart du temps, il a acquis un comportement franchement sauvage. Il est revenu de très loin : lorsqu'il est arrivé à la Cité, il n'était même pas l'ombre d'un homme, on aurait dit un loup arraché à la vie sauvage. Aujourd'hui, il aurait presque l'air normal, mais il a gardé de très nombreux réflexes de cette période. Il est très instinctif : si le comportement de la personne qu'il a en face de lui ne lui plaît pas, il est capable de réagir au quart de tour. Quelqu'un d'agressif envers lui peut très rapidement se retrouver immobilisé au sol, voire grièvement blessé dans les pires des cas. C'est arrivé et ça arrivera sûrement à nouveau, mais comme il fait un peu peur – faut dire que se prendre un ancien commando en pleine poire ne doit pas être très agréable –, les incidents du genre ont diminué drastiquement et les miliciens ont trouvé la parade : en général, il suffit de se montrer plus fort que lui, de rester ferme, voire de l'enfermer quelques jours pour qu'il réfléchisse à ses actions. Ça le calme pour un bon moment... jusqu'à ce qu'on l'agresse à nouveau.

À côté, il s'adapte sans en avoir l'air. Au contact des hommes, il a réappris à mentir, à se plier à des règles pas forcément agréables pourvu lui foute la paix. Se laver chaque jour, porter des chaussures, ne pas renifler son interlocuteur pour saisir l'odeur unique de sa peau, ne pas grogner, se laisser suivre par un milicien jusqu'à la zone de chasse, au risque de faire fuir un tas de proies... Il sait qu'il ne domine pas, pas à la Cité, alors il agit comme on lui demande d'agir. Pas de zèle, juste ce qu'il faut pour avoir sa place au chaud et effacer ses écarts de conduite. Il sait qu'il risque la mort s'il ne rentre pas dans le moule et ça l'angoisse un peu, alors il tente souvent de calquer son comportement sur ce que l'autre attend de lui. Ça ne marche pas toujours, mais bon.

Il sourit rarement et ne comprend pas forcément les blagues qu'on lui raconte, pas encore très à l'aise avec les complexités du langage, mais ça ne fait pas de lui quelqu'un de sérieux pour autant. Il adore jouer à se battre pour de faux, chasser les rongeurs ou observer les gens accomplir leurs tâches quotidiennes. Au fond, tant qu'il peut sortir courir dans la forêt, chasser et manger à sa faim, il se suffit de peu. Pas de fierté, pas d'amour-propre, juste l'instinct de survie et son besoin de liberté comme guides – et vaguement les préceptes de Monsieur, pour l'aspect civilisé. Quand à la reproduction, me direz-vous, il a oublié à quoi ça servait et personne n'a jugé utile de lui réexpliquer le truc, donc il n'a pas d'avis sur la question.

En bref, Daniel est un homme qu'on ne remarque pas forcément mais qu'on préfère éviter quand on ne le connait qu'à moitié. Un gars qui parle en grognant, qui vous fout un homme baraqué par terre pourvu qu'il ait un peu levé le poing et qui se roule dans la poussière avec les chiens, ça a vite fait d'effrayer le tout-venant. Pourtant, en apprenant à le connaître, on se rend vite compte que derrière son caractère d'électron libre potentiellement problématique, c'est un homme doux, attentif et efficace qui peut grandement servir, pourvu qu'on le brosse dans le sens du poil...


Opinion sur la situation

On est en haut de la chaîne alimentaire ou on n'est pas. Dans la Cité, Monsieur est le chef de la meute, il contrôle, il possède les armes, alors Daniel plie clairement l'échine. Lorsqu'il a été attrapé par des miliciens venus de la Cité, il a vraiment cru qu'il allait mourir... Mais l'un des miliciens a cru en lui et a décidé de l'intégrer à la meute : c'était la seule manière de survivre et il a accepté ce cadeau inattendu. Point.

Il s'est plié aux règles et a avalé ce qu'on lui disait sans trop mâcher ; pas encore un Citéen modèle mais presque, et il ne le vit pas mal, sans en être super heureux pour autant. Au fond, il se fiche un peu des préceptes de Monsieur, il se fiche de savoir ce qu'était la société d'hier et de l'importance présumée de la société d'aujourd'hui. Certes, c'est mignon de demander aux gens de s'aimer, de s'entraider... mais les mots lui importent peu et il suit les premiers préceptes sans mal parce que c'est simple pour lui, étant déjà bon à la base ; pas parce qu'il croit aveuglément à ce que raconte la voix de la Cité.

D'ailleurs, Daniel n'est pas un imbécile. Suivre les préceptes ne l'empêche pas de porter un regard critique sur le monde qui l'entoure. Déjà, s'il pouvait être exempté du culte quotidien et de l'obligation sociale de s'intégrer, tout ça, il serait content parce que c'est un travail de tous les jours, qui demande un temps et une énergie pas possible. Il lui arrive d'avoir la nostalgie de la vie sauvage, sans contraintes, moins sécuritaire mais moins difficile, en quelque sorte, à cause de tout ces efforts-là. Il n'est pas stupide au point d'essayer de fuir la Cité, mais il y a déjà pensé sérieusement.

Et puis il sent une contradiction entre le principe d'aider son prochain et les exécutions publiques devant la Maison-Mère. Comment peut-on abattre de sang-froid des semblables désarmés ? Pour lui, on tue pour se défendre ou pour manger, et dans le premier cas, soit on tue pendant le combat, soit on se contente de mettre en fuite. Là, ça ressemble à un carnage gratuit. Mais ayant lui-même déjà tué pour tuer (et plutôt salement, d'ailleurs), il sait qu'il n'est pas légitime à émettre un avis sur la question. Il n'aime pas voir une brave gamine sur la potence juste parce qu'elle s'est souvenu, mais il sait se taire et ne pas remettre en question les décisions de Monsieur.

Quant à ces fameux souvenirs, il n'a pas vraiment d'avis sur la question. Ce n'est pas une notion qui fait sens dans son esprit, étant donné que sa vie a commencé le matin suivant la Catharsis. Avant, il n'y avait rien, et c'est là sa vérité personnelle. Si elle correspond aux préceptes de Monsieur, tant mieux. Il est plutôt bien lotis. De quoi pourrait-il se plaindre, au fond ?

crackle bones




Histoire







23 mai 2050 _


Deux visages sur un écran d'ordinateur portable. Lou-Ann, toujours aussi magnifique avec ses cheveux défaits, son maquillage flouté par sa journée de travail, son sourire. Brian, son visage un peu trop large pour un gamin de huit ans (et demi !), ses cheveux dressés par une noisette de gel, son sourire. Les deux ont le même sourire, le même nez aussi, copié-collé parfait un poil déstabilisant tant le reste diffère. Daniel, devant l'écran, rasé de près, son équipement posé à côté de lui le temps de sa pause. L'air épuisé mais radieux.

Le jeune garçon secoue sa main et sort du champ de la caméra pour aller finir ses devoirs. Lou-Ann reprend le contrôle de l'appareil, son visage emplit l'espace. Ils discutent un moment de factures, du travail, de la fêlure apparue sur le mur de la salle de bain depuis le récent problème de dégât des eaux. Au fin fond de la campagne, en plein milieu d'une manœuvre d'entraînement de routine, une fenêtre vers la vie quotidienne qui met de la distance avec la Patrie et qui redonne un sens à l'éloignement. Ça fait du bien. La discussion s'estompe d'elle-même et ils finissent par se sourire en silence, complices et gauches, amoureux. Elle est belle, sa Annie. Il est beau aussi, Daniel, avec ses yeux d'un bleu presque trop clair, légués à Brian. Ils se disent « je t'aime », une seule fois, ils se disent qu'ils se rappelleront, puis l'écran affiche la fin de la communication.

