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 Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter

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MessageSujet: Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter 18.01.16 8:57


21 avril 5PC
Tombée du jour

Il se redressa et tendit ses bras vers le ciel, étirant longuement les muscles noueux de ses épaules et de son dos. Parfois, il se demandait s'il pourrait un jour toucher la voûte céleste orangée, par exemple en grimpant au sommet des plus hautes montagnes du continent, ces immenses mottes de pierres et de terre recouvertes d'une végétation inouïe ; des zones dangereuses où il ne s'était jamais risqué. Était-ce possible, aurait-il le courage de partir dans une telle aventure ? Un jour, peut-être. Et les oiseaux ? Les oiseaux touchaient-ils le ciel lorsqu'ils volaient au plus près du soleil ?

L'homme contempla un instant les nuages qui défilaient au-dessus de sa tête, épars, traces d'une pluie absente. La nature se réveillait après l'hiver et s'épanouissait sous le soleil d'avril ; la végétation était luxuriante. Bientôt, la faune surexcitée allait commencer sa valse des amours pour entamer la production de la nouvelle génération. C'était fascinant, cette façon qu'avaient les animaux de se tourner autour pour, au final, arriver à créer de nouvelles vies en les séparant d'eux-mêmes. Daniel était contraint d'épargner les femelles engrossées, mais c'était la règle du jeu pour que le renouvellement se fasse. Un monde fascinant.

Daniel sauta de sa branche haute et se réceptionna avec souplesse au sol, où l'attendaient patiemment ses prises de la journée. Morts, même les prédateurs les plus nerveux devenaient patients. Il était bientôt l'heure de rentrer et il n'avait pas envie d'être en retard au point de rendez-vous. On le lui répétait assez souvent pour que l'information se soit gravée dans son esprit : s'il n'était pas à l'heure ou qu'il désobéissait, ça sonnerait la fin de ces quelques heures de liberté absolue auxquelles il avait pris goût. Plus précisément, il n'avait jamais perdu son besoin de liberté, mais cette situation à cheval entre la sécurité de la Cité et l'ivresse de l'extérieur valait de l'or. Sortir d'entre les murs de la Cité, courir à travers bois, puis rentrer au bercail avec ses prises de la journée et pouvoir dormir sur ses deux oreilles... En plus de cela, l'action était gratifiante car il participait à nourrir la Cité : il n'aurait voulu perdre ça pour rien au monde.

Il prit quelques minutes pour frotter soigneusement la lame de son couteau avant de le ranger dans son étui, puis il s'empara des carcasses sans vie de ses prises – avec une certaine déférence – et revint sur ses pas. Daniel rejoignit rapidement le point de rendez-vous et le milicien apathique chargé de le récupérer. Il ne s'intéressait pas à ses accompagnateurs, en règle générale. Trop obnubilé par l'envie de retourner un instant au sauvage, il en oubliait parfois qu'il n'était pas seul le temps d'atteindre la zone de chasse, autant dire que ce n'était pas le meilleur moment pour créer des liens. Si encore ses accompagnateurs avaient possédé des quelconques connaissances en chasse, ils auraient pu causer...

Les murs de la Cité se dessinèrent bientôt à l'horizon. Ils croisèrent d'autres chasseurs avec qui ils finirent le chemin, mais Daniel restait en retrait avec ses prises, silencieux. Certains d'entre eux se permettaient de faire de la chasse un concours de force, dans le dos des miliciens. L'homme n'acceptait pas cette vision de la faune comme un simple outil dont on peut user pour son plaisir. Il avait trop longtemps vécu dans leur monde, en leur compagnie, et il estimait que l'humain, aussi intelligent et outillé soit-il, n'avait pas à mépriser ce que la nature leur offrait. Alors il traçait sans se soucier d'eux.

Sans se demander, non plus, à quel monde il appartenait vraiment. Sans se poser la question de savoir si les exécutions qui avaient eu lieu sur la Place quelques jours plus tôt étaient justifiées ou si c'était du gâchis, comme ces chasseurs qui tuaient pour la quantité. C'était plus simple de rester en retrait, simple observateur faisant acte de présence, ni heureux ni dégoûté de toute cette barbarie humaine. Juste là. S'il avait pu imaginer redevenir un jour aussi sage et discipliné.

Passage par les locaux de la milice. Il déposa ses proies avec celles des autres, sous la surveillance des miliciens chargés de vérifier la chasse. La pièce avait une odeur de viande froide, de sang et de mort, donnant à la zone une ambiance particulière qu'ils étaient peu à supporter vraiment. Puis il rendit ses armes de chasse, son couteau, ses rares pièges fabriqués de matériaux humains. Souvent, il utilisait le terrain pour chasser mais il devait avouer que certains objets étaient bien pratiques et réduisaient l'effort à fournir, lui laissant le temps de se balader un peu. Mais bon, il n'abusait jamais, et même s'il mangeait parfois un peu pendant sa chasse, profitant d'avoir un peu plus de choix que lors du rationnement, c'était tellement peu que personne n'y faisait attention.

Il répondit aux questions sur le déroulement de la chasse par quelques phrases succinctes et finit par sortir à l'air libre. Il faisait encore bon en ce début de soirée. Daniel se promena un instant dans la zone de la milice et passa près des terrains d'entrainement. Après un regard autour de lui, il bifurqua légèrement et se dirigea vers l'espace d'entrainement où une silhouette s'exerçait. Il s'assit à l'écart, à même la terre battue, prit un peu de poussière entre ses mains et entreprit de frotter ses mains et ses avants-bras pour en effacer les quelques traces de boue et de sang de sa chasse.

En même temps, il observait la jeune femme qui travaillait son corps. Il l'avait déjà vue, elle était sur la place lors de l'exécution des Outlaws, elle avait même été décorée pour sa mission. Étrangement, observer les gens s'exercer le passionnait. Il aimait être lui-même en action mais il possédait une lecture particulière des mouvements d'attaque. Comme si ça avait toujours fait partie de sa vie, petit élément familier, télévision sans électricité, ça lui faisait du bien. Donc il observait, silencieux comme une tombe, comme d'habitude.
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MessageSujet: Re: Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter 27.01.16 22:55

Mens sana in corpore sano

Daniel Feat Carter
@-byendlesslove

Cette dernière mission, celle dont tout le monde parlait, celle pour laquelle elle avait été récompensé et acclamé était aussi celle qui lui avait laissé un goût amer dans la bouche, pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ? Elle ne saurait vraiment le dire mais force était de constater que c’était ces temps-ci la dernière pensée qu’il s’affichait à elle avant de s’endormir. Cette tâche n’avait pourtant rien de bien différent, des Outlaws, elle en avait vaincu d’autres avant ceux-là, elle en avait aussi vu quelques poignées réussir à se faire la malle, mais cette fois-ci, quelque chose ne lui semblait pas à sa place et elle avait beau refaire la mission en long, en large et en travers rien ne semblait sortir du décor habituel et pourtant…

Il s’était maintenant écoulé plusieurs jours, plusieurs semaines depuis leur escapade en terrain extérieur et le calme et les entrainements avaient repris leurs cours, on avait beau les avoir eu féliciter, ils n’en avaient pas pour autant gagner de s’exercer contre l’ennemie plus qu’à l’accoutumer alors à défaut la jeune femme s’entraînait plus que de raison. Il fallait bien s’occuper. Elle avait passé une bonne partie de la journée à étudier les différentes tactiques et à chaperonner quelques nouvelles recrues, aucune ne lui avait été affectée personnellement cette fois-ci et elle n’en était pas mécontente, si elle aimait partager son expérience et ses connaissances, elle n’avait guère de patience et finissait toujours par s’ennuyer, voir, même s’agacer et ce n’était pas pour aider à sa réputation de pseudo-rebelle. A contrario, Alexander qui lui, avait hérité d’une recrue semblait être bien plus doué pour formater les jeunes esprits qu’elle et c’était là chose bien étonnante, elle en était la première surprise pour être honnête, elle ne l’aurait jamais imaginé capable de prendre en charge et de s’impliquer pour quelqu’un d’autre que lui-même sans vouloir lui coller une image néfaste, mais force était de constater qu’il n’était pas la personne la plus désintéressée du coin.

