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 Drapeau Blanc - Dorian

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MessageSujet: Drapeau Blanc - Dorian 01.03.16 7:59

"Drapeau Blanc."
Dorian et Bonnie
27 Avril, 5PC


Impossible pour Bonnie de se reconstruire correctement.
Depuis la destruction de son convoi, quelque chose s’est fissuré en elle. Quelque chose de léger et cristallin qu’elle tenait encore en place, entre ses mains, au creux de ses côtes. Un filet d’espoir peut-être gardé solidement à l’intérieur. Et puis, elle les avait vu. Tous les deux. La rousse avait vu les siens mourir sous les flammes, sentit la chaire brûlée, entendu les cris.
Quand elle arrive à dormir, ce qui est maintenant rare, Bonnie entend encore ces hurlements terribles lui blesser l’âme. Quand elle se réveille, tremblante, en sueur, son regard tombe généralement dans celui de Joana.

Aujourd’hui est un jour comme un autre dans le camp sédentaire. Si on peut qualifier d’ordinaire les airs moroses et d’autres coléreux qui peignent les visages des survivants. Tout le monde est aux aguets, fatigué et tendu. Depuis ce retour brutal, plus rien n’est vraiment pareil au sein du camp de Noah. Le mince espoir qui faisait rouler la machine du camp s’est envolé, et il ne reste plus que des engrenages rouillés qui n’arrivent pas à s’imbriquer.

La colère qui gronde à l’intérieur de Bonnie depuis plus de dix jours maintenant semble l’avoir métamorphosée. Elle essaie tant bien que mal de rester droite et d’assumer son rôle. Elle redouble d’acharnement, multiplie les rondes jusqu’à s’épuiser pour ne pas avoir le temps de penser en s’endormant. Dans sa tête les images des flammes se répètent inlassablement. Les moments de pause qu’elle s’octroie, elle les passe avec Joana, Noah, Jamie ou encore, quand elle s’éloigne du camp pour quadriller le secteur avec chien. Bien sur, Bonnie évite soigneusement de se confronter à Dorian. Comme s’il était son reflet, le porteur de la même peine. La rousse ne veut certainement pas avoir à soutenir son regard de chien battu. Ils ne sont pas les seuls à avoir perdu quelqu’un, combien comme elle et lui sont dans l’idée d’un des leurs dans l’autre camp ? Beaucoup, elle imagine. Certains ont perdu des enfants, d’autre les savent ignorants de leur lien de parenté.

Bonnie se demande parfois ce qui est pire. Ne pas savoir ou se trouve la personne aimée, ni même si elle est en vie ? Ou être en connaissance de son existence, de l’autre côté, prête à nous trancher la gorge à cause d’imbéciles préceptes dictés par une soi-disant éminence cruelle.

Couteau en main, Bonnie fait un tour autour du camp en compagnie de Jamie et son chien.

« Moi aussi je veux faire partie de la Résistance.
— On va certainement pas repartir sur le sujet. »

Jamie lève les yeux au ciel. Non, Bonnie ne veut pas. Elle a bien vu ce que ça a donné une dizaine de jours plus tôt.

« Tu devrais plutôt continuer à apprendre avec Dorian et Joana.
— Je ne vais pas rester à l’infirmerie pendant que toi et les autres vous êtes à l’extérieur, en face du danger.
— T’es trop jeune.
— Plus maintenant. »

Jamie a raison quelque part mais Bonnie refuse de l’entendre. Il est hors de question de la laisser courir un danger aussi grand. Mais la jeune femme commence à vouloir se rebeller, et si jusque-là elle avait écouté Bonnie plus ou moins au pied de la lettre  en ce qui concerne sa place au sein du camp, les récents évènements lui ont donné comme un coup de sang. Et aujourd’hui la voila pleine de détermination pour entrer dans les forces armées des Outlaws.

« Je serais avec toi, et tu pourrais m’apprendre à me battre.
— Hors de question. »

Demi-tour vers le camp. Elles marchent tranquillement toutes les deux, ramassant des branches ici et là pour alimenter le feu. La chaleur du soir venant n’est pas douce mais abrupte. Le camp est tiraillé entre abattement et colère et les températures ne cessent d’augmenter la tension qui est devenue palpable.

« Rentrons, on a assez de bois. »

Jamie acquiesce en silence, brûlante de colère elle aussi.
Une silhouette se détache des bordures du camp et Bonnie la reconnait tout de suite. Voila pourquoi elle soupire. Ce n’est pas Joana, qu’elle aurait accueilli avec joie non, mais Dorian. Si lui aussi jusque-là semblait attaché à l’éviter, cette fois il se dirige droit vers elle, le pas tranquille. Il ne vient pas en conquérant ni avec cet habitue air provocant qu’il lui lance en particulier à elle. Bonnie ordonne à son chien de suivre la route de Jamie, et la jeune métis comprend.
Bonnie s’arrête d’onc à la hauteur de Dorian, désormais seule.

« Qu’est-ce que tu veux ? »
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MessageSujet: Re: Drapeau Blanc - Dorian 03.03.16 15:13

►Drapeau blanc ◄
Bonnie & Dorian


27 Avril — 5PC • Camp sédentaire des Outlaws

Six jours qu’il n’arrêtait pas d’y penser, se repassant en boucle ses sourires et ses rires. Pour la première fois, ses souvenirs sont presque trop douloureux pour être supportables et il aurait bien envie d’oublier l’espace de quelques instants.
Carter est en vie.
Cette phrase résonne autant comme un espoir que comme l’impossible.

Vivante certes. Mais inaccessible.
Jusqu’à ce qu’elle se souvienne. Et encore, si c’est le cas, elle aura une chance sur deux de mourir sur la place publique. L’idée lui est insupportable mais il n’a pas d’autre choix que de fermer sa gueule et de faire avec.
Tout du moins, jusqu’à ce qu’il trouve une idée suffisamment judicieuse pour la ramener de gré ou de force.

Dorian n’est pas un idiot, il est simplement déterminé. Intelligent, fourbe, vicieux mais aussi malin, il sait que d’une heure à l’autre il peut avoir l’idée du siècle pour régler cette équation qui lui pose problème depuis six jours. Peu importe le temps que cela lui prendra, il la ramènera.
De gré ou de force.
Il aurait bien envie de buter cet Alexander mais il ne le fera. Dorian déteste Bonnie mais il sait que trop bien ce qu’elle ressent à l’heure actuelle alors si la chance s’offre à lui, il ramènera aussi ce gorille sans cervelle. Il a du mal à se défaire de l’image de ces deux-là, tuant des Outlaws sans aucun remords, sans aucune émotion si ce n’est que l’excitation du moment…

— Dorian, on a besoin de quoi soulager la douleur. Tu peux aller voir dans la réserve ?
— Hum ? Il lève la tête du dossier improvisé et le dépose sur cette vieille table récupérée il ne sait où. Oui, je m’en occupe.