Daniel soufflant doucement en fermant l'ordinateur, le regard perdu dans le vague. Un point d'équilibre ambulant, le Daniel, ça impressionnait les collègues. Mais ça n'avait pas toujours été le cas...

8 août 2023 – 2041 _

Daniel Silas Callaghan. Né le 8 août 2023 à Denver, Colorado. Famille lambda, pareille aux voisins de droite et aux voisins de gauche, banlieue pavillonnaire, deux 4X4 polluants. Mère au foyer plus occupée à commérer qu'à s'occuper de ses gosses, père homme d'affaire affairé et absent. Un grand frère rebelle comme un grand frère, une petite sœur chiante comme une petite sœur, et lui, juste milieu qui n'aime pas l'être. Repas surgelés. L'église le dimanche matin. Le catéchisme et les cours dans de bonnes écoles dont les noms sonnent bien aux oreilles des invités. Une enfance d'une banalité affligeante, si cela s'était arrêté là.

En 2038, la situation a basculé lorsque son père a perdu son poste de chef d'entreprise, à cause d'une bourde monumentale qui entraîna le licenciement d'une bonne centaine d'employés. La famille normale s'est vite avérée une surface, un reflet tronqué de la réalité qu'on ne sortait plus qu'en société, pour faire bonne figure. Daniel avait 15 ans lorsque son père a giflé sa mère pour la première fois. Son frère parti faire ses études à l'autre bout du pays, c'est lui qui a commencé à essuyer les pots cassés, à faire tampon pour protéger sa mère et sa sœur. Lui, l'adolescent pas encore totalement construit, forcé de faire barrière avec son corps et son âme face au chef de maison déchu. Elles, trop effrayées pour réagir, mais toujours là pour le remercier en pleurant bien fort, lorsqu'il venait le temps de nettoyer les plaies.

À cette époque-là, Daniel a fait ce que tous les gamins dans son genre font : il a enchaîné connerie sur connerie, pour évacuer la pression. Gamin calme mais insoumis, discret jusque dans sa façon de gueuler, il faisait le mur, séchait les cours, cassait des rétroviseurs à la batte de Baseball dans les rues désertes et fumait des joints pour s'oublier. Rébellion de l'ombre, silencieuse, insidieuse. Parfois, lors des trop-plein qui l'envahissaient, il cachait les traces de coups du père en allant se castagner avec les fils des voisins. Puis, à 17 ans, des profs hors du commun l'envoyèrent en salle de sport pour l'aider à canaliser sa fougue d'adolescent sur autre chose que de la haine. Dommage de perdre un petit gars intelligent comme ça. Si ça ne l'empêcha pas de continuer ses conneries, apprendre à se battre lui évita d'atteindre le point de non retour – il revint en cours et gagna sang-froid et résistance, en même temps qu'il accumulait les grades à ses ceintures de judo et de krav-maga.



Noël 1941 – 1943 _

Une soirée arrosée aux environs de Noël, un ou deux ou quinze joints, une ambiance d'euphorie propre aux vacances et une fille maquillée comme un camion volé. On oublie la sécurité, on oublie carrément la soirée à partir de 21h en fait. Il se rappelle juste qu'il s'est réveillé au pied d'un lit chez l'hôte de la fête, sur le tapis, et qu'il lui a fallu deux jours pour effacer la gueule de bois. C'était normal, presque bien, jusqu'à ce que la fille reprenne contact avec lui, deux mois plus tard. Voix cassée, hésitante. Lou-Ann Perry, tu ne te souviens pas de moi, moi non plus, mais je suis enceinte et c'est toi le père. Et bonjour, au fait.

L'équilibre déjà instable, Daniel a complètement perdu pied ce jour-là. Ça n'était pas prévu du tout, cette connerie, c'était un coup de pied de biche dans ses plans. Lorsqu'il a annoncé la nouvelle, bien obligé, il s'est fait démolir par son père et il n'a même pas eu la force de se défendre. Putain, même pas 18 ans, déjà assez cher comme ça, et maintenant un merdeux ? Puis, lorsqu'il a dû aller voir Lou-Ann, il s'est fait démolir par le beau-père. Même pas 18 ans, la gamine, un avenir brillant au programme, foutu à cause de lui et de son inconscience. C'était déjà trop tard pour mettre le fœtus à la poubelle, trop tard tout court.

Il a fallu se marier pour faire bonne figure. 15 août, chaleur harassante, ventre énorme, alliances en argent plaqué, même le prêtre faisait la gueule. Quant aux deux familles, elles se seraient étripées si ça n'avait été la maison de Dieu. Selon le camp, Lou-Ann était une salope qui avait fait exprès de tomber enceinte, et Daniel un affreux pervers ayant violé leur petite chérie. Et les deux jeunes dont il était question, au milieu, tous deux en tort à part égale mais pas la force de faire face au monstre familial, préféraient en vouloir à l'autre pour s'éviter une trop grande blessure narcissique.

Brian est arrivé le 11 septembre 2041. Même sa date de naissance sonnait comme une mauvaise blague. Il a fallu l'accueillir, arrêter les études pour trouver un boulot, lui dans une station-service, elle dans un restaurant, à peine de quoi leur payer une vie décente dans le garage des parents de Lou-Ann. Il n'avait rien demandé, le pauvre môme, alors ils l'ont aimé comme il fallait. Mais ils se sont haïs aussi fort que deux gamins aux vies foutues peuvent se haïr. Ils vivaient sous le même toit comme deux colocataires, s'occupant du merdeux sans se croiser, sans se parler, ou alors seulement pour s'engueuler. Une seule pièce mais jamais les deux dedans en même temps. Ils ne portaient leurs alliances que devant la famille, ne se touchaient pas, ne se parlaient pas. Ils étouffaient.

15 décembre 2043 – 2045 _

Puis, le soir du 15 décembre 2043, les parents de Daniel se tuèrent dans un accident de voiture. Son père avait 4 grammes d'alcool dans le sang, comme tous les jours depuis quelques semaines, il aurait pissé de la vodka que ça aurait semblé normal à tout le monde. C'était sa mère au volant. La police ne retrouva aucune trace de freinage sur le bord de la route, les conditions étaient pourtant bonnes et la mère, bonne conductrice. Puis ils virent le visage fraîchement tuméfié de la petite, et l'aîné lâcha de but en blanc, lors de la reconnaissance des corps : « ça a mis du temps, mais elle a enfin fait quelque chose pour nous protéger. » Ils ont clos le dossier sans suite.

Le 18 décembre, Daniel s'est rendu à l'enterrement avec sa femme et son fils, leurs alliances restées à la maison, pas le moral de faire semblant. Il est resté droit comme un piquet, les mains fourrées dans les poches de sa veste élimée, dans l'air glacé de l'hiver. Au-dehors du cimetière, on préparait Noël avec une frénésie consommatrice affligeante et ici, on enterrait dans la terre durcie par le verglas. À la fin de la cérémonie, Brian vint s'accrocher à la manche de son père. Un peu trop jeune pour comprendre ce qui s'était passé, il pleurait parce que les gens étaient tristes et que ça semblait de bon ton de faire pareil.

« Maman elle pleure. Elle dit qu'elle veut partir. C'est parce que vous vous aimez pas ? »

Il s'est passé quelque chose, ce 18 décembre, devant ces deux tombes toutes neuves. Daniel s'est mis à pleurer, serrant la main de son fils qui lui tapotait trop fort le ventre dans un geste qui se voulait tendre et rassurant. Répétant, « faut pas pleurer papa, faut pas pleurer ». Le ciel était blanc, cotonneux. Les larmes coulait sur ses joues, il a rouvert les yeux et il s'est dit : je ne veux pas de cette vie-là.