Assise sur une des marches des gradins, Carter observait le terrain intérieur d’entraînement se vider petit à petit de ses occupants, elle aimait cette heure de la journée, celle où chacun désertait les lieux, elle appréciait le silence qui s’instaurait petit à petit et la lumière descendante qui permettait à sa vision de s’accroître lentement, c’était lorsque tout ce petit monde s’éteignait et rentrait se mettre à l’abri qu’elle s’éveillait enfin, elle avait toujours été un oiseau de nuit et catharsis ou non, souvenirs enfouis ou non, certaines choses ne changeaient pas. La jeune femme finit par se lever suivant à pas de loup le dernier de ses camarades vers les vestiaires et alors que la plupart regagnaient leurs uniformes, elle, se contenta de déposer ses affaires et les notes qu’elle avait prise.

« T’as besoin de compagnie Carter ? »
Pas franchement besoin de se retourner pour savoir qui lui parlait, Jake cette espèce de pseudo-apollon qui passait son temps à se pavaner et à flirter avec toutes les filles qui passaient, un sous Alexander pour faire court, excepter qu’a contrario de son partenaire ce type était insupportable, mais il semblait aimer cette image qu’il se plaisait a peaufiner jour après jour. Elle se retourna, lui adressa un sourire forcé et posa ses mains sur ses hanches.

« Je me passerai volontiers de la tienne Jake et puis tu ne tiendrais pas cinq minutes face à moi, tu le sais, je le sais…Ce serait dommage de fissurer ton image de grand gaillard non ? »

Touché ! À en croire son visage qui s’était crispé l’espace d’une seconde, son regard se dirigea de la gauche vers la droite, vérifiant que personne n’avait entendu cette réplique qu’il n’était pas forcément celle qu’il avait espéré et pourtant, ce n’était pas la première fois que la jeune femme le rembarrait de la sorte.

« Pas la peine de jouer les intouchables Carter, tout le monde sait que si tu en es là ou tu en es, c’est parce que tu as tes petits passe-droits. »

La petite brune écoutait avec amusement tandis qu’elle nouait ses cheveux en une queue-de-cheval haute.

« Si tu le dis… »

Elle n’avait pas envie d’entrer dans ce type de débat puéril, ce type n’était qu’un tas de muscles sans cerveau et elle n’avait pas de temps à perdre avec lui. Elle enfila donc un t-shirt à manches longues d’un bleu quelque peu délavé et se dirigea vers la sortie. Elle rejoignit rapidement le terrain extérieur ou elle avait l’habitude de courir, c’était ce qu’elle préférait, elle aimait la sensation de liberté que lui procurait la course, la concentration que cela lui demandait et l’effort qui s’infiltrait dans chaque parcelle de son corps. Après quelques étirements effectués avec précision, elle s’élança sur la piste et oublia tout ce qui pouvait bien se trouver autour, tous les doutes qui infiltraient son esprit dernièrement, il n’y avait plus que le poids de ses pas contre le sol sableux et le bruit régulier de sa respiration.

Il lui fallut quelques dizaines de minutes, peut-être plus avant de se rendre compte qu’elle n’était pas seule sur ce terrain, une silhouette était perceptible à l’autre bout de l’esplanade et si elle avait tout d’abord essayé de s’en détacher, elle était intriguée et un tant soit peu irrité, elle n’aimait pas beaucoup être observée de la sorte, aussi après avoir repris son souffle, elle reprit sa course a pas mesuré se dirigeant cette fois-ci vers l’homme silencieux assis un peu plus loin. Ses foulées ralentirent progressivement jusqu'à s’arrêter complétement devant celui qui ne semblait pas vraiment s’inquiéter d’avoir été repéré.

« Je peux vous aidez ? Cet espace est réservé à la milice et je ne pense pas vous avoir déjà vu au sein de nos rangs. » Avait-elle lancé sur un ton qui sonnait quelque peu dédaigneux. Ce type qu’importe qui il était, n’était certainement pas un des leurs, il suffisait de jeter un rapide coup d’œil à sa posture, ses vêtements, mais aussi à l’air peint sur son visage pour s’en rendre compte. Il avait une allure un peu sauvage, pas désagréable mais peu commune et si elle pouvait affirmer que là n’était pas sa place, elle avait pour autant l’impression qu’il ne lui était pas inconnu, seulement impossible de le remettre dans l’immédiat.

Elle se redressa, continuant d’observer son vis-à-vis avec intérêt.

« Qui plus est, on ne vous a jamais dit qu’il était impoli d’observer les gens sans y avoir été invité ? »

En réalité, elle n’était pas vraiment incommodée par sa présence, ni vraiment attacher aux règles de bienséance, mais elle se sentait obliger de trouver justification de sa présence, juste au cas où…


Dernière édition par Carter 029 le 31.01.16 1:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter 30.01.16 14:41

Elle mit dix minutes, dix longues minutes, à se rendre compte de la présence de Daniel sur le bord du terrain d'entrainement. L'homme était impressionné par le temps que pouvaient mettre les gens à capter qu'ils étaient observés. La plupart des humains étaient généralement trop obnubilés par leur action, pris par le mouvement pour rester en alerte. La milicienne, elle, était restée tout entière dans sa course pendant ces longues minutes avant que son corps se reconnecte au monde extérieur. Elle avait toutefois une excuse de poids : Daniel savait à quel point la course pouvait vider le cerveau et nous submerger d'un sentiment de plénitude complètement fou. Même lui peinait à rester attentif à ce qui l'entourait lorsqu'il courait à travers bois ; à croire que l'humain, même rôdé à l'exercice de la survie, n'était pas né pour être infaillible. Mais quand il observait, c'était autre chose, il s'effaçait du monde, se fondant dans le décor comme un arbre dans une forêt. Immobile, il pouvait tout voir, tout entendre sans que sa présence ne soit facilement décelable – par un regard humain, du moins.

Alors certes, un arbre sur un terrain d'entraînement plat, ce n'était pas très discret, mais il se fichait bien d'être remarqué par la jeune femme. Il ne connaissait pas la peur du regard de l'autre, au sens humain du terme. En dix minutes, il avait eu le temps d'effacer l'essentiel des traces de sang sur ses mains et sous ses ongles ; les manches de son haut relevées jusqu'au-dessus de ses coudes, il était en train de grattouiller un des nombreux tatouages encrés dans l'épiderme de ses avants-bras lorsque la fille en plein entraînement bifurqua dans sa direction et s'approcha en ralentissant sa course. Il releva un regard neutre et serein vers elle. Il ne faisait rien de mal. La milicienne au haut bleu délavé, désarmée et loin de faire preuve d'animosité à son égard, n'était pas une menace.

Elle ne lui faisait pas peur, donc. Certes, il baissait la tête comme il se doit devant l'entité Milice, sachant pertinemment qu'il en allait de sa survie au sein du système, mais les représentants de l'ordre l'effrayaient moins qu'avant. Un milicien, au fond, c'était simplement un humain avec un uniforme et des armes, un humain avec lequel on pouvait entretenir des rapports cordiaux pourvu que l'on se plie aux règles. On pouvait bien jouer avec un loup, pourvu que l'on ait gagné son respect et celui de sa meute. Bon, certes, il n'avait jamais fait la connerie d'essayer avec les loups sauvages qui traînaient dans la h, mais ça l'avait souvent tenté. L'humain civilisé restait vachement plus accessible à ce niveau-là, en tout cas, il avait moins de risques de se faire arracher la gorge d'un coup de crocs. Et vue de plus près, la milicienne n'avait vraiment rien d'une bête féroce. Elle était même plutôt agréable à regarder... Il était en train de la dévisager effrontément lorsqu'elle l'alpaga.