Se concentrer sur l’instant présent. Ses patients, leur douleur mais surtout, cette chaleur étouffante qui affaiblit les plus âgés et plus mal en point d’entre eux. Plus les jours passent, plus le soleil se fait accablant. C’est inquiétant puisque même si c’est toujours mieux qu’une tempête, la chaleur ardente assoiffe les corps et dessèche les esprits pour ensuite les échauffer et faire monter les tensions.
Vêtu d’un vieux tee-shirt à moitié troué et d’un pantalon en toile usé, il se dirige au fond du camp où se trouve la réserve gardée par un homme et une femme, armes en mains. Il pousse la porte en bois et pénètre dans la pièce où se trouve toutes leurs ressources de médicaments mais aussi, tous les vivres qui les maintiennent en vie depuis le début.

Il fouine dans a sac et glisse dans sa sacoche rapiécée qu’il ne quitte que rarement les médicaments dont il a besoin. Dorian se redresse, passe une main sur son visage trempé de sueur et se craque le dos d’un geste. Il ouvre les yeux…

— Merde…

Son regard s’est posé presque par réflexe sur le compartiment du fond où sont logés les vivres.
Il fronce les sourcils et s’approchent pour constater rapidement les dégâts.

Rien. Ou presque.
Les vivres sont là, devant lui, mais en un nombre bien trop léger pour tout le camp, pour tenir les deux prochaines semaines à venir. Et encore, s’ils ont de la chance.
Main dans les cheveux, il tourne sur lui-même dans l’espoir de trouver un autre coin de pièce où il pourrait y voir d’autres vivres mais rien. Juste ce qu’il a devant lui.
Ça craint. Vraiment.

Pourtant, il ne panique pas. Non. Dorian est pragmatique, organisé et logique. Et si l’inquiétude se manifeste, il ne cède pas à la panique. La première chose qu’il se dit est que celui ou celle qui est censé gérer les rations va sûrement se prendre une droite dans la gueule de la part de Noah d’avoir négligé de prévenir ses supérieurs.
La deuxième est qu’il faut qu’il en parle. Mais à qui ?
Il pourrait aller voir Noah, lui expliquer qu’il faut que ceux et celles qui savent chasser doivent partir aujourd’hui en mission mais Dorian n’est pas le plus écouté du camp. Il a beau être un bon élément, ce n’est pas lui que Noah regarde le plus. Non.
En revanche, Bonnie…

— Dorian ? T’en mets du temps !
— J’ai fini, j’arrive.

Il se presse alors que l’on cogne à la porte. Jenna l’attend un peu plus loin.

— Tu foutais quoi ?
— J’trouvais pas la morphine.
— Ca va ? T’es tout palot.
— Non, ça va. Il se défait de sa sacoche et la tend à Jenna. Tiens, ramène ça à l’infirmerie, je dois aller faire un truc rapidement. Je vous rejoints après.

Elle hausse les épaules et passe la sacoche sur son épaule alors que Dorian commence à prendre le chemin inverse.

— Hum, Ok.
— Eh ! Il se retourne vers elle en la pointant du doigt. Tu me la ramène, j’te préviens.

C’est là-dedans qu’il trimballe tous ces médicaments lorsque lui aussi est de mission, il l’a depuis qu’il est chez les Outlaws et lui fait pensé à celle que lui a offert sa mère quand il était plus jeune.
Dorian accélère le pas et croise Joana.

— Jo ? Est-ce que tu as vu Bonnie ?
— Oui, elle est partie chercher du bois avec Jamie.

Il la remercie, lui accorde un sourire qui n’a plus le même goût depuis qu’il sait que Carter est en vie.
Dorian arrive rapidement à la bordure du camp et perçoit deux silhouettes au loin qu’il reconnait rapidement comme étant Jamie et Bonnie. Il a pris soin de ne pas lui adressé la parole depuis qu’elle était revenue de sa mission et qu’ils se sont balancées toutes ces saloperies à la gueule mais si Dorian est fier et rancunier, il n’en est pas pour autant stupide. Il s’agit ici d’une question de survie.

Dorian salut d’un rapide sourire Jamie et franchit les derniers pas qui le sépare de Bonnie.

— Qu’est-ce que tu veux ?

Rien n’invite à la conversation dans sa voix et encore moins à la chaleur. Elle a encore mauvaise la réaction de Dorian mais il n’en tient pas rigueur. Ça n’est pas le plus important ici ce soir et ça n’est pas pour s’excuser qu’il se présente puisque de toute façon il ne compte pas le faire. Il sait ce qu’elle vit puisqu’il fait face au même calvaire, tout comme les 90% de ce camp.

— On va rapidement avoir un gros problème.

Il ne minimise pas l’importance de ce qu’il a conclu là-bas, dans la réserve et la gueule qu’il affiche est suffisante pour comprendre qu’il ne plaisante pas et que cette fois, il vient pour lui parler sérieusement en mettant ses mauvaises colères de côté sans pour autant les oublier.

— Je reviens de la réserve parce qu’on avait besoin de médoc’ à l’infirmerie. On a quasiment plus de vivre.

Il ne passe pas par quatre chemins,  il n’en a pas l’habitude. Encore moins avec Bonnie.

— J’ai fait un rapide calcul et il doit en rester pour une semaine, une semaine et demi, grand max’.

Et avec cette chaleur, annoncer au camp qu’ils n’auront pas d’autre choix que de se restreindre un peu plus va échauffer les esprits, mais aussi créer plus de tension qu’il n’y en a déjà.
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MessageSujet: Re: Drapeau Blanc - Dorian 09.03.16 22:39

« On va rapidement avoir un gros problème. »

Comme quoi, laisse moi deviner ? Carter et Alexander sont en vies et sont nos ennemis ? Les températures sont en train de nous épuiser ? Nos vivres ont brulés ? Oh attend, mais c’est déjà arrivé tout ça.
Ce sont les premières pensées agressives qui apparaissent dans l’esprit de Bonnie alors qu’elle replace le haut de sa casquette sur sa tête. Elle pousse un soupir, détourne le regard un petit instant et tâche de se tempérer. Bonnie est peut-être butée mais elle est loin d’être stupide, et elle sait d’ailleurs que c’est une qualité qu’elle partage avec Dorian, bien que l’idée de partager quoi que ce soit avec lui la révulse.
La seconde idée qui lui traverse l’esprit c’est que Dorian ne serait pas là à venir lui parler si ce n’était pas important. Ils s’ignorent avec beaucoup de talent et tâchent de ne pas respirer le même air comme s’ils avaient inconsciemment passé un accord sur le sujet. Ils ne se parlent jamais, ne s’adressent pas un regard, ne quadrillent pas les mêmes zones. Alors s’il vient la voir pour lui parler à elle, et à l’écart des oreilles du camp, c’est qu’il y a vraiment un problème.
La blonde repose alors son regard dans celui de Dorian, complètement sérieux. Sans aucune trace de colère, ou d’agacement. A priori il vient de lui-même. Ce qui a le don d’éveiller l’inquiétude de Bonnie.

« Je reviens de la réserve parce qu’on avait besoin de médoc’ à l’infirmerie. On a quasiment plus de vivre.
— Quoi ? »

Ses yeux s’arrondissent et le rythme de son myocarde se met à accélérer. Voilà le pourquoi ses traits sont aussi graves et fermés. Elle se sent fermer les yeux une demi-seconde après avoir vacillé, très légèrement. La blonde vient pincer l’arrête de son nez et se force à respirer. Le choc est total, la brutalité de l’information lui coupe le souffle mais… quelque part elle le remercie de ne pas avoir pris de pincettes avec elle.