Son frère n'a pas voulu récupérer quoi que ce soit du maigre héritage. Daniel et sa sœur ont tout revendu et se sont partagé l'argent, elle est partie étudier dans le sud et refaire sa vie loin de tout ça. Lui, il a invité Lou-Ann au restaurant. Ils étaient comme deux adolescents étrangers, mais après quelques verres, ils ont commencé à se comporter comme s'il ne s'était jamais rien passé entre eux. Puis elle l'a invité au cinéma. Et cette relation artificielle a finalement été remplacé par une vraie conversation, sincère, intime.

Ils ont commencé à réellement se voir, à s'attirer. Ils se sont balancé des horreurs, se sont reproché tout ce qui leur était resté en travers de la gorge depuis leur rencontre, ont fait quelques séances de psychothérapie, puis ils ont racheté des meubles, changé de garde-robe, changé tout court. Ils ont payé un vélo rose à franges au petit et l'ont emmené pédaler au parc, assis sur un banc comme un couple normal.

Un jour, il lui a demandé de quitter son job de serveuse. Elle a froncé les sourcils, mais avant qu'elle n'ait eu le temps de répondre, il a pris sa main entre les siennes. Chaudes. Et il lui a dit, reprends tes études. Tu es intelligente, Lou-Ann, trop intelligente pour te pourrir à ce métier de merde. Moi, j'entrerai dans l'armée, et je te paierai l'université, la maison, tout. Elle a protesté. L'équilibre de Brian, la sécurité, son indépendance financière... mais elle a fini par céder en serrant sa main en retour. Chaude. Ils recommençaient à zéro.

Dans l'année, ils ont déménagé dans une petite maison à Salt Lake City. Elle s'est inscrite à l'université et s'est remise dans le bain comme si elle n'en était jamais sortie. Il a passé les épreuves de l'armée. Un peu vieux, mais les candidatures manquaient avec la situation politique actuelle, et ils avaient besoin de bras dans les unités d'intervention. Il correspondait au profil, alors ils l'ont pris et directement envoyé à l'entraînement. Le 15 août 2045, elle l'a demandé en mariage une seconde fois. Il a accepté. Ils ont mimé une cérémonie dans leur salon, avec trois bougies et Brian portant les alliances avec un air pincé, fatigué par leur fougue d'adolescents. Mais il était content d'avoir deux parents qui s'aimaient pour de vrai. À 22 ans, ils étaient finalement trouvés.



2045 – 2050 _

Et la vie a continué ainsi pendant plusieurs années. Lou-Ann a fini ses études et trouvé un boulot qui la passionnait enfin, ses parents ont même amorcé le processus d'enterrement de la hache de guerre avec leur beau-fils. Brian s'épanouissaient comme un bourdon dans un champ de fleurs. Gamin curieux et calme, pas très sage mais une crème avec sa mère et toujours obstinément collé aux basques de son père lorsqu'il était là. Daniel était rarement à la maison, mais ils avaient pris un rythme qui leur convenait à tous les trois. Pas trop présent, pas trop absent, juste ce qu'il faut.

À 26 ans, Daniel pouvait enfin dire qu'il s'était mis à vivre. Il était devenu quelqu'un. Un bon père, puis un bon mari, peut-être pas le meilleur mais il faisait ce qu'il pouvait. Il a atteint le grade de Lieutenant-colonel d'une unité de la Delta-Force. 6 ans de service, de nombreuses missions dans le monde en ruines de cette moitié de siècle. Homme de terrain et de tactique, capable d'endurer des spectacles de mort sans craquer, silencieux comme une ombre, toujours proprement efficace. Quelques dizaines de morts à son actif, quelques rapatriements d'urgence pour blessures graves et beaucoup de cicatrices, mais aussi des tatouages encrés dans tous les pays. Un corps marqué par la vie, tout comme l'était son âme.

C'était son élément, ces terres inconnues marquées par les crises, ou ces missions sur le continent pour rétablir l'ordre, ces échanges riches avec des populations dont il ne comprenait même pas le langage. L'adrénaline d'une opération de laquelle tous les camarades reviennent, triomphants, même si ce n'était pas tous les jours le cas. Le retour à la maison après le dépaysement, la chaleur du foyer familier, d'un thé avec sa femme et son fils sur le canapé, devant un film nul.


Retour au 23 mai 2050 _

Le monde avait tant de choses à offrir. S'il était heureux ? Bien sûr, qu'il l'était. Le monde partait en ruines mais son monde ressemblait enfin à quelque chose. Il avait survécu à la violence et à présent, il pouvait y faire face, pour lui, pour Lou-Ann et Brian, pour la Patrie. Il relève les yeux vers le ciel, ce ciel sans limite aux teintes rouges magnifiques. Il était encore tôt pour un coucher de soleil mais il se redressa sans s'inquiéter, récupéra son équipement et monta sur la petite colline du haut de laquelle il dominait la zone d'opérations. De là, il inspira un grand coup et savoura la beauté du monde.

Puis il y eut la brume.

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Lever du soleil _ (24 mai 2050)

Le monde se réveille lentement. À l'horizon, le soleil laisse glisser ses raies de lumière tiède jusqu'au sol. La nature bruisse doucement, murmure habituel cerné d'un total silence humain. La circulation a cessé de ronronner au loin. L'humanité, ou plutôt ce qu'il en reste, ouvre les yeux avec peine, comme après une douloureuse nuit de cuite.

Lorsqu'il reprit conscience, il était recroquevillé au sol, le visage enfoncé dans l'herbe haute. Il renifla et l'odeur de terre envahit ses narines. Il gémit doucement. Il avait rêvé d'une brume venue tout effacer sur son passage. Il s'était passé quelque chose. Mais dès qu'il tenta de se concentrer sur cette pensée, elle se volatilisa, ne laissant dans son esprit qu'un grand vide. Il ouvrit ses yeux clairs avec peine, cligna lentement des paupières et mâcha un moment par réflexe, réactivant la circulation dans son cerveau.

Autour de lui, l'herbe fraîche et grasse comme si elle avait poussé en une seule nuit. Les sensations de son corps lui revinrent, une chaleur diffuse, une douleur au niveau de la hanche, comme un objet engoncé entre ses cotes, mais quoi ? Il remua. C'était comme s'il se découvrait de nouveaux membres. Une main se tendit vers une fleur d'or et il lui sembla que c'était la sienne ; que cette main en face de ses yeux, et ce corps qu'il ressentait, ne formaient qu'un seul et unique bloc. Un corps perclus de fatigue mais entier, prêt à se réveiller, aux muscles puissants roulant sous sa peau au moindre mouvement. Nouvelle conscience primitive de lui-même. Intense.

Autour de lui, une colline surplombant une forêt d'une extraordinaire densité, surgie dans la nuit de la terre asséchée. À perte de vue, il n'y avait rien d'autre que cette flore sauvage devenue omniprésente. Daniel se redressa pour observer ce monde nouveau pour lui, baigné d'une lumière rougeâtre. Il n'aurait su dire s'il trouvait ça beau, mais il n'y pensa vite plus. Il n'était pas seul sur cette colline. Si plusieurs corps ne bougeaient pas, à moitié enfoncés dans la terre et déjà froids, des silhouettes se redressaient, aussi perdues que lui, inquiètes.

La panique commença à gagner les trop rares rescapés de la nuit. Daniel se redressa sur son séant, les regarda en fronçant les sourcils. Qui étaient-ils ? L'un d'eux s'ébroua et lâcha un cri rauque, animal, se leva maladroitement. Lorsqu'il croisa le regard de Daniel, il se figea. Serra les poings, menaçant. Daniel se leva pour lui faire face, au moment où l'autre se propulsait dans sa direction.