- Je peux vous aider ? Cet espace est réservé à la milice et je ne pense pas vous avoir déjà vu au sein de nos rangs.

Ton dédaigneux, peu encline à rencontrer une résistance. Peut-être un poil de méfiance, mais à sa façon de se tenir devant lui, sûre d'elle et pas vraiment sur ses gardes, elle ne semblait pas vraiment énervée par la présence du civil. Daniel se frotta la joue, grattant ses poils de barbe ras et drus, détourna significativement le regard pour signifier qu'il n'était pas dans l'affrontement. Maintenir un contact visuel avec une bête signifiait généralement une méfiance, mais ce n'était pas son cas. Il releva ses yeux bleus vers elle et les fossettes de ses joues se creusèrent légèrement. Autrement dit, il lui offrait un bout de sourire, pas hyper concluant mais un sourire quand même.

- Qui plus est, on ne vous a jamais dit qu'il était impoli d'observer les gens sans y avoir été invité ?

Il plissa les yeux, accentuant les ridules sur ses tempes, l'air de ne pas comprendre de quoi il était question. C'était de l'impolitesse d'observer ? Ce fut à ce moment-là que l'ampoule de la socialisation s'alluma enfin dans sa tête. Il capta qu'il était peut-être censé répondre avec des mots. Il se racla la gorge. Même s'il était là depuis deux ans, il était encore peu habitué à taper la discussion avec des pairs et il lui arrivait d'oublier qu'il possédait des fonctions langagières riches pour entrer en contact et transmettre des idées. Le début d'un échange était toujours la partie la plus compliquée. Sa voix en ressortit un peu rauque sur les premiers mots, avant de s'adoucir.

- Non, on ne m'a jamais dit que c'était impoli, je crois, répondit-il sans détour.

Ou peut-être avait-il oublié. En deux ans, il avait appris tellement de trucs que ça se mélangeait parfois dans son crâne. Il n'était pas aussi socialement adapté que la plupart des Citéens et les personnes qui lui étaient les plus proches semblaient ne plus vraiment y faire attention, donc il oubliait certainement tout un tas de règles de bienséance. La politesse, la courtoisie, les préceptes, en plus des besoins immédiats... Tant pis. Il aurait peut-être dû s'excuser, mais ça ne lui vint pas vraiment à l'esprit, tandis qu'il se concentrait sur ce qu'elle avait dit ne premier.

- Effectivement, je ne suis pas de la milice. Je suis chasseur. Nous venons de rentrer et je suis venu déposer mes prises... Il s'arrêta pour montrer le bâtiment d'où il venait. Je me suis simplement arrêté un peu avant de rentrer.

Il ne montrait pas l'once d'un remord et n'avait même pas esquissé un geste pour se relever et partir. Ça lui était déjà arrivé de se poser cinq minutes avant de repartir, parce qu'il y avait toujours plein d'animation dans les quartiers de la milice. Ça le fascinait, et parfois, il se sentait presque bien dans cet espace où régnaient l'ordre et la discipline. Il n'avait jamais eu d'ennuis pour ça ; en tout cas, pas uniquement pour ça. C'est vrai que frapper un milicien de mauvais poil, ce n'était pas une idée fameuse, mais ça devait bien faire six mois qu'il n'avait pas causé un incident du genre. Son regard se perdit un instant sur la nuque de la jeune femme, découverte par ses cheveux noués en queue de cheval, puis il reprit le fil de sa pensée.

- Vous avec une jolie foulée, très régulière. C'est très agréable à regarder.

Oui, on avait vu mieux en matière de compliment, mais c'était un effort fou venant de lui. Certes, c'était sincère, mais émettre un compliment à l'oral était une habitude qu'il peinait à prendre. Il changea de position pour se mettre en tailleur, position peu aisée car il manquait un peu de souplesse, et attrapa ses chevilles pour garder son dos bien droit.

- Je trouve quand même que courir dans la nature est beaucoup plus agréable, le cadre est plus sympathique. Et c'est tout de suite plus compliqué d'observer quelqu'un en pleine forêt... vous ne trouvez pas ?

La remarque était sortie comme ça, reflet sans artifice de son ressenti personnel. Daniel, pince sans rire, gardait un regard tranquille, sans sourire. En même temps, c'est vrai qu'il aurait rencontré des difficultés à observer la jeune femme s'exercer en pleine nature...

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Le tireur en action est l'image de l'Homme
dans la plénitude de ses moyens physiques et intellectuels.
▬ Comte Pierre de Baruzy
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MessageSujet: Re: Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter 07.02.16 1:04

Cet homme était on ne peut plus, étrange, il restait là, impassible, à la regarder sans dire un mot, son comportement était à la fois intriguant et déstabilisant, rien à voir avec le genre qu’elle avait l’habitude de côtoyer entre ses murs, un détail supplémentaire qui confirmait sa première intuition qu’il ne faisait décemment pas partie de la milice. Lorsqu’elle s’aperçut qu’elle le dévisageait-elle aussi, elle ne détourna pas le regard, mais relâcha un peu sa posture l’espace de quelques secondes avant de croiser ses bras contre sa poitrine attendant une réponse qui semblait se préparer, mais se voulait sans doute réfléchie, dommage pour lui, la brunette n’était pas du genre particulièrement patiente.

Non, on ne m'a jamais dit que c'était impoli, je crois

Sa réponse la laissa un peu pantoise et elle se contenta de hausser les sourcils en penchant un peu la tête, elle s’attendait plutôt à ce qu’il trouve une quelconque excuse, qu’il nie ou qu’il lui sorte un blabla typique, en d’autres termes ce que la plupart de ses camarades auraient fait à sa place, mais de toute évidence, il n’était pas de la même trempe. La jeune femme reste muette attendant qu’il continue, elle n’avait après tout toujours pas l’explication de sa présence sur les lieux réserver à ses semblables et s’imaginait déjà obliger d’interrompre son temps d’entraînement pour l’escorter jusqu'à la sortie en bon et due forme. Finalement, il se présenta comme un chasseur et c’est au moment même ou il formula son identité que l’image d’une précédente escorte lui revint en mémoire, c’était donc pour cela qu’il ne lui semblait pas inconnu, elle l’avait en réalité déjà rencontré même si à sa connaissance, ils ne s’étaient pas réellement entretenue jusque-là. Rien d’étonnant, accompagné les chasseurs sur leur lieu de traque représentait pour elle une véritable corvée, elle était persuadée de valoir bien mieux qu'un vague et triste titre de baby-sitter pour des hommes qu’elle considérait comme bien inférieur à elle. Ce n’était pas par méchanceté ou par nombrilisme, c’était juste la hiérarchie qui leur avait été inculquée de primes abord. Elle imaginait donc sans mal qu’elle avait dû se révéler froide et désintéressé lorsqu’elle avait pour la première fois croisé son chemin, peut-être même n’avait-il pas retenu ni son nom, ni les traits de son visage, ce qui a bien y réfléchir était peu probable, l’homme qui lui faisait face semblait très observateur à en croire les pauses qu’il prenait avant de parler. Une fois de plus, il en apposa une et fixa Carter qui lui lança un regard interrogatif qu’il ne sembla même pas percevoir.

« Voilà qui explique que vous soyez arrivé jusqu’ici, cependant, je suis navré de devoir vous inviter a ne pas trop traîner dans le coin, vous chasseurs êtes censé quitter les lieux une fois votre rapport de mission remis, enfin, je ne pense pas vous apprendre quelque chose en vous disant cela. »

Vous avec une jolie foulée, très régulière. C'est très agréable à regarder.

Elle laissa échapper un hoquet de surprise et un sourire amusé, c’était bien la première fois que quelqu’un la complimentait sur sa façon de courir et ce n’était certainement pas la réponse qu’elle avait imaginée, mais c’était une bonne façon de dévier la remarque.