« Combien de temps ?
—  J’ai fait un rapide calcul et il doit en rester pour une semaine, une semaine et demi, grand max’.
— Putain… »

C’est tout ce qu’elle arrive à souffler pour le moment. Bonnie a clairement envie de chialer à cet instant précis. Ils crèvent tous de chauds, tout le monde est abattu à cause des récents évènements qui ont secoué le camp. Et pourtant pourquoi n’y ont-ils pas pensés plus tôt ? Après tout, les vivres que Bonnie ramenaient avec elle ont été brulés par… Et bien par Alexander et Carter. Elle a l’impression que son cœur va exploser sous la pression qui vient de se greffer à son organe. Deux pas en arrière. C’est ce dont elle a besoin pour respirer. Mais putain, quand elle respire, c’est de l’air chaud qui emplit ses poumons.
La blonde, réputée dans le camp pour avoir du sang-froid et la tête sur les épaules, se sent déjà à deux doigts de se casser en deux. Bonnie est incapable de tenir un aussi gros choc. Pas maintenant. Pas alors que ses pensées sont occupées par le visage d’Alexander qui flotte constamment dans ses mauvais rêves.

Bonnie remonte sa main sur son visage et attrape sa casquette qu’elle enlève d’un geste sec. Son regard se pose sur l’horizon, elle essaie se glisser visuellement entre les arbres mais bientôt elle se retrouve bloquée. L’outlaw ne veut pas craquer. Pas maintenant, pas ici, pas avec lui. Mais putain ce qu’elle donnerait pour un peu de soutien, à cet instant. Il lui faut trouver un plan, rapidement, une saloperie de solution. Il n’y en a pas dix milles, les éventualités qui se présentent à elles spontanément sont pour la plupart recalées. Les conditions de vie actuelles du camp ne lui laisse pas énormément de choix. Elle comprend maintenant pourquoi Dorian est là, pourquoi il est venu là voir. Ça ne doit pas s’ébruiter. Personne ne doit être au courant, ils ne peuvent pas rationner les repas qui sont déjà maigres. Trop de personnes succombent à cause de la chaleur. Les tensions sont palpables. Pas besoin de mettre un coup en plus aux survivants.
Bonnie qui jusque-là avait le dos tourné et les yeux grands ouverts, se retourne vers Dorian. Elle est incapable de cacher la douleur qui lui traverse le visage comme des coups d’électricité accusés à intervalles réguliers. L’espace d’un instant la jeune femme oublie complètement sa rancune envers Dorian, envers elle-même. Le souci qu’elle se fait pour le camp, pour ceux qu’elle s’est jurée de protéger, est bien trop grand. L’ampleur de son inquiétude semble lui redonner contenance et la force à garder la tête froide. Sur les épaules. Son cerveau tourne à plein régime. Elle sait Dorian assez intelligent pour le saisir et c’est pourquoi elle s’imagine qu’il ne l’a pas interrompue.

Bien que leur haine soit commune, comme leur peine, Bonnie et Dorian n’ont jamais manqué de se reconnaître des qualités partagées, à contrecœur bien sur. Elle déteste avoir à dire qu’il est malin, intelligent et que son côté mesquin leur a surement sauvé la mise. Il ne peut lui reprocher sa manière de gérer les choses d’une main de faire. Ce qui jusque-là a fonctionné. Il lui a reproché de ne pas lui avoir ramené Carter, certes. Et, de son avis, c’est très couillon de sa part même si le désespoir est la cause de beaucoup d’infortune. Mais jamais il ne l’a accusée du carnage et de l’incendie qui a ravagé le convoi. Elle le fait bien toute seule. Peut-être l’aura-t-il deviné.

Trois pas, Bonnie revient se planter devant Dorian, la casquette dans une main, l’autre entre eux. Elle n’élève pas la voix et se contente de continuer sur le même ton que Dorian.

« Bon. Il faut qu’on trouve une solution. Je pense que t’as capté comme moi qu’il était inutile de penser à diminuer quoi que ce soit. Tout le monde est à cran, ça va provoquer une putain de cohue, on n’a pas besoin de ça. »

Bonnie ne prend même pas le temps d’exposer toute la réflexion qui s’est effectuée dans son cerveau jusque-là. En captant le regard de Dorian, elle comprend qu’ils ont eu la même.

« Une semaine et demi c’est pas énorme. Il faut agir dès maintenant pour ne pas perdre de temps. J’ai la sale impression que toutes les décisions qu’on va prendre ce soir seront de toutes façons mauvaises. Y’a aucune chose idéale qui se profile. »

La blonde se passe une main sur le visage et réfléchit toujours. La panique qui agite sa poitrine lui donne la force de réfléchir pour deux. Le mécanisme dans son cerveau s’est enclenché à la seconde même ou Dorian a fini sa phrase et, inconsciemment, Bonnie ramasse toutes les pièces de ce fichu puzzle pour essayer d’esquisser un horizon potable.

« Il faut qu’on parle à Noah, rassemble des Résistants et qu’on parte au plus vite. Avec le moins de provision possible. »

Les pièces s’imbriquent dans son cerveau.

« Écoute, je me rappelle d’un vieux bâtiment type station service ou je ne sais quelle connerie, on peut y trouver des trucs à manger et des médicaments pour un petit bout de temps. Une troupe de nomades s’était installée là-bas mais ils ont été massacrés. Je suis sure qu’il y’a un tas de provisions. »

Et son instinct ne ment que rarement. Ce genre d’endroit est typiquement ce qu’elle garde en mémoire pour des cas d’urgence… Comme celui qui se présent actuellement sous leurs yeux.
Dis comme ça, la solution paraît idéale mais… Bonnie qui avait jusque là le regard dans le vide, lui permettant de réfléchir en parlant, remonte ses yeux jusqu’à ceux de Dorian. Maintenant vient la partie compliquée.

« Le problème… On sera peu parce que pas mal des résistants ont été tués la dernière fois. Mais ça encore on peut gérer. Le vrai truc, c’est qu’on doit aller jusqu’à la lisière. »

La lisière de la forêt. La frontière entre deux mondes.
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MessageSujet: Re: Drapeau Blanc - Dorian 12.03.16 23:32

- Putain…

Cette situation est à la limite d’être exclusive. Celle où Bonnie et Dorian réussissent à se parler sans avoir l’envie de s’arracher la jugulaire ou de se balancer des saloperies à la gueule, comme à leurs habitudes. Pour une fois, ils savent foutre de côté leur différent pour se concentrer sur leur problème commun : Les vivres. Et cette situation incroyablement précaire vers laquelle ils se dirigent tous, sans en avoir pleinement conscience.

Dorian n’est pas angoissé puisqu’il sait que chaque problème possède sa solution. Il suffit d’y réfléchir à plusieurs, avec Bonnie s’il le faut, pour la trouver. Il se connaît, il trouvera un plan B, un C ou même un D si besoin, mais il trouvera.
En revanche, Bonnie laisse clairement paraître son trouble, voir un soupçon de panique. Elle qui gère ses convois et son équipe d’une main de fer, semble désarçonnée. Comment ne pas l’être lorsque nous avons ce genre de responsabilité sur les épaules ? Ils sont tous les deux fatigués, comme beaucoup d’autre ici, mais particulièrement parce qu’ils savent qu’Alexander et Carter sont en vie et que, bien évidemment, il est hors de question d’en parler à qui que ce soit… Alors pourquoi pas se serrer les coudes plutôt que de se tirer dans les pattes comme il le faut ?
Parce qu’ils n’en sont absolument pas capable. Ils pourraient mais ne s’en donnent pas les moyens.  