Le choc puissant des deux corps. Ils roulèrent sur plusieurs mètres avant de se lancer dans un affrontement de titans. Deux statures de guerriers engoncés dans des armures qu'ils n'arrivaient pas à gérer, restreignant les mouvements les plus vifs mais permettant l'assaut brutal, de face. Daniel, envoyé au sol, griffa la terre légère et repartit instinctivement à l'attaque. Ils n'avaient pas conscience de ce qu'ils faisaient, ça leur semblait juste nécessaire, de savoir qui dominerait. Qui survivrait.

Ils se percutèrent à nouveau. Puis l'homme aux yeux bleus réussit à s'emparer de la nuque de l'autre. Il effectua une torsion brusque, purement réflexe, et le corps cessa brutalement de lutter sous lui.

Il se dégagea, effrayé, recula de quelques pas. Il venait de signer la fin du combat, mais le corps était inerte et lui fit peur. Autour de lui, c'était la panique la plus totale. Les autres reculaient, se regardaient en chiens de faïence, incapables de comprendre ce qui leur arrivait mais conscients, au plus profond d'eux-mêmes, qu'il en allait de leur survie. Après quelques minutes d'un silence entrecoupé de gémissements, Daniel recula maladroitement et finit par s'éloigner franchement vers la forêt, trébuchant sur les racines épaisses. Lorsque la colline disparut de son champ de vision, des cris retentirent. Des cris bestiaux, des cris de lutte pour la survie. Daniel n'était déjà plus là.

Premier été _ (2050)

Daniel Silas Callaghan, tel que sa vie le définissait jusqu'à la Catharsis, avait été enterré avec les restes de ses collègues d'unité, sur cette colline où il s'est réveillé purifié de son existence précédente, de ses souvenirs. Débarrassé de son gilet pare-balles abîmé, d'un fusil mitrailleur hors d'usage et de ses chaussures trop lourdes, se tenait un homme nouveau, dans toute sa dimension primitive.

Autour de son lieu de départ, il n'y avait rien. Pas trace de vie civilisée. Parfois, la silhouette d'un bâtiment éventré d'où s'élevaient les branches noueuses d'un arbre rappelait l'ancien temps, mais tout ce qu'il y voyait était un abri potentiel, et encore. Parfois, des corps en décomposition, laissés sans sépulture. Mais la plupart du temps, ce qu'il croisait ne se tenait pas sur deux pattes et n'obéissait pas au délire de contrôle maniaque des humains.

Il ne se souvenait de rien, mais après quelques jours de divagations dans la forêt, il se rendit compte que vivre, survivre, il savait faire. Alors il cessa de réfléchir, de se demander comment il était censé agir. Il écouta son instinct et une petite routine s'installa. Il se levait à l'aube, se lavait dans l'eau froide et pure des rivières dont il suivait le cours. Son dos se courbait pour accélérer sa course et il avançait sous le couvert des arbres avec l'instinct du prédateur dans les veines, prenant garde à ne pas se blesser inutilement. En fouillant la végétation touffue qui l'entourait, il pouvait trouver bon nombre de plantes et de racines comestibles. Ses gestes étaient sûrs lorsqu'il utilisait la lame à sa ceinture et sa première chasse fut un grand moment où il put se défouler tout son soûl. Ça lui plaisait.

Sans chercher d'où ces aptitudes lui venaient, il savait exactement ce qu'il devait faire. Il savait se battre, s'orienter en fonction de la position du soleil rouge, trouver un refuge naturel, se procurer de quoi subvenir à ses besoins vitaux. Il affinait son acuité pour comprendre au mieux son environnement : une odeur, l'absence d'un son habituel, l'humidité dans l'air... Il fallait avouer qu'il avait un avantage non négligeable : son corps qui, à force d'entraînements rigoureux et de cocktails de médicaments expérimentaux offerts par l'armée ; il possédait une constitution à la limite du radioactif. Capable de résister à la faim ou à une intoxication alimentaire, à l'effort continu d'une marche dans la jungle, aux infections suivant une lutte acharnée avec une bête plus sauvage que lui...

Bien sûr, il frôla la mort à plusieurs reprises la première année, mais après des jours de fièvre, de douleurs et de jeun nécessaires à son corps pour se rétablir, il se relevait et repartait courir les forêts en quête d'une nouvelle proie à traquer. Si bien qu'au bout de quelques mois de vie sauvage, malgré ses vêtements glanés dans des restes de bâtiments de l'autre époque, les objets humains qu'il gardait dans ses poches et sa posture encore droite, il s'était fondu dans le décor.



Premier hiver _ (2050 – 2051)

Puis l'hiver vint. Les bêtes quittèrent ses zones de chasse, les plantes moururent après avoir caché leurs graines dans la terre verglacée. Les températures chutaient à une vitesse vertigineuse. Daniel suivait ses proies vers le sud, suivant les abords des points d'eau, mais il sentait qu'il était trop lent. Il n'avait pas vu l'hiver venir, il n'y avait tout simplement pas pensé, en fait, puisqu'il n'avait pas de souvenirs des saisons.

Le pas vacillant, la faim tiraillant son ventre, il perdit peu à peu des forces malgré les quelques racines qu'il arrivait encore à glaner pour survivre. Le froid, aussi, commençait à entamer sérieusement ses forces et un beau jour, alors qu'il pleuvait de la neige fondue depuis des heures et qu'il s'enfonçait dans la boue gelée à chaque pas, il se réfugia dans une grotte et se recroquevilla sur lui-même, frigorifié. Et il ne bougea plus. Pendant plusieurs jours, il perdit peu à peu conscience, en état d'hypothermie avancée. Son corps lui échappait, trop froid. Son cœur battait plus lentement. Il allait mourir. On est bien peu de choses face aux éléments.

La neige s'était mise à tomber lorsque deux silhouettes apparurent à l'entrée de la grotte, deux femmes qui se souvenaient de l'hiver. Il était en train de glisser vers le coma lorsqu'il sentit la chaleur d'un feu. On le déshabilla, on lui fit boire de l'eau tiède au parfum végétal, puis une chaleur humaine se colla peau contre peau à lui, à l'abri sous une couverture, et il se remit à vivre.

Elles ne parlaient pas, les deux femmes, ou plutôt elles échangeaient par des signes simples qu'il parvenait en partie à comprendre. Lorsqu'il eut repris des forces, elles entreprirent de trouver un endroit plus à l'abri. Pour qu'il suive, elles avaient récupéré ses affaires et les tenaient hors de sa portée, comme une carotte. Une plaque de métal avec son nom gravé, un portefeuilles élimé contenant de nombreux papiers et une photo aux couleurs passées... il ne connaissait pas la signification de ces objets, mais ils étaient importants pour lui et puisqu'il les suivait sagement, les yeux rivés sur ses rares possessions de peur qu'ils disparaissent, il put bien vite les récupérer.

Ils dormaient nus sous une couverture pour se réchauffer. Elles ne le craignaient pas, parce que Daniel ne tentait jamais rien, comme si un corps n'avait aucune sorte d'intérêt pour lui. Elles faisaient du feu en frottant du bois, cuisinaient des boîtes de conserve et des aliments secs qu'elles trempaient dans l'eau bouillante. Il observait leur manège avec fascination, enregistrant leurs façons de faire. Pour passer le temps, elles tentaient de réapprendre à parler par elles-mêmes. Dans l'abri rafistolé à grands coups de planches de bois humide, autour du petit feu de camp, tandis qu'au-dehors le vent soufflait avec violence, elles enchaînaient les syllabes. Daniel ne comprenait pas, mais il les observait au-dessus des flammes en tentant de capter les gestes qui accompagnaient leurs propos. « Souliva », c'était la plus jeune, elle se désignait souvent en prononçant ce mot. L'autre, il ne se rappelait jamais, mais ça sonnait bien à son oreille.