« Hum merci, je crois… »
Elle chercha quelque chose de plus à dire, mais honnêtement rien ne lui passa par la tête à l’instant T, elle jeta un coup d’œil rapide à droite, puis à gauche, histoire de voir si personne ne traînait dans le coin ou peut-être pour avoir l’air de faire quelque chose au lieu de rester planter là sans vraiment savoir quoi dire. Heureusement pour la demoiselle, Daniel reprit la parole presque comme s'il avait deviné qu’elle ne décrocherait pas un mot de plus. Il changea de position et entrepris de lui donner son opinion sur l’endroit le plus agréable pour s’exercer et bien qu’elle n’eut jamais eu l’opportunité de s’exercer en pleine forêt, mise à part en condition de véritable combat et cela va sans dire que de telles circonstances ne permettaient pas vraiment de profiter de l’instant. il lui était donc évident que l'homme avait sans aucun doute raison, c’était d’autant plus aventureux que sur un terrain aussi plat que celui-ci, pas de surprise, pas de changement de décor, pas de challenge. Présenté comme ca, rien ne sonnait plus ennuyant et pourtant, c’était pour Carter un moment qu’elle continuait d'apprécier chaque jour avec autant d’ardeur que le précédent.

« Je ne vous contredirais certainement pas sur le sujet même si comme vous l’imaginez, je n’ai pas vraiment l’opportunité de m’entraîner en dehors de ce terrain aussi plat et monotone, soit-il, mais je vous crois sur parole, vous qui en avez bien l’habitude. »
lui répondit elle en balançant mollement son bras vers le terrain de fortune.

Elle lui adressa un sourire qui ne resta pas bien longtemps sur ses lèvres, elle n’était pas vraiment du genre à les distribuer et il était bien souvent furtif, exception faite des moments où elle se retrouvait seule avec Alexander, lui seul avait l’art et la manière de la faire se détendre et oublier les codes et le réglementaire. La jeune milicienne leva les yeux vers le ciel pour observer la position du soleil qui déclinait à vu d’œil, le moment parfait pour courir et la raison de sa présence à cette heure précise où le reste de son clan fuyait les lieux.

« Pas que je n’apprécie pas votre conversation, mais j’ai un entraînement à poursuivre alors si vous avez autre chose à me dire faite le en courant. Quitte à être là, autant ne pas rester immobile assis dans la poussière ! » lui lança-t-elle sans vraiment attendre sa réponse en se relançant en direction de la piste tracée sommairement par les passages répétés des pieds de ses occupants.

Il était temps de voir si le chasseur allait quitter les lieux ou s’il était partant pour un peu de challenge.
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MessageSujet: Re: Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter 18.02.16 11:44

Une femme impatiente. Elle croisa les bras, se fermant en partie au dialogue, envoyant un tas de signaux d'alerte. Daniel se rendit compte qu'effectivement, il était de bon ton de répondre à la milicienne. Ses paroles n'eurent pas l'effet escompté, comme s'il répondait en décalage. Ce n'était pas tout à fait faux. Il n'avait pas les filtres habituels. Il savait mentir mais en l'occurrence, il ne voyait pas l'intérêt de se trouver des excuses puisqu'il se pensait dans son bon droit. Ah l'innocence. Lorsqu'il expliqua qu'il était chasseur, elle sembla se détendre. En même temps, il lui semblait l'avoir déjà croisée dans le cadre de la chasse. Elle l'avait peut-être déjà accompagné jusqu'aux terrains de chasse, mais il ne pouvait pas en être sûr. Il ne faisait jamais attention à ses accompagnateurs. À côté de la forêt et de la perspective de la chasse, une discussion avec eux ne valait pas le poids. Certains se vexaient, mais elle semblait ne pas lui en vouloir s'il avait été froid à ce moment-là. Il l'aimait bien. Certes, elle avait participé à l'exécution publique qui avait eu lieu quelques jours plus tôt mais Daniel n'était pas franchement rancunier sur ce genre de choses. Instant d'arrêt. Sensation étrange au creux du ventre. La jeune femme le sortit de ses pensées.

- Voilà qui explique que vous soyez arrivé jusqu’ici, cependant, je suis navré de devoir vous inviter a ne pas trop traîner dans le coin, vous chasseurs êtes censé quitter les lieux une fois votre rapport de mission remis, enfin, je ne pense pas vous apprendre quelque chose en vous disant cela.

Effectivement, il n'apprenait rien. Il avait bien enregistré qu'il ne devait pas trop traîner dans les quartiers de la milice sans autorisation, car cette information touchait à quelque chose d'important pour lui. Mémoire sélective. Parmi la tonne d'informations à retenir, il faisait ce qu'il pouvait mais tout ce qui se rapportait à la chasse prenait beaucoup plus d'importance que le reste depuis qu'il avait eu le poste. Il changea de sujet sans transition aucune. La milicienne sourit, un peu surprise.

- Hum merci, je crois…

Il venait de la mettre un peu mal à l'aise. Ça le fit sourire. Pas un sourire pervers, non, c'était simplement drôle de voir les réactions des gens à ce qu'il pouvait leur dire. Les humains possédaient une palette illimitée de réactions, l'avantage de la richesse du langage. Il continua sur sa lancée et lança le débat sur l'intérêt de courir en pleine nature. Elle avait déjà dû le faire, rien que lors de ses missions. Courir en situation de chasse ou juste pour le plaisir, pour Daniel, c'était strictement la même chose. C'était la même sensation d'excitation, la même adrénaline, il n'y avait que le dosage et la durée qui changeaient. Contre toute attente, le sujet de conversation trouva son interlocuteur. C'était un hasard de tomber sur quelqu'un avec qui il pouvait parler de ça, et il comptait en profiter un peu avant de partir. Quitte à se sociabiliser, autant de faire plaisir.

- Je ne vous contredirais certainement pas sur le sujet même si comme vous l’imaginez, je n’ai pas vraiment l’opportunité de m’entraîner en dehors de ce terrain aussi plat et monotone, soit-il, mais je vous crois sur parole, vous qui en avez bien l’habitude.
- C'est bien dommage. Mais j'imagine que c'est une question d'habitude, oui. J'ai vécu les premières années post-Catharsis dehors, donc ça me semble plus... naturel de courir en forêt. En général, ça ressemble plus à une course d'obstacles et c'est plus facile de se faire mal, mais c'est tout aussi agréable.

Quoique. En forêt, on est plus alerte, donc on fait plus attention à où on met les pieds. Sur un terrain plat, on baisse sa garde et c'est là que survient l'accident. Daniel avait eu plus de problèmes lorsqu'il circulait à ciel ouvert, tout particulièrement sur les anciennes routes humaines. Les rares imperfections du bitume lui avaient valu quelques cicatrices et il s'était fait attaquer à de nombreuses reprises par toutes sortes de bestioles. La forêt, c'était mieux, donc. La milicienne leva les yeux au ciel, l'air de réfléchir.

- Pas que je n’apprécie pas votre conversation, mais j’ai un entraînement à poursuivre alors si vous avez autre chose à me dire faite le en courant. Quitte à être là, autant ne pas rester immobile assis dans la poussière !

Il n'avait rien à dire de particulier à la milicienne, mais en la voyant s'élancer à nouveau sur le terrain, il fut pris d'une irrépressible envie de la suivre. Il n'avait rien à perdre, et le temps n'avait pas d'importance une fois qu'il avait effectué sa mission de chasseur. Sa vie dans son petit chez-lui Citéen n'était pas folichonne, et comparé à une course, ça ne valait même pas le coup de jouer au citoyen modèle prêt à rentrer sagement. Il se redressa prestement, secoua ses jambes dont les muscles chauffaient à cause de l'étirement et s'élança. D'abord une petite foulée pour réactiver ses muscles, puis il piqua un petit sprint pour rattraper la jeune femme et se calqua sur son rythme, le regard droit. Daniel n'allait pas forcément vite lorsqu'il courait, malgré des pics de sprint très raisonnables.