Il la regarde lui tourner le dos, s’agiter, se passer une main sur son visage pour ensuite attraper sa casquette d’un geste sec qui trahit son état. Dorian, lui, se tait. L’observe. Il imagine sans peine ce qu’il se passe sous ses cheveux blonds puisque lui-même se pose les même question.
A qui en parler ?
Prévenir les autres au risque de créer une émeute ?
Où se réapprovisionner ?
Avec qui ?
Comment ?

Quand on sait la ferveur avec laquelle les Miliciens ont décimé la moitié du convoi, toutes ces questions sont autant d’horreur que de casse-tête.
Pour Dorian, chacune d’entre elles possèdent une réponse, une solution, mais il ne sera jamais écouté auprès de Noah comme Bonnie pourrait l’être. C’est un avantage qu’elle a que lui n’a pas et dont il use bien se servir, quitte à fermer sa gueule. Ils trouvent en l'autre une utilité.

Elle finit par revenir vers lui alors qu’il divaguait sur la façon de gérer les choses.

- Bon. Il faut qu’on trouve une solution. Je pense que t’as capté comme moi qu’il était inutile de penser à diminuer quoi que ce soit. Tout le monde est à cran, ça va provoquer une putain de cohue, on n’a pas besoin de ça.

Et comment qu’il a capté. Autant donner le bâton pour se faire fracasser la gueule. Les résistants sont patients mais cette patience a ses limites. Il fait chaud à en crever, d’ailleurs le tee-shirt de Dorian lui colle à la peau alors que son front s’humidifie au fur et à mesure qu’il reste planté là, face à Bonnie. Annoncer qu’ils vont manquer de vivre serait un dernier coup porté au moral après ce qu’il s’est passé il y a quelques jours…
Il se contente d’acquiescer, mains sur les hanches, pour signifier son accord.

- Une semaine et demi c’est pas énorme. Il faut agir dès maintenant pour ne pas perdre de temps. J’ai la sale impression que toutes les décisions qu’on va prendre ce soir seront de toutes façons mauvaises. Y’a aucune chose idéale qui se profile.
- Si la chaleur continue comme ça, ça sera moins d’une semaine et demi. Surtout pour l’eau qui est plus vitale que la nourriture à ce stade.

Se priver de nourriture fout à cran, mais être assoiffé sous un soleil de plomb, la gorge en feu et le corps en déshydratation… Il n’y a rien de pire et ça, Dorian le sait plus que quiconque.
La seule option qui lui paraît évidente et logique, ne sort toujours pas des lèvres de Bonnie…

- Il faut qu’on parle à Noah, rassemble des Résistants et qu’on parte au plus vite. Avec le moins de provision possible.

Il a presque envie de lui sourire et si Dorian ne l’a pas proposé avant c’est parce qu’il sait comment fonctionner avec elle.

- Si on suit un itinéraire près des forêts, on pourra s’approvisionner sur le tas avec des fruits ou même quelques écureuils.

Suffit pour ça d’avoir avec eux un chasseur, ça sera amplement suffisant. Et lorsqu’il dit on, c’est que Dorian sait déjà qu’il partira avec eux. Il aime sa petite infirmerie improvisée, il aime s’occuper de ses patients mais il aime aussi être sur le terrain et un médecin comme lui n’est jamais de trop.

- Écoute, je me rappelle d’un vieux bâtiment type station service ou je ne sais quelle connerie, on peut y trouver des trucs à manger et des médicaments pour un petit bout de temps. Une troupe de nomades s’était installée là-bas mais ils ont été massacrés. Je suis sure qu’il y’a un tas de provisions.
- Sauf si ceux qui les ont massacrés ont tout pillé mais ça vaut le coup d’aller jeter un coup d’œil.

Oui, il approuve ce qu’elle dit aussi incroyable que cela puisse paraître mais encore une fois, Dorian est capable de mettre ses rancunes et son amertume de côté dans une situation aussi précaire que la leur.

- Le problème… On sera peu parce que pas mal des résistants ont été tués la dernière fois. Mais ça encore on peut gérer. Le vrai truc, c’est qu’on doit aller jusqu’à la lisière.

Il se fige un instant et fronce les sourcils.
C’est le mauvais côté du plan quand tout paraissait pourtant si simple. Prendre quelques les Outlaws, les plus solides, peu de vivre et partir en chasse au réapprovisionnement, discrètement mais efficacement.
Mais malheureusement dans la situation dans laquelle ils sont, ça ne sont pas les seuls critères qui entrent en compte…
Le terrain, la faune, la flore, la météo, tout doit être étudié pour organiser le bon déroulement pour une mission comme celle-ci. Et l’idée d’aller flirter avec le côté des miliciens et de Monsieur n’a rien de reluisant. Et si Dorian recule difficilement devant un obstacle, il sait qu’ils risquent gros à tenter leur chance. Comme par exemple, de se faire pendre sur la Grande Place dont il se souvient avec exactitude l’emplacement.

- Fais chier.

Il détourne son regard, se passe une main dans ses cheveux beaucoup trop long avant de revenir vers Bonnie.

- On va déjà en parler à Noah pour commencer. On va prendre le problème bout par bout mais pour ton histoire de station service, on ne va pas avoir le choix que de se risquer à y aller si on n’a pas envie de manquer. Sans compter les imprévus, ni la durée du voyage.

Parce que ça aussi, il faut le prendre en compte. Le trajet jusque là bas ne se fera pas en 24 heures même s’ils marchent plus qu’ils ne le devraient. Il allait falloir une organisation de maitre pour éviter toutes conneries stupides prises par des décisions à la hâte.

- Le mieux serait de partir avec un petit groupe. Quatre personnes, voir cinq grand maximum. Moins de risque d’être ralenti, moins de risque d’être repéré. Prends les plus robustes de ceux qui restent.

Horrible à dire ça, de ceux qui restent. Pourtant c’est une fatalité à laquelle il fallait s’y faire, surtout depuis la Catharsis.

- Les plus robustes et aussi les plus aptes à combattre. Les miliciens tournent généralement par groupe de deux lorsqu’ils sont de sortie. Avec un peu de chance on pourra les esquiver et ne pas se faire repérer.

Il essaie plus que jamais d’évoquer les miliciens sans penser à Carter et c’est foutrement compliqué de ne pas l’imaginer dans la tenu de sa nouvelle faction, avec cette prestance à vous glacer les sangs et surtout, avec il ne peut s’empêcher de l’imaginer avec un sourire carnassier qu’il ne souhaite jamais connaître d’elle. L’idée même qu’elle puisse prendre du plaisir à tout ça le révulse et lui hérisse le poil. Alors de l’imaginer aux côtés d’Alexander… inutile d’en parler en sachant leur passif.