Lorsque le temps le permit, il osa ressortir pour chasser dans la neige, suivant les traces des chevreuils et des lapins. Ça lui faisait un bien fou, de respirer l'air pur, de gravir les collines en maître incontesté de la zone. Après des heures à courir la campagne, il ramenait sa chasse à l'abri, comme un chat ramène ses proies à ses maîtres. Il s'asseyait en tailleur et dépeçait la viande pour qu'elles la mettent sur le feu, fasciné par le processus de cuisson.

Une petite routine qui cessa brusquement lorsqu'un jour, alors que la neige avait commencé à fondre et qu'il était parti se perdre dans la forêt, n'arrivant à suivre aucune piste, il revint au campement et ne trouva personne. Il y avait des traces de lutte, des affaires traînaient là, abandonnées dans la boue. Des humains. Il tenta de suivre la piste mais les empreintes se multiplièrent et lorsqu'il arriva dans une clairière et sentit l'odeur âcre de viande morte qui y régnait, il sut que c'était trop tard. Une bête était passée par le camp de pillards et il ne restait plus rien.

Le chagrin ne l'abattit pas, au contraire. Il traqua la bête responsable de ce massacre pendant des jours et des nuits. Il la suivait, observait le moindre de ses gestes, faisait fuir ses proies pour l'affamer et la rendre folle. Lorsque la bête baissa sa garde après une semaine sans repos, il surgit de l'ombre et frappa. Sept minutes, sept minutes de lutte acharnée pour la survie, au terme desquelles il ne resta plus qu'une carcasse fumante et la silhouette de l'homme plein de sang, dominant malgré son air d'humain fragile, voûté, bestial. Il lança un cri rauque à la ronde, un cri d'avertissement, laissa la viande aux charognards et, sans un regard en arrière, reprit son chemin vers le sud.

1er printemps – 3e automne _ (2051 – 2053)

Daniel avança ainsi pendant un printemps et un été, suivant de loin les grandes rivières de bitume envahies par la végétation. Dès qu'il voyait du mouvement dans ces zones, il s'éloignait le plus possible des dangers potentiels. Il avançait à un bon rythme, sans s'épuiser, le rythme de sa journée réglé comme un coucou suisse. Lorsque l'automne vint, il se constitua des réserves et un refuge dans une faille rocheuse suffisamment en hauteur pour le protéger de la plupart des prédateurs, à l'abri du froid, à la manière des écureuils qu'il observait grimper le long des troncs avec leurs fruits secs.

Il passa l'hiver en hibernation, passant son temps à dormir pour s'économiser et à colmater les brèches de son abri. Il sortait quand le temps le permettait, nettoyait la zone des bêtes dangereuses qui pourraient venir attenter à son abri avant de retourner se rouler en boule dans son antre, si bien que toute une faune de petits animaux robustes vinrent s'installer sur son territoire, en sécurité.

Puis un nouveau printemps, et un nouvel été. Il repartit sur la route. Manger, courir la campagne, chasser, un abri pour la nuit, dormir et se réveiller aux aurores, regarder le monde se réveiller, vivre. La beauté du ciel les jours d'orage, la beauté de la lune à son paroxysme, des fleurs qui ouvraient leurs couleurs au soleil après avoir dormi pendant des mois, tout comme lui. Parfois, repus et pensif, il observait les animaux : les plantes qu'ils mangeaient et celles qu'ils évitaient, leurs techniques de chasse, de fuite... Parfois même, il jouait avec quelque bête peu farouche, échangeant quelques grognements et glapissements en se courant après, avant de se séparer, satisfaits d'avoir tout simplement passé un peu de bon temps.

Ses muscles avaient évolué pour le maintenir dans une position primitive, efficace. Dos voûté mais toujours sur deux pattes. Ses ongles noirs plantés dans la terre ressemblaient maintenant à des griffes et ses mains, ses pieds et ses genoux étaient recouverts de cales. Derrière sa barbe et sa tignasse, ses yeux bleus seuls avaient gardé une lueur de compréhension humaine. Autour de son cou, la plaque sale où l'on pouvait encore lire : « Daniel Silas Callaghan, 08/08/2023, O+ ».

La frontière entre l'état sauvage et la civilisation est bien fragile, quand on y pense...

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19 octobre 3-PC _

L'air se refroidissait un peu plus chaque jour, de manière presque imperceptible. Daniel le sentait, dans les effluves du vent, aux couleurs des arbres, au comportement des animaux : l'hiver n'était plus très loin. Il était en retard dans son établissement d'un cocon pour l'hiver mais il ne s’inquiétait pas outre mesure. Il était descendu suffisamment au sud pour continuer de trouver des proies et des plantes à se mettre sous la dent, malgré l'arrivée de la mauvaise saison.

Accroupi au bord de la rivière, torse nu, il creusa ses mains, les enfonça dans l'eau glacée et les releva pour y enfouir son visage. Le liquide glissa sur sa peau et le fit frissonner. Il s'ébroua, envoyant des gouttelettes d'eau partout autour de lui et sonda les frondaisons autour de lui, puis il termina sa toilette du matin et se redressa sur ses pattes pour s'étirer jusqu'au ciel, faisant jouer les muscles noueux de son dos. Ses orteils calleux s'enfonçaient dans la terre meuble.

Il n'avait pas peur de l'hiver, mais quelque chose le tracassait. Cela faisait maintenant plusieurs jours qu'il marchait dans une forêt calme, étrangement calme. Parfois, des volées d'oiseaux fuyaient quelque chose, et ce quelque chose semblait s'approcher. Une bête ? Elle aurait déjà attaqué depuis longtemps. Ça n'était pas une bête, mais il n'avait pas vu une seule trace qui aurait pu lui indiquer la nature de la chose. S'était-il trompé ?

Il se baissa pour prendre la loque qui lui faisait office de t-shirt, lorsqu'un mouvement attira son attention. Une forme à la lisière de la forêt, qui sortit du couvert des arbres avec la main posée sur l'étui d'une arme. Puis une deuxième forme. Une troisième. Trois humains, des hommes et une femme, habillés de la même manière ; la couleur de leurs uniformes les rendait difficiles à percevoir dans la forêt dense : ça expliquait pourquoi il ne les avait pas vus.

L'un d'eux cria quelque chose sur un ton menaçant. Daniel s'empara de son couteau et se mit en position de défense, ramassé sur lui-même, crocs sortis. Sa plaque tressauta sur sa poitrine. Les attaques en meute étaient un danger qu'il ne se risquait jamais à défier : il avait beau être bon dans un combat singulier avec une bête à force égale, l'intelligence collective a cette particularité que chaque membre du groupe peut agir différemment, ce qui rend le combat presque impossible à gagner. S'il avait survécu autant de temps, c'était aussi parce qu'il avait su fuir... Daniel recula d'un pas, enfonçant son pied dans la bande de terre détrempée qui bordait le lit de la rivière. Il ne pouvait pas reculer plus, ça devenait dangereux.

L'homme cria à nouveau une suite de syllabes incohérente. Un grognement guttural s'échappa du fond de la gorge de Daniel. Un rapide coup d’œil sur la situation, il prit de l'élan et dérapa pour prendre son élan et s'échapper sur le côté. La terre était collante sous ses pieds nus, l'adrénaline ne suffisait pas : au bout de quelques mètres à peine, les trois humains l'avaient rattrapé. S'en suivit un combat au corps-à-corps contre trois lames sorties d'étuis de cuir. Avec son petit couteau à cran d'arrêt, Daniel se battit bec et ongles mais c'était perdu d'avance.