Au fond, l'humain avait cette particularité de n'avoir aucune capacité physique exceptionnelle par rapport à d'autres animaux ; pas de griffes, pas de crocs, pas de carapace, même pas la vitesse... Ce qui leur permettait de se distinguer dans la faune terrestre, c'était leur endurance et leur ruse. S'épuiser d'un seul coup, c'était bête : il fallait y aller doucement sans quitter sa proie des yeux, mesurer ses efforts, protéger son corps des blessures que l'on obtient lorsqu'on force trop. Une fois que la proie était fatiguée par des journées de fuite, bam, il suffisait de lui tomber dessus. Daniel correspondait exactement à cette idée de l'homme chasseur : mesuré, posé, prêt à piquer le sprint final si nécessaire. Est-ce que la milicienne fonctionnait sur le même schéma ?

Il la devança légèrement et se retourna, courant à reculons, toujours au même rythme. Ça faisait travailler des muscles différents. Il soutint le regard de la jeune femme.

- Au fait, comment vous vous appelez ? Je vous ai déjà vue mais je retiens mal les noms. Moi c'est Daniel. 069.

Il tapota son tatouage sous son oreille droite pour appuyer ses propos, trébucha et se rattrapa avant de se vautrer dans la poussière. Quand il disait qu'il se avait plus tendance à se faire mal sur les terrains plats... ça l'incitait à faire le pitre. Heureusement qu'il avait un bon équilibre. Il lâcha un petit sourire mutin, comme pour s'excuser d'avoir failli se faire mal, puis repris la parole sur le ton de la conversation.

- Vous pouvez tenir combien de temps à ce rythme ?

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MessageSujet: Re: Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter 24.02.16 23:33

Carter s’élança, ne laissant pas à son interlocuteur le loisir de répondre, s’il l’avait fait ses mots s’étaient sans doute perdu au gré du vent, après tout, peu lui importait qu’il s’élance derrière elle ou décide de regagner la cité avant que la nuit ne fût tombée. Elle n’aimait pas vraiment du genre à s’entraîner avec quelqu’un sauf lorsqu’il s’agissait de tremper dans le combat et pour ca, elle avait déjà un partenaire de choix. Elle appréciait le fait que jamais il n’avait pris de gants ou ne se limitait lorsqu’il se battait avec elle et autant dire qu’elle non plus ne se limitait jamais lorsqu’il s’agissait de gagner et d’être la meilleure. C’est sans doute pour cela que leur duo fonctionnait aussi bien, ils repoussaient les limites de l’autre toujours un peu plus loin chaque jour.

Elle réfléchissait à ce qu’il lui avait dit sur la forêt et son regard se porta sur le sol friable, mélange de sable et de terre qui laissait derrière chacun de ses pas, un mince nuage de poussière, elle regrettait presque que ce terrain qu’elle arpentait chaque jour avec tant d’ardeur ne soit si ennuyeux maintenant. La forêt était un endroit qu’elle aimait même si l’accès qu’elle y avait était en général lié à une mission qu’elle soit d’attaque ou d’escorte et autant dire qu’elle n’avait guère le loisir de s’y promener et leur sortie de la cité étaient complétement prohibé en dehors de ces évènements dit exceptionnels et pourtant lorsqu’elle avait la chance de pouvoir profiter de quelques minutes dans ces espaces infinis et verdoyants, elle avait l’impression de respirer, que le monde qui se livrait à elle ne se limitait finalement plus aux règles et aux murs qui l’enfermait et régissait cette vie qui était la sienne.

Le chasseur la rattrapa bien vite, ce qui l’agaça sans qu’elle n’en laisse percevoir le moindre signe, puis elle se rassura en se disant qu’un départ aussi furtif ne laissait en général peu de chance au corps de se maintenir aussi constante sur une durée plus considérable et si ces calculs étaient bon, il ne tiendrait pas aussi longtemps qu’elle sur cette esplanade. Elle maintint sa cadence, pas plus rapide, pas moins vite, ce juste équilibre qu’elle connaissait bien, son rythme de croisière en somme, celui qui faisait monter l’adrénaline lentement, poussait son souffle un peu plus loin, accélérait les battements de son cœur jusqu'à ce qu’elle le sente vibrer dans sa poitrine. Courir lui permettait d’oublier tout, d’empêcher son cerveau de penser, de se questionner, si ce n’était sur la meilleure façon de s’alimenter en oxygène. L’homme la dépassa avec une facilité déconcertante, bien qu’elle se maintînt à une fréquence relativement fatigante pour les non-initiés et se retournât, continuant à avancer a contre sens pour lui faire face.

Au fait, comment vous vous appelez ? Je vous ai déjà vue mais je retiens mal les noms. Moi c'est Daniel. 069.

Il l’amusait au final, dans un sens ou personne ne l’avait amusé auparavant. Il semblait tellement étranger aux codes sociaux qui se pratiquaient dans la cité, un véritable ovni au milieu de ceux qui semblaient tous sortir du même moule, celui de Monsieur, celui de la cité, celui que l’on attendait. Daniel puisque tel était son nom se montrait trop familier, trop curieux et surtout un tantinet envahissant, mais de tout cela, il ne semblait se rendre compte, il agissait avec un naturel déconcertant que Carter trouvait très récréatif, c’était rafraichissant. C’est sans doute pourquoi il était encore là et pas au pied de la porte des quartiers de la milice, peut-être qu’il pouvait lui apporter un peu de divertissement ce qui en ce moment ne serait pas nécessairement du luxe.

« Je m’appelle Carter 029, essayez de ranger cette information, quelque part là-dedans… » lui envoya t-elle en tapotant son index contre sa tête. « je n’aime pas me répéter, je trouve ca particulièrement agaçant. »

Peut-être déstabilisé ou simplement distrait, il trébuche et manque de tomber de tout son long sur le sol, mais dans un réflexe remarquable se rattrape et continue sa course.

« Vous pouvez tenir combien de temps à ce rythme ? »

Elle lui rendit le sourire qu’il lui tendit, il semblait que la jeune femme d’habitude si formelle face au gens qu’elle ne connaissait pas commençait à se dérider. Un exploit cher Daniel, un exploit !

« Longtemps. Plus longtemps que la plupart des gens et je dis ca avec la plus grande modestie, la question, c’est de savoir combien de temps vous pouvez tenir ? Vous dites avoir vécu plusieurs années en dehors des murs de la cité, cela a dû vous demander de courir vite et longtemps… »

Elle était intriguée par le personnage, vivre aussi longtemps en autarcie, sans ressources et seul était un véritable coup de maître, cela démontrait sans doute une volonté de fer et une motivation à toute épreuve et l’histoire de cet homme qu’elle ne connaissait pas, commençait à provoquer chez elle un certain nombre de questionnements.

« Pourquoi être resté en isolement autant de temps ? »

Au diable les conventions, s'il ne montrait de l’intérêt pour aucune d’entre elles, pourquoi devrait-elle se limiter ? Elle accéléra sa cadence et dépassa à son tour son adversaire après tout cela restait une course, sur la longueur certes, mais une course qu’elle ne comptait pas perdre.
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MessageSujet: Re: Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter 13.03.16 12:45

Daniel suivait le rythme sans mal. La milicienne courait à un rythme régulier, sans forcer, rien d'insurmontable. Évidemment, à reculons, cela complexifiait la chose mais ça aurait été dommage de se contenter de courir sagement à côté d'elle. Malgré son statut, l'homme n'était pas si lambda que ça. Il se pliait aux règles globales de la Cité mais il était bien plus original, plus spontané que les humains habitués au contact social. Il avait envie de courir, de rester un peu dans la zone de la Milice, alors il ne s'en privait pas, là où d'autres auraient mis leurs envies au placard pour rentrer chez eux... Il faut dire qu'il se sentait bien dans les quartiers militaires, sans se rendre compte que c'était une pure réminiscence de ses habitudes d'avant la Catharsis. Le milicien qui suivait son intégration avait dû noter dans son dossier que Daniel avait certainement été dans les forces armées, dans sa vie précédente. Si Daniel avait su lire les lignes de lettres sur ses papiers d'identité avant qu'on les lui enlève, il l'aurait su, mais ce n'était pas le cas. Pour lui, cette course n'était donc qu'un plaisir parmi d'autres, comme on aime les petits pois ou regarder le soleil se coucher à l'horizon, d'autant plus qu'il ne pouvait refuser la compagnie d'une belle femme – aussi ingénues ses pensées puissent-elles être.