Il se passe une main sur la nuque. Il crève de chaud, c’est terrible.

- Ton chien pourrait nous aider à les repérer et à avoir une longueur d’avance si besoin.

Il essaie de penser à tous les aspects de cette mission et des dangers qu’elle représente. Si au moins ils peuvent en contrôler quelques-uns… ça n’est pas le cas de la météo qu’il craint voir s’aggraver.
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MessageSujet: Re: Drapeau Blanc - Dorian 16.03.16 23:35

« Fais chier. On va déjà en parler à Noah pour commencer. On va prendre le problème bout par bout mais pour ton histoire de station service, on ne va pas avoir le choix que de se risquer à y aller si on n’a pas envie de manquer. Sans compter les imprévus, ni la durée du voyage. »

Bonnie ne fait qu’opiner. Qu’aurait-elle à répondre à quelque chose qu’elle a déjà dit, et qu’elle sait par avance. Quelle merde. Cette situation lui ronge déjà le cerveau. Pourquoi fallait-il que ça arrive maintenant ? Pourquoi ce soir ? Trop de choses se passent en trop peu de temps. Bonnie, qui n’a pas le choix, s’efforce de garder son sang-froid même si la chaleur l’étouffe et l’empêche d’être complètement en phase avec elle-même.

« Le mieux serait de partir avec un petit groupe. Quatre personnes, voir cinq grand maximum. Moins de risque d’être ralenti, moins de risque d’être repéré. Prends les plus robustes de ceux qui restent. Les plus robustes et aussi les plus aptes à combattre. Les miliciens tournent généralement par groupe de deux lorsqu’ils sont de sortie. Avec un peu de chance on pourra les esquiver et ne pas se faire repérer.
— Je pense déjà à Trent, de toutes façons il ne voudra pas rester là. Joana viendra peut-être, ou toi. Mais il nous faut un de vous deux pour cette excursion, à moins que tu ne me laisses une liste complète de ce dont tu as besoin. Je peux aisément me démerder avec la base mais pas plus en terme de médicaments. »

Bonnie n’a même pas envie de discuter de la milice. Évoquer les forces armées de la Cité la ramène invariablement vers Alexander et Carter. Elle sait que Dorian perçoit la même chose. Alors quand il dit « on pourra les esquiver », la blonde sait précisément qui est ce on. Parce qu’elle le sent, quelque part dans ses tripes, que leur rencontre n’est certainement pas leur dernière. Elle ne veut pas y penser et pourtant sous la surface de son esprit conscient, cette idée la hante et la poursuit jour et nuit.
Bonnie a déjà fait face à ce genre d’équipes et a compris la hiérarchie de ce type de formation. C’est pourquoi elle a compris, très vite, à entendre les ordres brûlants du duo dévastateur, qu’ils étaient à la tête du groupe de miliciens venus les éliminer. Et chaque fois, oh oui, chaque fois ça lui tord les boyaux. La blonde sait qu’ils n’en ont pas finis. La détermination et la force d’Alexander, ce qu’elle aimait chez lui plus qu’elle-même, est aujourd’hui le moteur à la machinerie meurtrière dans laquelle il est engagé.

« Ton chien pourrait nous aider à les repérer et à avoir une longueur d’avance si besoin. »

La voix de Dorian la sort de ses pensées, et elle pourrait presque l’en remercier. La jeune femme desserre ses poings tendus par réflexe. Se reconcentrer sur la mission. C’est tout ce qui importe pour l’instant, sa survie et celle des siens. Il y a du monde qui compte sur elle, malgré les récents évènements.

« Dans tous les cas elle reste avec moi. »

Pourquoi les mots sont si difficiles à articuler ? Son regard est comme tombé dans le vide, elle crève de chaud elle aussi maintenant et enlève sa casquette qui semble lui écraser le cerveau. Un rien devient peu supportable.

« Bon, allons-y, on va pas attendre plus longtemps. »

Bonnie fait un premier pas après avoir tapé du revers de sa main le bras de Dorian, comme pour attirer son attention. Et surtout, comme s’ils avaient été amis depuis longtemps. Sur le coup elle ne s’en formalise pas et fait les premiers pas qui les séparent de la grande tente du chef de camp. Le trajet se fait en silence, chacun réfléchit à la manière de gérer les choses.
Si Dorian n’a pas pris de pincettes, il en sera de même de Bonnie à Noah. Ça n’est certainement pas le moment de perdre du temps en parlotte politique.

« Noah ? C’est moi. Je peux ?
— Entre. »

Bonnie écarte le premier rideau pour entrer dans l’abri de son chef qui est affairé à réfléchir autour de la carte du camp. Depuis que le convoi a été brûlé, Noah est plongé dans une nouvelle réflexion dont elle n’a pas encore la clé.

« Quel est le problème ?
— On va manquer de vivre. »

Noah relève un visage furtivement inquiet vers Bonnie puis laisse glisser son regard sur Dorian.

« Nourritures et médicaments.
— On en a pour combien de temps ? »

Bonnie lève une main pour désigner Dorian et Noah la suit du regard puis articule à nouveau.

« Dorian, ton rapport. »
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MessageSujet: Re: Drapeau Blanc - Dorian 18.03.16 9:18

Ils sont dans une merde incroyable, là, tous les deux, à peser le pour et le contre. A envisager les possibilités, les meilleures éventualités, mettant leur deux cerveaux en activités pour une collaboration qui ne sera jamais avouée.
Pourtant, ça ne leur ferait pas de mal. Dorian se le dit parfois qu'il serait bien de faire un effort mais il faut croire qu'ils n'en sont pour l'instant pas capable.
Ou pas. Puisqu'ils viennent de le faire sans s'en rendre compte.
L'idée de Bonnie est la bonne. Celle de la station service. Dorian ne voit pas d'autres choix de toute façon, c'est la seule option qu'ils ont mais son cerveau tourne quand même à plein régime, histoire de ne rien oublier pour les prochains préparatifs. Il espère simplement que ceux qui ont massacrés les occupants de cet endroit ne sont pas partie avec tout le butin...

— Dans tous les cas elle reste avec moi.

Elle parle de sa chienne, il acquiesce.
C'est une bonne chose et surtout, c'est un bon flair. Si jamais un ennemi approche, elle saura le détecté avec une poignée de seconde en avance qui leur seront forcément utile pour avoir une très légère longueur d'avance qui parfois, peut sauver des vies.
Il a chaud, la sécheresse dans sa gorge le lui rappelle tout comme son vêtement qui lui colle à la peau et cette chaleur horrible qui lui tape directement sur le crâne.

— Bon, allons-y, on va pas attendre plus longtemps.