Les trois humains réussirent à le mettre au sol, le visage enfoncé dans la boue détrempée. Il peinait à respirer, tentant vainement de bouger, le corps marqué par des estafilades suintantes. Il en avait touché deux mais ça n'avait pas suffi, l'effet de surprise avait été efficace. L'espace d'un instant, il se demanda si c'était son tour de nourrir les bêtes ; puis un coup derrière la nuque l'envoya dans l'inconscience.


***


« On dirait une bête sauvage. Vu son état, il a dû traîner un sacré bout de temps dehors.
- Il était en possession d'objets impies et il nous a attaqués. Cet homme est un danger pour notre communauté. Il est de notre devoir de le tuer sur-le-champ et...
- Calme-toi. Tu oublies la moitié des préceptes de Monsieur. Attendons de voir si c'est un Outlaw ou juste un errant, et dans le second cas, on attend les ordres. Il saigne toujours ? »

Daniel sortant lentement des limbes. Retour au corps douloureux. À genoux sur le sol glacé, le visage contre le sol, il sentit ses bras résister lorsqu'il tenta de les ramener en avant, liés solidement dans son dos. Son t-shirt avait servi à bander sommairement ses plus grosses blessures et il sentait que son épiderme s'était nettement refroidi. Devant lui, ce qui lui appartenait avait été jeté là comme si ça n'avait aucune valeur. Peut-être que ça n'en a effectivement aucune, il ne savait pas, il ne savait plus.

Il grogna, un filet de bave tombant jusqu'au sol, effrayé plus qu'enragé, en plein calcul de ses chances de survie. Nulles quelques heures plus tôt, le fait qu'il se soit réveillé entier pouvait changer la donne, mais dans quelle mesure ? Une poigne puissante tira sa tignasse en arrière et il dut se redresser, faire face aux humains qui l'avaient attaqué. Il s'agita, commença à ruer avec force mais un coup dans les côtes le rappela à l'ordre. Il ravala sa salive et gémit en serrant les dents.

« Daniel... Silas... Callaghan, lut-on sur ses papiers d'identité. De quoi te souviens-tu ? »

Cela devait avoir du sens, Daniel s'en rendait compte. Ces mots, ces trois premiers mots utilisés par le milicien, ils avaient du sens à son oreille mais lequel ? Il ouvrit de grands yeux et regarda fixement l'homme aux yeux bruns qui s'était accroupi en face de lui. Il baragouinait en appuyant bien chacun de ses propos pour se faire comprendre, mais il baragouinait quand même dans le vide.

« Si tu ne réponds pas à mes questions, je te tue. »

Daniel ne réagit pas. Le ton n'était pas menaçant et il avait assez à réfléchir avec la douleur et la faim qui le tiraillaient, en plus de ne rien comprendre à ce qui se passait. Il s'était mis à trembler, sentant ses muscles brûler lorsqu'il tentait de les bander. Le prédateur, en face de lui, prit son 9mm. Daniel eut soudain un mouvement de recul. Les mots ne tuaient pas, mais cette chose lui faisait instinctivement peur.

« Chh... regarde ça. Oui, regarde, c'est bien. Chh. Regarde, je le range. Ça va mieux ? »

Daniel suivit l'arme des yeux et observa l'homme le ranger dans son étui avant de se lever. Il jeta un regard interrogatif aux gens qui l'entouraient. Ils n'allaient pas le tuer ? Le manger ? À quoi rimait toute cette mise en scène ? Ça n'avait pas de sens. Il serait heureux de ne pas mourir, mais ces humains agissaient d'une manière tout à fait étrange. Ça n'était pas un jeu, trop violent, mais ça ne ressemblait pas non plus à une chasse. L'homme lui frotta le haut du crâne et Daniel sentit le sang lui monter au visage. Le contact était étrange, presque plaisant. Il sentit même une sorte de douceur dans les derniers mots que l'homme prononça :

« Il n'a pas le comportement d'un Outlaw. On l'embarque ? »

C'était à n'y rien comprendre.

4 novembre 3-PC _

Après plusieurs semaines maintenu en captivité dans ce convoi de la Milice qui revenait d'une mission longue, Daniel découvrit la Cité, un gigantesque réseau d'édifices proprets cachés derrière des murs de protection. Il regardait autour de lui avec les yeux ronds comme des soucoupes. Ce monde, le monde civilisé, il l'avait oublié quand il avait oublié sa vie. Chaque bruit inconnu le faisait sursauter : les éclats de voix, le claquement d'un volet, le tintement d'une cloche. Les odeurs, elles aussi, l'assaillaient de toute part, si bien qu'il ne s'était jamais senti aussi perdu – pire qu'après la Catharsis.

La meute était énorme et sa discipline l'impressionnait au plus haut point. Depuis qu'il avait quitté son ancienne unité, sur la colline, il n'avait jamais vu un tel rassemblement d'animaux de son espèce, et encore moins avec une telle organisation. Il avait toujours évité les zones de rassemblement, car un solitaire face à cette masse ne faisait pas le poids...

Il fallut le laver d'une crasse accumulée depuis des mois, raser sa tête bardée de poux, sa barbe trop longue. Ce ne fut pas une mince affaire puisqu'il se mettait à geindre dès qu'on approchait une lame de sa tête, mais l'élagage fit réapparaître son visage. Malgré les traits tirés par la fatigue et son corps en piètre état, il correspondait bien à la photo de ses papiers d'identité confisqués ; et rien dans son comportement ne laissait penser qu'il se souvenait de quoi que ce soit.

Dans un premier temps, on l'enferma dans une espèce de cellule où il faillit se laisser dépérir, gémissant nuit et jour en grattant la porte. Son estomac serré n'acceptait pas la nourriture et il se sentait profondément malheureux d'être ainsi enfermé. Le milicien qui s'était porté garant pour lui venait régulièrement le voir et, à force de patience, réussit à le faire cesser de geindre. Il venait parfois avec deux gamelles et montrait l'exemple, si bien que Daniel finit par manger à nouveau ; réapprenant l'usage malaisé d'une cuiller par la même occasion.

Lorsqu'on estima qu'il n'était plus un danger pour la Cité, il eut droit à un marquage en-dessous de l'oreille droite, bien en évidence ; les tatouages qui parsemaient ses bras et son torse comportaient déjà une multitude de chiffres à moitié effacés qui auraient pu être confondus avec les nouveaux. 069. Daniel 069. Son nom. Soit. Puis on assigna quelques volontaires à une mission de reformatage du sauvageon.

Lui réapprendre à se laver seul, à parler, à comprendre. À 30 ans, ce n'est pas aisé mais ils réussirent à force de patience, même si on abandonna rapidement l'idée de le faire écrire – il mâchonnait consciencieusement le moindre crayon laissé à portée de main. Cet homme à moitié sauvage étonnait un peu : d'un côté, il se rappelait comment utiliser un couteau pour façonner un bout de bois, et de l'autre, on pouvait l'observer batailler contre un bouton pendant plus d'une heure sans qu'il n'arrive à s'en débarrasser.

Les deux seules matières dans lesquelles il excellait étaient les réflexes de combat et la survie. Au départ, il réagissait à la moindre marque d'agressivité à son égard et il fallait des miliciens pour l'immobiliser. C'est qu'il pouvait mettre à terre un soldat en un coup, frapper les organes vitaux, un vrai danger ambulant. Mais à force de patience encore une fois, ils réussirent à le canaliser, à lui faire entrer les préceptes de Monsieur dans le crâne. Il était en sécurité, ici, si tant est qu'il n'agressait personne : pas besoin d'attaquer. D'accord, sage, promis.

Une fois qu'il eut enregistré ça, il n'y eut quasiment plus de débordements. Pendant plusieurs mois, il continua de répondre par quelque grognement modulé selon l'humeur, mais bientôt les mots vinrent plus aisément et il commença à s'intégrer. Certes, on le retrouvait encore souvent assis dans la poussière en train de couiner avec les chiens, ou en train de courir après des mulots dans les champs, mais en une année, il était en grande partie revenu du côté de la civilisation...