Son interlocutrice semblait amusée par sa façon de réagir. Qu'est-ce qui faisait tant sourire les gens en sa compagnie ? On lui avait déjà dit qu'il n'était pas compliqué et que sa présence avait quelque chose de rafraîchissant. Il se demandait bien ce que c'était dans la tête des gens compliqués, ceux qu'on ne traitait pas de simples d'esprit. Ça devait vraiment être le bordel, sans compter la multitude de contraintes supplémentaires auxquelles ils étaient soumis. Daniel n'avait pas de place pour des considérations très élevées, donc il se posait moins de questions, s'interdisait moins de choses. Il avait enregistré les préceptes, le langage et quelques conventions sociales, et c'était déjà bien. Le reste, c'était de l'impulsion, des réflexes, des envies immédiates qu'il peinait à contraindre. Si ça amusait les gens, tant mieux, il acceptait de passer pour l'imbécile de service pourvu qu'on ne l'empêche pas de vivre. Mais dès qu'on cherchait à lui nuire... il montrait les crocs. Il n'était pas si con que ça.

- Je m’appelle Carter 029, essayez de ranger cette information, quelque part là-dedans… je n’aime pas me répéter, je trouve ça particulièrement agaçant.
- Carter... 0... 2... Il fronça les sourcils l'espace d'une seconde et se détendit. C'est retenu.

La milicienne n'aurait pas à répéter. Daniel enregistrait la musique des mots dans son esprit et pouvait compter sur de bonnes facultés de mémorisation pour ne rien oublier. S'il avait pu l'écrire, ça lui aurait encore plus facilité la vie mais l'homme n'avait jamais vraiment réussi à réapprendre à écrire, lire... et encore moins à compter. Les chiffres, dans son esprit, étaient des mots comme les autres, sans logique particulière. Leur matricule était une partie de leurs noms et rien d'autre, une suite de phonèmes qu'il décomposait au maximum pour tout recomposer dans son esprit. C'était parfois un peu laborieux mais il s'en sortait de mieux en mieux au fil du temps. Il entama la discussion sur la course et le temps que pouvait tenir « Carter 029 ».

- Longtemps. Plus longtemps que la plupart des gens et je dis ca avec la plus grande modestie, la question, c’est de savoir combien de temps vous pouvez tenir ? Vous dites avoir vécu plusieurs années en dehors des murs de la cité, cela a dû vous demander de courir vite et longtemps…

Il ouvrit la bouche et la referma en fronçant les sourcils. Il aurait dû donner un nombre, il en avait conscience, mais il ne calculait jamais le temps qu'il passait à courir le matin. Ou plutôt, il n'avait jamais pensé à demander à quelqu'un de calculer pour lui. Ses performances athlétiques n'avaient jamais intéressé personne, même pas les référents des chasseurs qui attendaient juste de lui qu'il chasse efficacement. Il réfléchit un instant avant de répondre.

- Je pars de la maison au lever du soleil, quand je me réveille. Lorsque je reviens, il fait jour et les commerces ont ouvert. J'essaie de ne pas rouiller mais je fatigue plus vite qu'avant. Je pense que vous tenez plus longtemps que moi.

En même temps, « longtemps », ça voulait tout et rien dire à la fois. Daniel ne distinguait pas les nuances, son seul point de comparaison étant ses temps de courses personnels qu'il n'était même pas fichu de calculer. À l'époque où il vivait dehors, il pouvait courir plusieurs heures à un rythme mesuré, avec des pauses régulières et courtes, sans que ses muscles ne brûlent sous l'assaut d'un effort trop important ; par rapport au commun des mortels, il avait lui aussi une résistance inouïe, mais ça lui semblait tellement normal ! Aujourd'hui, impossible de savoir combien de temps il courait par jour. Son seul repère était la course du soleil dans le ciel d'ocre, et les horaires de travail de la Cité auxquels il se pliait sagement.

- Au-dehors des murs, on ne court pas tant que ça. Pas vite en tout cas. Il s'agit surtout de pouvoir suivre une piste lorsque la proie est rapide, et de savoir se cacher si on nous prend en chasse. J'imagine que courir rapidement sur quelques mètres et grimper dans un arbre est à la portée de tous...

Théoriquement, tout le monde était capable de survivre en pleine nature comme il l'avait fait : c'était un simple mélange entre technique, prudence et coups de chance. Eh oui, Daniel était un homme prudent et il l'assumait pleinement. S'il avait passé ses trois ans en pleine nature à courir comme un dératé, il n'aurait pas été dans le même état en arrivant ici. D'ailleurs, face à certains animaux, mieux valait carrément faire le mort : courir, c'était se faire remarquer, c'était faire de soi une proie évidente. C'était plus rassurant de se mettre en action en cas de danger, mais pas forcément un bon pari. Et puis, contrairement au terrain sur lequel ils évoluaient présentement, la forêt était un terrain riche que l'on pouvait exploiter à l'infini. Savoir pister simplifiait clairement la vie, en-dehors des murs... La milicienne devait connaître les techniques et comprendre où il voulait en venir ; après tout, c'était ses collègues qui avaient attrapé Daniel deux ans plus tôt, après des heures de pistage dans les règles de l'art. Il n'avait rien vu venir avant qu'il ne soit trop tard...

- Pourquoi être resté en isolement autant de temps ?

… En isolement ? Ah, oui. Elle parlait d'isolement pour signifier qu'il avait vécu hors de la Cité pendant tout ce temps. Pour Daniel, l'isolement, ça avait été ces mois enfermé dans une cellule, sous la garde des miliciens. Il s'était senti plus isolé au milieu des siens qu'en pleine nature, au point qu'il avait failli se laisser mourir de faim. Alors que dehors, il y avait la nature, les arbres, les ruisseaux, les autres animaux et les étoiles pour lui tenir compagnie... Carter accéléra la cadence et le doubla. L'homme attendit de savoir quoi répondre avant d'accélérer à son tour pour la rattraper.

- À cette époque, la plupart des humains que j'ai croisés tentaient de me tuer. Ils étaient des ennemis comme les autres.

Il repensa à ces deux femmes qui lui avaient sauvé la vie, quelques années plus tôt. Cet hiver-là, il s'était essayé à la compagnie de ses semblables, des semblables qui se souvenaient, et ça s'était terminé dans un bain de sang. Pas glorieux comme expérience. Il souffla du nez, repensant au charnier vengeur qu'il avait laissé en partant du campement de ceux qui lui avaient pris les deux femmes. Il ne se souvenait même plus de leurs visages, elles étaient devenues un souvenir diffus et mélancolique, un rêve récurrent. Il s'ébroua pour chasser ces mauvaises pensées et lança un regard étrange à Carter, presque absent. Son esprit était retourné à la vie sauvage.

- C'était comme ça. Ce n'était ni bon, ni mauvais, c'était juste comme ça. Vous autres Citéens des premières heures, vous vous êtes réveillés ici et vous vous êtes construits dans la Cité. Moi, je me suis réveillé bien loin d'ici et je me suis construit seul, dans le monde sauvage. Lorsqu'on n'a rien vécu d'autre, on s'y fait, c'est la normalité.