S’il n’avait pas si chaud et si l’urgence n’était pas aussi grave, Dorian se serait figé sur place face à ce geste quasi-fraternel de Bonnie.
Une tape sur son bras. Tout simplement. Un geste à la con, banal, mais qui peut traduire énormément de chose entre eux. Il ne sait pas si elle s’en est rendu compte mais lui, de son côté, se sentirait presque con d’en ressentir un soulagement. Un aperçu d’une union qu’ils se refusent depuis déjà des mois, des années.
Tout pourrait si simple s’ils arrêtaient de se bouffer la gueule…

Il se contente de la suivre sans rien ajouter. Que dire d'autre de toute façon? C'est la merde, c'est la merde. Et leur temps doit être utilisé pour chercher une solution. S'il est venu lui en parler à elle et pas à un autre, c'est parce qu'il sait qu'elle saura prendre les bonnes décisions. Elle a ça dans le sang, comme si son code génétique s'était muté à la Catharsis pour prendre en charge les lourdes responsabilités.
Le trajet s’effectue en silence, Dorian cherchant encore et toujours des solutions à ce problème. Ou du moins, des éléments à ne pas oublier, à étudier, à penser. Et dès qu’il se projette sur cette mission et qu’il se dit qu’ils ont une chance sur deux de croiser les miliciens, son estomac se crispe. Il ne peut s’empêcher de penser à Carter, à Alex. A leur soif sanguinaire de vouloir les détruire. Eux, les âmes libres. C’est au tour de son cœur de se serrer… Il la pensait presque morte, comme un spectre présent sans trop l’être et maintenant qu’il sait qu’elle est bien vivante, il est partagé entre le bonheur intense d’y entrevoir l’espoir de la retrouver un jour ou l’horreur et la haine de la savoir prendre plaisir à massacrer des êtres humains.

La tête lui tourne légèrement et il retient un soupir de soulagement d’entrevoir la tente de Noah.
Un peu d’ombre ne serait pas de refus.

— Noah ? C’est moi. Je peux ?
— Entre.

Il entre à la suite de Bonnie, prudemment mais surtout, en silence. Ne pas s’imposer, il n’en a de toute façon pas envie. Il laisse Bonnie gérer, c’est son truc à elle de parler avec Noah. Il ne sait pas ce qu’il se trame entre ces deux-là mais Dorian à parfois l’impression d’y voir un lien père/fille.
Leur Chef est penché sur une carte trouvé dans un vieux bâtiment et qui est aujourd’hui l’un des plus grands trésors qu’ils puissent avoir pour pouvoir mettre en œuvre la majeure partie de leur action.

— Quel est le problème ?
— On va manquer de vivre.

Il lève son visage, Dorian est en retrait mais croise furtivement son regard. Ce mec en impose clairement et le médecin se sentirait presque intimidé.

— Nourritures et médicaments.
— On en a pour combien de temps ?

Il voit Bonnie le désigner d’un geste de la main et il la regarde, fronçant les sourcils.

— Dorian, ton rapport.

C’est un ordre, pressé même. Urgent. Pas une invitation.
Dorian fait un léger pas un en avant pour se mettre à la hauteur de Bonnie et la regarde avant d’articuler et de poser ses yeux sur Noah qui ne le lâche pas.
Pas étonnant qu’il ait été désigné naturellement comme Chef de leur camp. Il a tout pour en imposer sans forcément parler.

— Nous en avons pour une semaine et demie. Grand maximum et si nous ne comptons pas les imprévus. Avec cette chaleur j’ai peur que la réserve d’eau ne s’amenuise plus vite que prévue.

Il essaie de faire clair et surtout, court. Noah n’aime pas les longs discours, c’est une perte de temps. Il préfère les rapports concis, clairs et précis. Que nous allions droit au but avec lui.
Et c’est ce que le médecin s’évertue à faire en cet instant.

— Même chose pour les médicaments, avec la destruction du convoi la dernière fois nous avons pris un sacré coup dans les réserves.

Mentionné l'évènement lui tord de nouveau les tripes et il accorde un regard furtif à Bonnie qui doit encore s'en bouffer les doigts même si elle n'y est pour rien.
Et si jamais ils leur tombent encore un malheur sur la gueule, autant dire qu’ils n’en auront que pour 4-5 jours à tout casser. Mais ça, il ne le mentionne pas parce qu’il sait que Noah en est conscient, tout comme Bonnie.
Leur Chef parait indéchiffrable en les regardant ainsi tour à tour, comme s’il cherchait une réponse dans leur regard ou qu’il évaluait la situation de seconde en seconde.
Il fait encore plus chaud sous cette tente que dehors, le médecin a la sensation d’étouffer et que ses vêtements ne font plus qu’un avec sa peau.

— Qu’est-ce que vous proposez ?

Dorian marque un temps de surprise avant d’enchainer, désignant Bonnie d’un geste de la main et de tête.

— Bonnie a parlé d’une station-service, pas très loin.

Et il se tait, lui laisse à son tour la parole.
Dorian ne remarque pas tout de suite que sûrement pour la première fois depuis qu’ils se sont retrouvés, ni l’un ni l’autre n’essaie de marcher sur l’autre, de répliquer, contredire ou même de se mépriser en silence.
Non, pour la première fois ils sont dans une même pièce avec les mêmes accords, même crainte. La situation est telle en ces temps précaires que Dorian aurait presque envie d’enterrer la hache de guerre avec la seule personne capable de comprendre ce qu’il traverse.
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MessageSujet: Re: Drapeau Blanc - Dorian 18.03.16 10:19

« Nous en avons pour une semaine et demie. Grand maximum et si nous ne comptons pas les imprévus. Avec cette chaleur j’ai peur que la réserve d’eau ne s’amenuise plus vite que prévue. Même chose pour les médicaments, avec la destruction du convoi la dernière fois nous avons pris un sacré coup dans les réserves. »

Bonnie s’efforce de ne pas baisser la tête et pourtant elle voudrait simplement s’enfuir à cet instant précis pour éviter d’être ramenée à cet événement. De l’eau, toujours la même, celle qu’ils n’ont presque plus ici, reste coincée dans sa gorge sans jamais pouvoir en sortir. La mare de regret qui lui obstrue la gorge la force à prendre une inspiration qui se veut discrète si elle ne veut pas défaillir sur le champ.

« Qu’est-ce que vous proposez ? »

Vient la question que Bonnie attendait jusque-là. Elle connaît Noah et il la connaît en retour. Le chef de camp sait que la blonde ne viendrait pas sans un plan derrière la tête, ou l’esquisse d’une idée pour se sortir de cette sale situation. Surtout si elle n’est pas seule.

Noah paraît impassible et complètement neutre et pourtant, l’ex-junkie sait à quel point c’est une bataille qui se livre derrière son regard. Chaque jour, Noah semble vieillir d’une année, harassé par la charge de travail sur ses épaules, les tours de gardes qu’il prend à sa charge maintenant que des résistants ont été tués, par la faute de Bonnie. Par son manque d’ingéniosité, de prudence, peut-être. Elle cherche encore quel est le terme exact dans cette histoire mais ne manque pas de garder pour elle la responsabilité des derniers évènements.

« Bonnie a parlé d’une station-service, pas très loin. »

Quelques secondes, c’est ce qui lui a suffit pour s’emporter à nouveau vers les images de flammes qui lui restent ancrées dans la tête. Heureusement la voix de Dorian l’extirpe de ses pensées aussi sec. C’est visiblement à son tour de prendre la parole car, l’homme qu’elle considère aujourd’hui plus comme un père que comme un ami. Il est celui qui lui a apporté le plus de soutient lorsqu’elle a eu besoin de se tourner vers quelqu’un à son arrivée au camp. Noah aurait prêté sa main à n’importe qui venu lui poser des questions, lui demander de l’aide. Et pourtant entre eux s’est tissé l’exact contraire que ce qui lie Dorian et Bonnie, jusqu’à aujourd’hui.
Elle ne s’en rend pas encore compte et pourtant il faudra bien qu’elle accepte à un moment donné qu’ils sont tous les deux en train de joindre leur force pour faire avancer une situation problématique. Ce qui, selon elle, est quelque chose qui n’était censé jamais arriver.