Février 5-PC _

« Bonjour Daniel. Comment vas-tu ?
- Bien. J'ai aidé pour reconstruire une toiture qui fuyait.
- Tu t'intègres bien, à ce que je vois. »

Daniel hocha la tête simplement. S'intégrer, le maître-mot d'une meute. Il avait eu de grandes difficultés à comprendre le mode de vie de la Cité et ses étranges us, mais il s'y était finalement habitué. La végétation luxuriante de l'extérieur lui manquait mais il avait gagné un certain confort à rester parmi les siens. Nourriture, liberté de mouvements au sein des murs de la ville, et même un début d'amitié avec d'autres citéens. Le milicien semblait satisfait de ses progrès.

Il aidait beaucoup les voisins, capable de soulever de lourdes charges et pas effrayés pour un sou par le froid et l'équilibre précaire sur certains chantiers. En général, il arrivait dans la matinée après avoir couru dans les zones agricoles, les épaules fumantes, et s'attaquait à ses petits travaux manuels sans dire un mot, docile et pratique. Depuis qu'il avait adopté cette petite routine de disparaître à l'aube pour se défouler tout son saoul hors des quartiers habités, il ne traversait plus de phases de déprime comme ça avait été le cas à son arrivée, aussi personne ne trouvait l'utilité de l'en empêcher.

« Tu disparais toujours le matin ? Reprit le milicien avec un sourire.
- Oui. Je me maintiens en forme.
- C'est bien, une telle discipline de vie. Ça te dirait de reprendre la chasse ? »

Il fixa l'homme un instant et hocha vigoureusement la tête. Chasser lui manquait. Courir après les chiens ou les rongeurs avait ses limites, et s'il s'en suffisait, pouvoir sortir de la Cité et chasser du plus gros gibier était une idée vraiment alléchante. Le milicien lui dit d'aller candidater pour un poste de chasseur. Damien était si content qu'il siffla de bonheur, sans même relever les paroles d'un collègue milicien qui le traita de simplet.

Il déposa sa candidature et fut retenu pour une période d'essai, qu'il passa sans souci. Il était certes un poil trop motivé à courir après de la bestiole, mais il n'abusait jamais. Il se laissait emmener par un milicien hors de la Cité, aux abords de zones de chasse qu'il ne choisissait pas et dont il doutait parfois de l'intérêt, mais à partir de là, quartier libre. Quelques pièges rudimentaires et efficaces, quelques gibiers faciles à atteindre, puis il partait chasser à l'ancienne, les épaules voûtées et les sens en alerte, silencieux comme une ombre.

Efficace et respectueux de son environnement, un bon atout en somme. En rentrant, il donnait ses proies pour les rationnements avec la sensation d'accomplir quelque chose de bien. Les beaux jours arrivèrent et avec eux, un temps d'une douceur incroyable. Cinq ans après la Catharsis, il avait retrouvé un équilibre entre la ville et le sauvage. À croire qu'il avait toujours été destiné à ça...

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MessageSujet: Re: Daniel 069 26.11.15 12:17

Bienvenuuuuue !

Bon courage pour ta fichette, pressée de te retrouver dans le jeu <3
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MessageSujet: Re: Daniel 069 26.11.15 20:55

Bienvenue parmi nous !!!
Très jolie début de fiche en tout cas Smile et je dois dire très bon choix d'avatar!!
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MessageSujet: Re: Daniel 069 26.11.15 20:58


Welcome !
Et te voici avec un pied dans la tombe...


[center]
Bienvenue dans l'antre de la Catharsis..

Bienvenue à toi !

Nous sommes ravis de t’accueillir sur le forum ! Voici quelques petits liens qui te seront utiles afin d'écrire ton histoire et de mieux te situer chez nous !

▬ Tout d'abord, le contexte et l'histoire ! Il serait bête de louper des informations importantes, nous devrions être obligé de te couper la tête  

Les informations pratiques sont là pour t'expliquer comment nous vivons après la catharsis, qui gouverne et ce qui a été mit en place pour la sécurité et le bien être des habitants. Tu as même une super carte qui claque de la mort !

▬ Mais bien évidemment, pour mieux te situer mais aussi si tu veux pouvoir finir ta fiche, la lecture du règlement est obligatoire  

▬ Et pour finir, voici les groupes où tu auras toutes les informations qu'il te faut pour t'aider à faire un choix !

Bien évidemment, si tu as la moindre question, n'hésite pas à nous solliciter, nous sommes là pour ça !



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MessageSujet: Re: Daniel 069 26.11.15 21:04

Mercii ♥️

(Chang huh )

Du coup, j'ai posté la première partie de l'histoire. Et comme j'ai fait un pavé et que la suite sera au moins aussi longue ( What a Face ), j'ai mis un sommaire (okey, c'était surtout l'occasion de m'entraîner au codage) et la suite arrivera bientôt Wink

Et merci, il est beau le Bradley. Mais dès que j'ai fini, je le sors de sa baignoire, on n'est plus chez les sauvages haha

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MessageSujet: Re: Daniel 069 27.11.15 19:41

Bienvenue petit chat ♥️

J'suis contente de te voir par ici ! huh
En tout cas, excellent début de fiche, le personnage promet d'être hyper intéressant et j'suis particulièrement fan de la manière dont tu l'as présenté yeux en coeur

Hâte de voir la suite et si tu as besoin, n'hésite pas !
♥️
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MessageSujet: Re: Daniel 069 02.12.15 14:30

Merciii ♥️

J'ai (enfin) posté les particularités, le caractère, l'opinion sur la Cité... et la deuxième partie de l'histoire, la période de vie sauvage. J'espère que ça tient la route et s'il y a des éléments problématiques, je changerai sans problème haha

La troisième partie (son arrivée à la Cité) vient dès que possible. Oh, et je me demandais : le tatouage d'identification est forcément sur le bras ? Et s'il a déjà des tatouages, comment ça se passe ?

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MessageSujet: Re: Daniel 069 02.12.15 16:48

Alors alors !

• Pour les armes à feux : Juste pour rappel, elles ne sont utilisées qu'en cas de GROSSE mission par les miliciens en dehors de la cité. Le fait qu'il ait été blessé par balle peut être possible mais c'était simplement pour rappeler la rareté de l'utilisation d'un tel objet.

• Ensuite un petit détail me chiffonne "Alors oui, il dénonce les criminels lorsqu'il en croise, mais parfois, il se contente de regarder ailleurs pour ne pas voir une brave gamine finir sur la potence juste parce qu'elle s'est souvenu." => Seulement si Dan' dénonce les criminels il sera direct foutu au trou pour ça ou même tué puisque personne ne remet en question la manière de penser et de faire de Monsieur puisqu'il est expliqué sur si les Outlaws se font tuer, c'est à titre certes d'exemple, mais aussi parce qu'ils sont dangereux et qu'ils veulent du mal ET à la Cité ET aux gens qui y habitent (enfin c'est ce qu'ils disent et personnes n'est censé connaitre la vérité Very Happy).

• Concernant le jeune militaire qui se souvient dès son réveil, il me semble que ça n'est pas possible puisque la Catharsis ayant TOUT effacé de leur mémoire, il faut au moins un temps avant que le cerveau ne recouvre les souvenirs oubliés. Mais j'veux pas dire de bêtises donc je vais en référer à mes coullègues *out*

Sinon pour moi c'est tout bon! J'aime beaucoup la manière dont tu as décris sa façon de survivre qui, pour moi, reste plausible puisque même si tu le décris comme quelqu'un de surentraîné et hyper résistant, il reste malgré tout humainement fragile aux blessures et à ce qui peut atteindre la santé d'un homme. Bref, pour moi c'est niquel a part les petits détails que je t'ai cité ! J'ai hâte de voir la suite huh

Je laisse les filles ajouter quelque chose si besoin !