Ce n'était peut-être pas la meilleure chose à dire à une gardienne de la Cité mais c'était la réalité. L'extérieur, c'était sa maison et on l'en avait arraché. Il s'était fait à la Cité depuis, mais on ne se défait pas si facilement de ses trois premières années de souvenirs. Ils venaient de mondes différents et ça ne disparaîtrait sûrement jamais. Il revint à l'instant présent et eut un petit sourire.

- Mais j'avoue que je n'aurais jamais imaginé que l'on puisse fédérer autant d'humains dans une zone si restreinte, avant d'arriver ici. Même les animaux n'arrivent pas à vivre si nombreux sur un même territoire. J'admire le travail de Monsieur et de tout ceux qui le soutiennent dans son entreprise.

Sincère comme tout. Même si son cœur était lié à l'extérieur, au sauvage, il savait reconnaître un modèle bien construit lorsqu'il en avait devant les yeux.

- Vous étiez là aux débuts de la Cité ? Comment c'était ?

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MessageSujet: Re: Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter 13.03.16 23:13

Le son de sa voix parvenait jusqu'à elle et elle l’écoutait sur les grandes lignes en tout cas, elle essayait de rester un minimum concentré sur sa tâche bien que ce ne fût pas chose aisé de faire les deux dans le même temps. C’était au final un bon exercice, quand ils se retrouvaient en mission et qu’il fallait courir pour sa vie ou pour prendre celle d’un de ses immondes traîtres les distractions ne manquaient pas et il était vital de ne pas se laisser avoir par les bruits environnants bien que ceci soit indispensable dans un contexte de combat, on ne sait jamais d’ou viendra le prochain coup, la prochaine attaque ou le dernier souffle de vie. Elle entendait ses propos et ils étaient pour elle plutôt intéressant, non pas de savoir combien de temps il courait dans la journée, ni à quoi ressemblait son programme d’entraînement, car de cela, elle n’avait cure, mais de se rendre compte qu’en dehors de ces murs la cité vivait une toute autre vie que la leur. C’était une chose qu’elle savait, mais qu’elle ne matérialisait pas vraiment, ces gens, elle les croisait tous les jours, elle en côtoyait même certains, en détestait d’autres, mais elle se rendait compte qu’ils ne faisaient pas partie du même univers que le sien quand bien même ils partageaient le même air et la même parcelle de terre.

Elle n’enviait pas leur ignorance, la naïveté de leur quotidien, c’est quelque chose qui ne semblait pas pour elle, elle avait besoin d’avoir une fonction, de se sentir utile, elle avait besoin du stress, de ces étincelles qui flamboyaient dans son estomac avant de partir en mission, de cette motivation et cette adrénaline qui l’envahissait lorsqu’elle combattait et de ce sentiment d’accomplissement lorsqu’elle rentrait à la base en ayant accompli son devoir. La milice était plus qu’une famille, plus qu’un travail, cela faisait partie de qui elle était et elle ne pouvait envisager sa vie autrement, c’est pourquoi elle s’acharnait autant pour être la meilleure.

À la question du pourquoi être resté si longtemps loin de la cité, loin de ses pairs et loin, d’une quelconque image de société, l’homme embraya sur sa vision de la vie post-catharsis, une vision assez similaire à celle qu’elle avait pu avoir, un écho saisissant de ce qu’elle avait vécu quelques années auparavant. Elle le savait la survie à cette époque était tout ce qui faisait le quotidien, la lutte pour comprendre ce qui les entourait, tous ses repères invisibles qu’ils ne pouvaient même pas toucher du bout des doigts, cette peur constante qui leur mangeait les entrailles et la solitude…Cette solitude environnante qui touchait tous et chacun quand bien même ils étaient nombreux a déambuler dans des villes sans vies. C’est sans aucun doute ce qui l’avait rapproché d’Alexander, elle s’était raccrochée à cet homme qui avait été le premier sur lequel s’était poser son regard à son réveil, il avait eu besoin d’elle tout autant qu’elle avait eu besoin de lui pour se relever et avancer bien qu’elle n’ai jamais pris le temps de le lui dire.

Le regard de son interlocuteur se perdit, mais elle ne le nota pas, elle si observatrice en temps normal ne l’était plus en cet instant trop occupé a repenser à une période révolue et lointaine dont elle effaçait le souvenir jour après jour. Il partait du principe qu’elle était une enfant de la cité, que s’était ici que sa renaissance avait eu lieu et elle ne pouvait l’en blâmer après tout elle se fondait désormais dans le décor sans aucun problème, elle avait intégré cette vie et obscurcit l’ancienne pour de bon. Il ne pouvait pas être plus loin de la vérité, ni imaginée tout ce quelle avait dû traversée pour devenir celle qu’elle était.

Il était étrange de voir comme les esprits prenaient des chemins différents, pourtant, ils étaient tout deux des citoyens de la cité, ils étaient tous les deux des enfants de Monsieur et pourtant si Carter se sentait ici chez elle, la cité semblait plus être une prison dorée pour le chasseur. Il avait dû se rendre compte de ce que dégageaient ses propos puisqu’il estima judicieux non pas de les corriger, mais de les préciser, comme si la jeune femme pouvait les retourner contre lui, ce qui en soit n’était pas nécessairement un mensonge.

« Vous étiez là aux débuts de la Cité ? Comment c'était ? »

Elle avait accéléré son rythme avant même qu’il ne se mette à son tour à la questionner, avait-elle vraiment envie de répondre à cette question ? Avait-elle envie de se remémorer tout cela ? Rien n’était moins sûr. Il lui restait toujours la possibilité de mentir, après tout qui le saurait ? Personne, mais curieusement et bien qu’elle ne soit pas la plus loquace lorsqu’il s’agissait de sa vie personnelle, elle appréciait le côté naturel et sans arrière-pensée de Daniel.

« Et bien… Contrairement à ce que vous semblez penser, je ne suis pas d’ici, pas plus que vous visiblement. Et ce que vous me décrivez, est quelque chose que je connais bien, je suis passé par cette étape de désarroi et de survie, j’ai moi aussi dû me battre pour arriver jusqu’ici. »

Elle coupa sa phrase pour continuer de garder son rythme, la respiration était importante et parler ne faisait qu’entraver ses poumons, il lui fallait donc faire preuve de justesse et de mesure dans ses propos.

« Lorsque j’ai enfin franchi les portes de la cité, celle-ci était déjà construite et fonctionnelle, je l’ai découverte formée tout comme vous, bien que nous ne fussions pas à l’époque aussi organisés qu’aujourd’hui. Monsieur a su mettre à profit les nouveaux arrivant au fil du temps.»

Elle éprouvait un respect sans borne pour leur chef, il avait su faire ce dont personne d’autre n’avait été capable, il avait construit un enclos sûr et accueillant et travaillait avec acharnement à le garder sous ces augures bienveillants.

« La nature, ses espaces…je comprends que la cité puisse sembler parfois étriquée, mais ici au moins nous avons un but, Monsieur fait peut-être figure de symbole et de puissance, mais il ne faut pas oublier comme il le dit lui-même que sans nous les préceptes qu’il prêche n’aurait aucun sens. »

Monsieur était un homme de raison, il avait du talent pour les mots et en usait avec parcimonie et mesure, c’est sans doute grâce à eux qu’il avait su rassembler et fédérer ses fidèles.