La blonde lance un regard furtif à Dorian. Comme si elle voulait l’avertir de la partie compliquée de la discussion. Parce que ça allait tourner court, elle le sait, elle le sent et comprendrait les motivations de Noah à ne pas les laisser partir, pas après toute cette merde. La jeune femme prend une légère inspiration et reprend la parole en douceur.

« On doit partir à quatre ou cinq, pas plus, parce que l’effectif est réduit et que nous devons minimiser les vivres à emmener, et le risque d’être aperçus. Moins on est, plus on sera discrets. Il s’agira d’une semaine maximum de trajet. Si on se presse, cinq jours. Dorian parle des plus robustes entre nos rangs parce qu’il ne faudra pas s’arrêter.
— Cinq jours.
— Cinq jours si on peut faire ça en cinq. »

Noah acquiesce longuement et semble disparaître quelque seconde derrière un voile de questionnement. Bonnie lui laisse le temps d’assimiler l’idée, d’ailleurs il ne réplique rien pour l’instant ce qui est plutôt bon signe dans le cadre d’une discussion presque politique avec lui.

« Cette station ou vieille boutique, que sais-je, recèle surement d’un paquet de vivres. Des nomades ont été tués là-bas mais à mon avis c’était une attaque animale.
— Mais ?
— Elle se situe à la lisière. »

Moment de flottement, Noah fait un pas en arrière et finit par lâcher.

« Non. »

Bonnie qui se préparait à ça de la part du chef de camp fait, à son tour, un pas en avant. C’est le moment d’amorcer des négociations et dieu, s’il est toujours présent, sait que c’est une technique qu’elle a du acquérir au sein du camp et de son travail en tant que chef de convoi. Néanmoins, sa patience actuelle est limitée, atteinte et grignotée par la chaleur brûlante émanant de ce soleil trop rouge pour elle.

« On n’a pas le choix Noah, c’est la seule solution qui ne prenne pas plus d’une semaine de boulot, à savoir le temps qu’il nous reste à vivre sur les restes de nourritures.
— C’est trop dangereux.
— C’est surtout l’endroit le plus proche qui recèle de provisions.
— La lisière, Bonnie, tu crois vraiment que je vais vous laisser aller là-bas, après la destruction du convoi ils sont à l’affut, ils nous cherchent, ils quadrillent le secteur c’est sur. Il est hors de question que ça recommence.
— Je sais ! »

Cette dernière phrase a le don de faire sauter le cœur de Bonnie dans sa poitrine comme s’il allait la lâcher. Son ton s’est envolé sur ses derniers mots, mains en avant, c’est presque du désespoir. Elle inspire. Elle ne devrait même pas se permettre de lui parler comme ça devant quelqu’un d’autre mais tant pis. C’est Dorian. Il dirige l’infirmerie il a aussi le droit de savoir ce qui se trame entre eux.

« Je sais mais… Une semaine et demie de rations, Noah. On n’a pas le choix. On ne va pas mourir de faim. Ni d’eau, ok, aucun de nous ne veut avoir à diviser le repas de chacun. On doit le faire. »

Noah semble vouloir ouvrir la bouche mais Bonnie est têtue. Trop têtue. Et c’est une trace d’agacement mêlée à de l’inquiétude qui se lit maintenant sur le visage de leur chef.

« Non mais, on a une femme enceinte ! »

En parlant Bonnie jette son bras en direction de Dorian. Elle a besoin d’un soutien. Même si elle sent bien que Noah s’est quelque part déjà résigné à ce plan là, parce qu’il sait que c’est la meilleure solution que celle que Bonnie et Dorian lui offre là.
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MessageSujet: Re: Drapeau Blanc - Dorian 22.03.16 11:50

L’heure est grave, Dorian a l’impression de se retrouver en plein coeur d’un de ces films qu’il voyait au ciné ou à la télé. Le genre de crise qu’il ne pensait jamais connaitre, le genre de situation qui paraissait irréelle. Il se souvient de cette série où un groupe de personnes devaient survivre suite à une invasion de mort-vivants. Dorian se demandait comment il aurait réagi à leur place où plus aucune parcelle de ce monde n’est en sécurité et où mes vivres se faisaient aussi rares que les vraies nuits de sommeil.
Aujourd’hui, il en faisait lui-même l’expérience et il avait encore parfois du mal à y croire. Il se sent à la place de ce groupe de personne. Il est un survivant. La Milice est cette horde de zombie qui ne demande qu’à tuer. Et le médecin sait à quel point ils n’hésiteront pas à leur planter une flèche entre les deux yeux dès qu’ils tomberont sur un Outlaw. Il pense bien évidemment à Carter…

Et s’il se retrouvait face à elle lors de cette mission ? Si elle le menaçait d’un couteau ou d’un arc ? Si elle le tenait en otage, prête à lui trancher la gorge, que ferait-il ?
La question mérite d’être posée mais pourtant, il n’y voit aucune réponse. Entre instinct de survie et amour pour elle, il prierait presque pour ne jamais se retrouver dans cette situation.
Pour l’instant, ils font face à une situation de crise et Noah donne l’impression de ne rien ressentir. Dorian laisse la place à Bonnie pour établir le plan d’attaque proposée tout à l’heure. Une tension émane de la tente et pour cette fois, elle n’a rien à voir avec la chaleur étouffante.
Il capte le regard de Bonnie, acquiesce légèrement.

— On doit partir à quatre ou cinq, pas plus, parce que l’effectif est réduit et que nous devons minimiser les vivres à emmener, et le risque d’être aperçus. Moins on est, plus on sera discrets. Il s’agira d’une semaine maximum de trajet. Si on se presse, cinq jours. Dorian parle des plus robustes entre nos rangs parce qu’il ne faudra pas s’arrêter.
— Cinq jours.
— Cinq jours si on peut faire ça en cinq.

Il ne blague absolument pas. Son ton ferme et sans appel ne leur donne même pas envie de déblatérer durant des heures ni de le contredire.
Cinq jours… Ça lui parait à la fois court et énorme. Pourtant, il sait qu’ils doivent faire vite, Dorian lui-même à bien fait comprendre que d’ici 5 jours ils n’auront peut-être plus rien si une crise survient. Et ces cinq jours sont ceux qui leur serviront à se réapprovisionner en masse…

Dorian ne bronche toujours pas, il laisse Bonnie faire.
En venant lui parler, il savait que premièrement, elle aurait la bonne réaction. Elle gère parfaitement son convoi et même si le médecin a eu toutes les raisons de la détester – enfin, de son point de vue – il ne peut qu’admettre que la Bonnie d’avant n’a rien à voir avec celle qui se tient devant Noah. Sage, judicieuse, futée et surtout responsable, elle semble avoir murit et avoir pris dix ans.
Quoi de plus logique dans cette situation ? Soit vous pétiez les plombs, soit vous vous preniez en main. Et c’est ce qu’elle a fait avec brio, ce qui l’étonne encore, il doit bien l’admettre.