Concernant le tatouage, il n'est pas forcément sur le bras non ! tu peux le loger où tu veux tant qu'il soit visible et facile d'accès ! Et je pense que d'autres tatouages d'avant Catharsis sont possibles
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MessageSujet: Re: Daniel 069 03.12.15 12:54

Noté Wink Je modifie pour l'arme à feu (quelles sont les autres armes utilisées par la Milice, d'ailleurs ?)

Je vais aussi repréciser pour son avis sur les criminels... parce que Daniel ne remet pas en cause la manière de penser et de faire de Monsieur, justement, j'ai mal exprimé ma pensée. Il ne comprend pas les exécutions, mais il ne l'exprimera jamais à voix haute. D'ailleurs, il y croit quand on lui dit que les Outlaws sont dangereux, c'est simplement la méthode qu'il trouve bizarre haha

Et pour le jeune qui se souvient, si besoin, j'irai effectivement modifier ça Wink Mais est-ce qu'ils ont gardé leurs réflexes etc. juste après la Catharsis, du coup, ou c'est aussi quelque chose qui revient avec le temps ?

Pour la survie, il sait surtout quand il vaut mieux fuir haha Courageux mais pas téméraire. Je ne compte vraiment pas faire de lui un surhomme, comment pourrais-je lui en mettre plein la tronche sinon ?  mouhahahaha

Et noté pour le tatouage, j'hésite encore sur l'endroit où le mettre (main ? nuque ?) parce que du coup, il aurait pas mal de tatouages d'avant la Catharsis. La plupart serait bien effacés évidemment, mais ce serait compliqué de recouvrir...
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MessageSujet: Re: Daniel 069 05.12.15 11:57

Wesh, salut beau gosse What a Face

En fait Alex a tout dit, j'approuve donc ses remarques.
Sinon j'ai hâte de lire la suite et fin de ta fiche, le début est prometteur et comme d'hab, bien écrit Very Happy
On suit tes avancées, t'inquiètes pas, dis-nous quand t'auras changé ce qu'il faut changer What a Face

huh huh huh
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MessageSujet: Re: Daniel 069 05.12.15 14:05

Je valide également ce qu'a dit Alex, pour répondre à ta question, les miliciens utilisent principalement des armes blanches et leurs poings, mais effectivement sur certaines missions, il peut leur être remis des armes à feu voir des explosifs maisons ! En tant que chasseur, je pense que Daniel aura plutôt accès à des armes blanches ou un arc, par contre ce ne seront pas des armes qu'il aura en libre accès, ils ne lui seront remis que lorsqu'il sera envoyé en mission.

Pour les réflexes, ils peuvent en avoir certains au réveil, mais pas tous, je dirais qu'ils reviennent progressivement si jamais ils reviennent tous.

Voila, voila ! Bonne finition en tout cas !
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MessageSujet: Re: Daniel 069 13.12.15 16:33

Désolée du temps passé sans nouvelles, fin de semestre oblige...

C'était pour dire que... ma fiche est (enfin) terminée trognon

J'ai corrigé ce qu'il fallait, et posté la dernière partie de son histoire où il débarque à la Cité. J'espère que ça ira et que j'ai pas dit trop de bêtises caché  !

Wala I love you

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MessageSujet: Re: Daniel 069 13.12.15 19:51

Alors petit bichon !
On va lire tout ça dans la soirée Smile Carter est mega-busy en ce moment mais t'inquiètes paupiette ça va aller vite Very Happy

On te tient au courant !
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MessageSujet: Re: Daniel 069 16.12.15 14:14

Hello ! ronde

Pour moi c'est niquel, je ne vois rien à ajouter ! Aussi bien dans les modifs que dans le dernier chapitre de son histoire ♥️

J'attends que Carter et Bonnie lisent à leur tour pour pouvoir te valider et c'est good ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Daniel 069 20.12.15 14:23

Heeellooooo !
Bon, désolée pour cet arrivage tardif, ça a été une longue semaine pour les trois magnifiques admines que tu auras devant toi car tu est bien entendu... Valideyyy !


Tu es validé !
Prends ton paquetage et ton instinct de survie Dude! Diable


[center]
Bienvenue dans l'antre de la Catharsis..

Félicitation moussaillon ! Après lecture de ta fiche, nous avons le plaisir de t'annoncer que tu fais désormais partie du groupe des « Lambdas » ! Mais ne te réjouis pas trop vite... Tu as encore deux-trois trucs à faire avant d'aller enquiquiner le reste du monde !

Super histoire, personnage intéressant, j'ai hâte de te voir en action ma biche avec ton nouveau venu. C'était super bien écrit en tout cas et je suis contente que tu sois parmi nous Smile Vas-y lance-toi dans le jeu maintenant What a Face

▬ Cours recenser ton avatar Icimais également si tel est le cas, le code numérique que tu auras choisi Ici. Si tu fais partie des raclures des Outlaws, même chemin mais n'oublie pas de nous préciser si tu seras Sédentaires ou Nomades. Il te faudra également nous indiquer via l'utilisation du bon code si tu souhaites faire partie de la Résistance et ainsi, augmenter tes chances de mourir !

▬ N'oublie pas de bien remplir ta fiche de profil afin de faciliter l'accès aux informations de ton personnage !

▬ Pour rendre ta vie encore plus agréable sur le forum et pour que nous puissions tous venir te torturer, dirige toi par Ici ! Cette section est OBLIGATOIRE pour une meilleure intégration et afin que tu ne te sentes pas seul(e) No Parce qu'en plus de ça, on a de l'amour à revendre ange Les autres membres pourront ainsi polluer ta fiche de lien pour te demander d'être ton meilleur pote ou celui qui va faire de ton existence un véritable enfer !

▬ Ceci est facultatif mais tu as aussi la possibilité de te créer ton p'tit agenda ! Oui oui mon p'tit globuleux, c'est ici même que tu pourras nous indiquer toute la chronologie de ton enfant ! Ce qu'il s'est passé, quand, avec qui, pourquoi, comment... Comment ça on s'tape l'incruste dans ta vie ?!

▬ Ah et bien évidemment, n'oublie pas d'aller voter sur les Tops Sites ! Si tu l'fais pas, on te retrouve et on te pète les rotules avant de t'arracher les dents unes à unes Plus sérieusement, la vie d'un forum ne dépend pas que de ses admins... s'il peut ainsi prendre vie c'est en partie grâce à toi ! Donc n'hésite pas à aller voter et à le signaler ici ! Chaque Top-site te rapportera 1 point et te permettra après cumule de demander si tu le souhaite une Intervention dans un de tes rps. Pour plus de détails, dirige toi par là !

▬ Et pour finir, pour éviter que tu ne te perde parmi tout ce dédale d'information, fais un petit tour par là pour te rafraîchir la mémoire

Bien évidemment, si tu as la moindre question, n'hésite pas à nous solliciter, nous sommes là pour ça !

Et maintenant : BON JEU !


code (c) crackle bones - gif (c) Carter

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MessageSujet: Re: Daniel 069 20.12.15 18:59

Iiiik ♥️

Merci ô magnifiques admins trognon Je suis trop impatiente trognon

Je fais mes devoirs dans la soirée (si j'ai fini mes autres devoirs) et c'est parti mon kiki !

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MessageSujet: Re: Daniel 069 20.12.15 19:03

Niiiice Darling !
Bienvenue dans la maison What a Face

I love you I love you I love you I love you
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MessageSujet: Re: Daniel 069

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