« Vous finirez par vous rendre compte par vous-même de la chance que vous avez de pouvoir faire partie de cette communauté. »
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MessageSujet: Re: Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter 30.03.16 12:00

Son esprit dérivait légèrement. Il ne semblait pas le seul à se perdre dans l'effort : Carter semblait ne l'écouter que d'une oreille. Daniel ressentait son corps, le choc de la plante de ses pieds contre le sol, la vibration qui se répercutait dans ses os à chaque pas de course. S'il avait pu, il aurait enlevé ses chaussures pour sentir la terre battue sous ses pieds nus, sentir l'air circuler sur sa peau, l'appui de chacun de ses orteils... C'était un bonheur indicible, cette osmose avec le monde. C'était comme s'il se fondait dans le vent, comme s'il n'était qu'une composante du grand rouage terrestre. Ne pas exister, ne pas réfléchir consciemment, c'était reposant, il trouvait même cela plus naturel et sain. La seule fatigue qui valait le coup était la fatigue physique, la fatigue du corps après le labeur en plein air, la fatigue des tensions évacuées dans l'effort. Il ne comprenait pas ceux qui aimaient s'enfermer à l'intérieur pour travailler assis à un bureau. Dans sa vie pré-Catharsis, il avait dû être bâtisseur ou pêcheur, quelque chose en extérieur en tout cas. Ça aurait expliqué tout un tas de trucs, d'ailleurs, comme ses réflexes en pleine nature et son goût de la liberté...

Daniel répondait par réflexe, Carter écoutait de la même manière. Une discussion qui n'aurait pu s'effectuer assis autour d'une table : ça n'aurait pas fonctionné. Ils parlaient de sauvage ; leurs mots renvoyaient à une réalité extérieure à la Cité, indépendante, un monde que la plupart des Citéens ne pouvaient même pas imaginer dans leurs rêves les plus fous – ou leurs cauchemars, c'est selon. Aimer la vie à l'extérieur devait ressembler à un désir traître d'aller côtoyer l'ennemi. Après tout, seuls les Outlaws et quelques groupes isolés vivaient dans les forêts du continent. Daniel avait craint l'espace d'un instant que la milicienne croie qu'il était de ce genre. Que lui, Daniel 069, enviait la vie des humains qui se souvenaient, ces ennemis de la Cité et de ses citoyens, simplement parce qu'ils n'étaient pas restreints par des murs et un fonctionnement sociétal laissant peu de place à la solitude. Mais elle ne sembla pas s'en formaliser, se contentant d'attendre qu'il ait fini de parler pour répondre à sa question.

- Et bien… Contrairement à ce que vous semblez penser, je ne suis pas d’ici, pas plus que vous visiblement. Et ce que vous me décrivez, est quelque chose que je connais bien, je suis passé par cette étape de désarroi et de survie, j’ai moi aussi dû me battre pour arriver jusqu’ici.
- Oh... je vois. Je sais que tout le monde n'était pas là, ici dès le départ mais je pensais que, comment l'exprimer... la plupart des humains n'étaient pas restés longtemps en « isolement », même en-dehors de la Cité.

Il était en train de se perdre dans ses pensées. Toutefois, il ressentit un certain plaisir à être en compagnie d'une « semblable », une femme avec qui il partageait une histoire commune. Ils avaient vécu en pleine nature pendant une période non négligeable, chacun à leur manière. Dans le cas du chasseur, le désarroi avait été de courte durée : il l'avait vite balayé pour se concentrer sur sa survie et sur le plaisir pur d'un retour au sauvage. Carter aussi avait connu la forêt, les étendues désertiques, les courses à en perdre haleine pour échapper à un prédateur... Mais elle semblait avoir plus mal vécu le fait d'avoir été livrée à elle-même pendant ce laps de temps. Ce n'était pas Daniel qui lui jetterait la pierre...

- Lorsque j'ai enfin franchi les portes de la cité, celle-ci était déjà construite et fonctionnelle, je l'ai découverte formée tout comme vous, bien que nous ne fussions pas à l'époque aussi organisés qu'aujourd'hui. Monsieur a su mettre à profit les nouveaux arrivants au fil du temps.

Daniel sourit en repensant à la fascination qu'il avait ressentie lorsqu'il avait découvert le fonctionnement de la Cité. Ici, tout le monde semblait savoir ce qu'il devait faire, tout le monde avait un but et ce n'était pas la survie en elle-même. C'était quelque chose d'autre, quelque chose qui leur était supérieur. L'abondance de nourriture et la sécurité de ces murs incitaient à réfléchir à d'autres choses, à créer. C'était quelque chose que l'homme trouvait tout bonnement magnifique, cette façon de prendre son temps pour servir le bien commun. C'était comme les fourmis. Les fourmis faisaient preuve d'une abnégation hors norme lorsqu'il s'agissait du bien de la fourmilière... et les édifices qu'elles construisaient forçaient le respect. À son échelle, Monsieur avait créé une fourmilière magistrale. Daniel était arrivé tard, tout était déjà bien en place... ou du moins, était-il entré dans le moule très tardivement. Les murs d'une cellule ne donnent pas une vision très précise du fonctionnement d'une ville, et il y avait passé de bons mois, trop dangereux pour ses semblables et pour lui-même, trop effrayé par la promiscuité. Ses capacités avaient été mises au profit de la Cité quelques mois plus tôt seulement. Autant dire que de son point de vie, peu de gens étaient arrivés après lui.

- J'avoue avoir eu du mal à saisir le fonctionnement de la Cité à mon arrivée. C'est assez complexe... Mais c'est effectivement du bel ouvrage.

Toute cette discipline, cette organisation... un réel plaisir pour un ancien militaire qui s'est oublié.

- La nature, ses espaces... je comprends que la cité puisse sembler parfois étriquée, mais ici au moins nous avons un but, Monsieur fait peut-être figure de symbole et de puissance, mais il ne faut pas oubier comme il le dit lui-même que sans nous les préceptes qu'il prêche n'auraient aucun sens.
- Bien entendu. C'est pour cela que le métier de chasseur que Monsieur me permet d'exercer me convient à merveille. C'est un privilège que de pouvoir accomplir quelque chose pour la Cité tout en apaisant mon besoin d'espace.

Mais la survie n'était-elle pas un but en soi ? Est-ce qu'il n'était pas possible de se suffire du plaisir de se lever chaque matin et d'inspirer l'air pur d'un monde nouveau ? Daniel vivait au jour le jour. Son but, c'était se nourrir, s'abriter, se prélasser au soleil. Il était devenu chasseur pour continuer de vivre au jour le jour mais en soi, il n'avait pas de projet précis. À part servir à Cité à son échelle en obéissant sagement aux préceptes, il ne voyait pas l'intérêt d'un autre but...

- Vous finirez par vous rendre compte par vous-même de la chance que vous avez de pouvoir faire partie de cette communauté.
- Je m'en rends déjà compte. Je ne serai pas ici si ce n'était pas le cas.

Sécurité, bien commun, des préceptes bien rodés et acceptables... À part la question des Outlaws sur laquelle il n'était pas forcément de l'avis général, ce dont il se gardait bien de parler. S'il avait rejoint un camp Outlaws – si encore il avait eu le choix -, il aurait été traqué par ses semblables. Pouvoir se ranger du côté de Monsieur, comme le disait si bien Carter, c'était une chance pour qui veut augmenter ses chances de survie. Même si les exécutions lui donnaient la nausée et qu'il enviait la liberté des Outlaws et de tous les peuples de l'extérieur, il savait où était son intérêt.

Il accéléra l'allure pour doubler la milicienne et augmenter la cadence. Pendant la chasse du jour, il avait gardé un rythme mesuré mais maintenant, il pouvait se défouler et foncer tête baissée. Ses muscles avaient déjà bien travaillé et il ne tarderait pas à fatiguer, mais ça ressemblait bien à une course avec Carter, et le goût du jeu était en train de le gagner. Il lui adressa un sourire par derrière.

- Pensez-vous que s'entraîner sur terrain plat soit plus efficace qu'une course dans la forêt ?

Ça ressemblait bien à une provocation... Il se fichait bien de perdre, non, seul comptait le jeu. Il était prêt à prendre le pari.

_________________
Le tireur en action est l'image de l'Homme
dans la plénitude de ses moyens physiques et intellectuels.
▬ Comte Pierre de Baruzy
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Mens sana in corpore sano ▬ ft Carter

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