— Cette station ou vieille boutique, que sais-je, recèle surement d’un paquet de vivres. Des nomades ont été tués là-bas mais à mon avis c’était une attaque animale.
— Mais ?
— Elle se situe à la lisière.

Silence. C’est la partie la plus compliquée.
Lisière = Milice.
Milice = Nouvelle attaque et surtout, nouvelles pertes…

— Non.

Dorian se crispe mais se la ferme. Pourtant, les mots lui brûlent les lèvres.
Comment ça, non ?
Bon ok, il a toutes les raisons de refuser… mais il a aussi toutes les raisons d’accepter. S’ils ne foutent rien dans la journée, ce n’est pas qu’une pénurie de vivre qu’ils risquent mais aussi une émeute. Ils ont beau être solidaire entre eux, ça ne change rien au fait que l’être humain risque de craquer sous ces conditions complètement dramatique.
Il est loin le temps où ils avaient leur abris, leur bouffe, leur « confort »…

— On n’a pas le choix Noah, c’est la seule solution qui ne prenne pas plus d’une semaine de boulot, à savoir le temps qu’il nous reste à vivre sur les restes de nourritures.
— C’est trop dangereux.
— C’est surtout l’endroit le plus proche qui recèle de provisions.
— La lisière, Bonnie, tu crois vraiment que je vais vous laisser aller là-bas, après la destruction du convoi ils sont à l’affut, ils nous cherchent, ils quadrillent le secteur c’est sur. Il est hors de question que ça recommence.
— Je sais !

La tension monte, Dorian fait un pas en avant mais se ravise.
Il sent sans peine cette haine qu’elle crache dans ces mots, mais il devine aussi cette culpabilité.
C’est vrai qu’ils se détestent mais lui la connait bien mieux que Noah pense connaitre la jeune femme. Dorian l’a déjà vu, fréquenté, vu ses éclats de colère ou de culpabilité, cette hargne qui l’habitait à l’époque où elle se droguait encore à n’en plus pouvoir jusqu’à ce que cet Alexander fasse une overdose.
Mais ce qui l’interpelle en cette seconde, c’est la façon dont elle lui parle. Ce dernier éclat de voix, personne ne se le permettrait devant Noah puisque même les plus insoumis ferment leur gueule devant lui… mais pas Bonnie.

— Je sais mais… Une semaine et demie de rations, Noah. On n’a pas le choix. On ne va pas mourir de faim. Ni d’eau, ok, aucun de nous ne veut avoir à diviser le repas de chacun. On doit le faire.

La complicité qui les unit est flagrante et Dorian n’est pas si surprit que ça. Personne ne se permettrait de lui parler de cette façon, personne. Et si Bonnie se le permet, aussi insoumise qu’elle est, le médecin se doute alors qu’il y a des raisons plus intimes qu’une conversation entre un Outlaw et son chef.
Dorian est spectateur mais surtout, il analyse aussi bien Bonnie que Noah. Leur mouvement, leur façon de se parler, de se regarder. La première évidence qui le frappe est qu’il a l’impression d’assister à une conversation entre un père et sa fille…

— Non mais, on a une femme enceinte !

Il voit Bonnie le pointer du bras, cherchant un probable soutient alors qu’il s’est assuré de fermer sa gueule depuis le début, conscient qu’il ne connaissait pas assez bien leur chef pour oser l’ouvrir et ne rien faire foirer.
Elle cherche un soutient, il la lui apporte en avançant d’un pas.

— Elle a raison. Elle est enceinte de deux-trois mois grand maximum. Serena peut faire une fausse couche à tout moment, être malade ou n’importe quoi d’autre mais surtout, si elle tombe en déshydratation, c’est aussi le gamin qui paie.

La mère et l’enfant subiront ensemble les dégâts et il est déjà suffisamment compliqué pour eux de gérer une seule vie… alors deux ?
Il fouine tous les arguments qui les aideraient à faire pencher la balance en leur faveur.

— Certes la mission est risquée… mais est-ce qu’on a vraiment le choix ? C’est le lieu de ressources le plus proche de notre camp, si nous allons fouiller plus loin je ne suis pas certain que nous ayons assez pour tenir jusqu’à ce que l’équipe revienne. Sans compter ceux qui sont malades et qui le seront entre temps…

Et plus ils attendront, plus les risques s’élèveront. Et puis merde, est-ce qu’ils ont d’autre choix franchement ?
Dorian cherche d’un rapide coup d’œil le soutient de Bonnie. Pour la première fois ils sont là, face à Noah, à se serrer les coudes pour réussir à le persuader d’un objectif commun : Le bien être du camp et ce fichu ravitaillement. Si on leur avait dit avant la Catharsis qu’une telle situation se produirait, ils ne l’auraient cru.

— Avec une petite équipe robuste et solide, nous pouvons largement réussir. Nous serons discrets et rapides. Il s’arrête un instant avant d’ajouter. Il y a deux jours j’ai trouvé trois sacs militaires avec Joahna. Ce sont des sacs à dos de plus de 20 litres, si nous les donnons aux trois plus robustes, ils pourront nous ramener un tas de vivre en attendant de pouvoir trouver un autre point de ravitaillement.

Noah plante son regard dans le sien, il ne scille pas. Quelques secondes s’égrènent avant qu’il ne se détourne vers Bonnie en lâchant un soupire de résignation, une main sur son visage.

— Très bien. Une équipe de cinq pas plus. Il s’adresse désormais à Bonnie. Tu prends la tête, je te laisse le soin de sélectionner ceux dont tu as besoin. Prenez le strict minimum, aussi bien en vivre qu’en matériel. Compte Johana dans ton équipe. Je préfère vous savoir avec un médecin.

Cette fois Dorian se redresse et tique aussitôt.
Comment ça un médecin ?

— Je suis là moi. Je vais faire partie de l’expédition.
— Non, tu restes ici. Tu connais mieux les lieux qu’elle, tu es là depuis plus longtemps. Tu sauras rassurer les autres si besoin.
— Oui et j’ai plus d’expérience. C’était mon job avant tout ça, je ne suis jamais par…
— La discussion est close.

Dorian se sent visé en plein estime mais surtout, en pleine fierté. Pire, il l’a mauvaise et amer. Comment peut-il lui demander un truc pareil après cette discussion ? Il se sent presque trahit par cette décision.
Le médecin soutient le regard de Noah, son chef et il n’a qu’une envie, le renvoyer balader ou au moins insister, se défendre. Pourtant, tout dans le regard du chef des Outlaws l’en déconseille. Il serre les dents, les poings et se tire, sans préambule, écartant rageusement les pans de la tente pour se diriger vers la sortie du camp.
Il veut faire partie de cette expédition putain. Tout lui a été refusé jusqu’ici alors qu’on lui évoquait les mêmes raisons à chaque fois… mais putain, s’il a choisi d’être médecin c’est pas pour rester le cul planté au camp mais aussi pour être sur le terrain.

Il veut prendre l’air, se poser cinq minutes pour laisser la pression redescendre.
L’air ? Connerie. Même cette saloperie est irrespirable sous cette chaleur.
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